Le Pakistan sous le choc après une attaque dans une université

Au moins 21 personnes ont été tuées mercredi dans l’attaque d’une université du nord-ouest du Pakistan revendiquée par une faction talibane, provoquant l’émoi dans le pays un an après un massacre dans une école de la même région. En photo, des proches des victimes de l’attentat de l’école militaire de Peshawar de décembre 2014 — 141 personnes avaient été tuées — se recueillent en mémoire des étudiants universitaires.
Photo: A. Majeed Agence France-Presse Au moins 21 personnes ont été tuées mercredi dans l’attaque d’une université du nord-ouest du Pakistan revendiquée par une faction talibane, provoquant l’émoi dans le pays un an après un massacre dans une école de la même région. En photo, des proches des victimes de l’attentat de l’école militaire de Peshawar de décembre 2014 — 141 personnes avaient été tuées — se recueillent en mémoire des étudiants universitaires.

Au moins 21 personnes ont été tuées mercredi dans l’attaque d’une université du nord-ouest du Pakistan par des membres d’une faction talibane, provoquant l’émoi dans le pays un an après un massacre dans une école de la même région.

Quatre hommes, armés de fusils d’assaut et de grenades, ont profité de l’épais brouillard qui enveloppait l’université de Bacha Khan à Charsadda, à une cinquantaine de kilomètres de Peshawar, pour escalader un mur d’enceinte et lancer leur assaut sur le campus en début de matinée. Des témoins ont fait état de tirs et de deux fortes explosions, tandis que des dizaines d’étudiants paniqués fuyaient en courant le lieu de l’attaque, selon des images diffusées par les télévisions locales.

Alertées, les forces de l’ordre ont bouclé la zone, où ont été déployées les forces spéciales, l’armée et la police, avec blindés, ambulances et hélicoptères.

Les opérations ont été déclarées terminées vers la mi-journée, avec un bilan de 21 morts, dont 17 étudiants, deux jardiniers, un professeur et un gardien, selon Pir Shahab, procureur en chef de Charsadda. Les quatre assaillants tués ne font pas partie du décompte.

Dans l’une des résidences pour étudiants, impacts de balles sur les murs, mares de sang sur le sol et portes défoncées témoignaient de la violence de l’attaque, ont indiqué des journalistes.

Divisions?

Deux des assaillants étaient des adolescents et les deux autres avaient une vingtaine d’années, a indiqué un haut responsable de sécurité, disant « espérer qu’ils seraient rapidement identifiés ».

Une faction talibane pakistanaise du Tehreek-e-Taliban Pakistani (TTP) a rapidement revendiqué l’assaut, avant d’être désavouée par la principale composante du mouvement.

« Nos quatre kamikazes ont mené l’attaque contre l’université de Bacha Khan aujourd’hui », a déclaré par téléphone un de ses commandants, Umar Mansoor, soupçonné d’être également le cerveau de l’attaque contre une école de Peshawar en 2014. Ce chef rebelle fait partie d’une faction du TTP répondant au nom de Hakimullah Mehsud, en référence à un commandant taliban tué par un drone américain en novembre 2013.

« Cette attaque a été lancée en représailles à l’opération Zarb-e-Azb », vaste offensive antiterroriste menée par l’armée dans les zones tribales du nord-ouest frontalières de l’Afghanistan, a-t-il indiqué.

Mais un autre porte-parole du TTP, Muhammad Khurasani, a contredit cette affirmation et annoncé que les auteurs de cette attaque « non-islamique » seraient poursuivis et jugés au nom de la charia (loi islamique). « Le TTP condamne fortement l’attaque aujourd’hui et se dissocie totalement de cette attaque non-islamique », a-t-il tweeté.

L’attentat a été condamné par le premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, par son homologue indien, Narendra Modi, ainsi que par la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et l’ambassadeur américain au Pakistan, David Hale.

Une journée nationale de deuil aura lieu jeudi, a indiqué le gouvernement.

Des manifestations spontanées d’émotion ont été signalées dans plusieurs villes du Pakistan : à Karachi (sud) ou à Quetta (sud-ouest).