La colère des chiites au Moyen-Orient et au-delà

L’exécution en Arabie saoudite d’un dignitaire chiite a exacerbé dimanche les tensions au Moyen-Orient, notamment en Iran où l’ambassade saoudienne a été en partie détruite par des manifestants et à Bahreïn, théâtre d’affrontements entre policiers et chiites.

La mise à mort du cheikh saoudien Nimr Baqer al-Nimr, un critique virulent du pouvoir à Ryad, a également provoqué la colère dans les communautés chiites d’Arabie saoudite, d’Irak, du Liban et du Yémen ainsi qu’au Pakistan et au Cachemire indien.

Si l’indignation est particulièrement forte en Iran où d’importantes manifestations ont, notamment, eu lieu à Téhéran, des chiites en colère ont aussi pris la rue en Arabie saoudite et en Irak.

L’ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite en Irak, a qualifié d’« agression » le « versement du sang pur » des exécutés.

Au Liban, Hassan Nasrallah, chef du puissant mouvement chiite Hezbollah allié de l’Iran, a condamné le « terrorisme » et le « despotisme » de l’Arabie saoudite.

À Bahreïn, des affrontements violents ont opposé la police à des manifestants de la communauté chiite, majoritaire dans ce pays dirigé par une dynastie sunnite, qui protestaient contre l’exécution de Nimr.

Au-delà du Moyen-Orient, des manifestations contre l’Arabie saoudite ont eu lieu au Pakistan ainsi qu’au Cachemire indien où des centaines de manifestants chiites ont affronté la police qui a tiré des gaz lacrymogènes.

Plusieurs pays arabes — Koweït, Qatar, Émirats, Égypte — ainsi que l’Organisation de la coopération islamique ont pris le parti de Ryad, en condamnant les « agressions » contre les représentations saoudiennes et en apportant leur soutien à sa « lutte contre le terrorisme ».

Au Yémen, pays ravagé par la guerre où Ryad mène une campagne militaire contre les rebelles chiites pro iraniens, le pouvoir a exprimé son soutien à l’Arabie saoudite.

Pour les experts, l’aggravation de la tension entre Ryad et Téhéran risque d’alimenter les guerres par procuration que se livrent les deux puissances notamment en Syrie et au Yémen où les relations entre les communautés chiite et sunnite sont déjà particulièrement tendues.


 
2 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 4 janvier 2016 10 h 38

    Étrange !

    « terrorisme » (…) « despotisme » (Hassan Nasrallah, chef, Hezbollah, Liban)

    De cette citation condamnant l’AS, son auteur, et compte tenu de ses activités « douteuses », semble jouer en victime d’autruches, alors que la communauté internationale le surveille de près ou l’invite à éviter l’usage tout autant du despotisme que du terrorisme dont il sied de ne pas reproduire, notamment à Gaza qu’il contrôlerait de mains de fer !

    De ce qui précède, il est comme bizarre ou salutaire de se rappeler que cet auteur semble comme condamner de vigueur ce que lui-même autoriserait comme d’habitude !

    Étrange ! - 4 jan 2016 -

  • Bernard Terreault - Abonné 4 janvier 2016 11 h 30

    L'Égypte

    Elle aurait avantage à ne pas se mêler de ça pour garder un peu de crédibilité comme gros pays arabe supposément modéré et responsable.