Attentats de Beyrouth: 11 personnes arrêtées au Liban

L’attaque de jeudi à Beyrouth, revendiquée par le groupe EI, a laissé les familles de 44 victimes dans le deuil.
Photo: Joseph Eid Agence France-Presse L’attaque de jeudi à Beyrouth, revendiquée par le groupe EI, a laissé les familles de 44 victimes dans le deuil.

Beyrouth — Le Liban a annoncé dimanche l’arrestation de 11 personnes, dont huit Syriens, en lien avec les attentats-suicides qui ont tué jeudi 44 personnes dans un quartier sud de Beyrouth.

Le ministre de l’Intérieur, Nohad Machnouk, a fait état dans un premier temps de l’arrestation de « sept Syriens et deux Libanais », précisant que parmi les personnes interpellées figurent un Libanais qui comptait commettre un autre attentat suicide ainsi qu’un trafiquant qui avait fait traverser à certaines de ces personnes les frontières depuis la Syrie.

L’attaque, qui a été revendiquée par l’organisation Etat islamique, est la plus meurtrière commise par l’EI au Liban et l’une des plus sanglantes depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).

Elle a eu lieu dans une rue commerçante bondée du quartier de Bourj al-Barajné, dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah.

Les services de la Sûreté générale ont annoncé dans un communiqué publié en soirée deux nouvelles arrestations, en précisant qu’il s’agit d’un Libanais et d’un Syrien.

« Le premier a reconnu son implication avec d’autres dans la planification de l’attentat suicide […] en transportant l’un des kamikazes du territoire syrien » vers le Liban et en lui remettant des explosifs. Il recevait les consignes « d’un des émirs de Daech en Syrie et gérait son réseau terroriste réparti [dans la ville de] Tripoli [et les quartiers] d’Achrafieh et Bourj al-Barajné », selon la même source.

« Le deuxième a reconnu avoir transféré des fonds destinés à ce réseau », ajoute le communiqué de la Sûreté générale.

« Tout le réseau et ses collaborateurs ont été arrêtés en 48 heures », après les attentats, a indiqué le ministre de l’Intérieur, précisant que le plan initial était d’envoyer cinq kamikazes se faire exploser dans un hôpital de la banlieue sud.

« Mais ils ont dû changer de cible en raison des mesures de sécurité autour de l’hôpital », a-t-il dit.

Le groupe EI et le Hezbollah, un allié du régime en Syrie voisine, se font la guerre dans ce pays déchiré par un conflit de plus en plus complexe.