Israël refuse une présence internationale

Jérusalem — Israël s’indignait dimanche d’une idée attribuée à la France de présence internationale sur l’ultrasensible esplanade des Mosquées à Jérusalem, allant jusqu’à accuser Paris de « récompenser le terrorisme ».

« Israël rejette la proposition française au Conseil de sécurité [de l’ONU], car elle n’inclut aucun rappel de l’incitation à la violence et au terrorisme de la part des Palestiniens, et elle appelle à l’internationalisation du mont du Temple », nom donné par Israël à l’esplanade des Mosquées, a dit le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, lors du conseil des ministres, selon un communiqué de son bureau.

« Israël, et Israël seul, est le garant des lieux saints sur le mont du Temple », a-t-il ajouté. « En reprenant à son compte les fausses accusations lancées par les dirigeants palestiniens sur le changement du statu quo sur le mont du Temple, le texte proposé par la France récompense le terrorisme que les Palestiniens ont initié ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU a commencé vendredi à discuter d’un projet français de déclaration condamnant les violences en cours entre Palestiniens et Israéliens et appelant au maintien du « statu quo » sur l’esplanade des Mosquées.

Troisième lieu saint de l’islam, également révérée par les juifs, l’esplanade des Mosquées est régie par des règles (dites le « statu quo ») qui autorisent les juifs à s’y rendre à certaines heures mais leur interdit d’y prier. Les musulmans peuvent y prier à toute heure mais sont régulièrement soumis aux restrictions de la part des Israéliens qui en contrôlent l’accès. Les Palestiniens accusent Israël de vouloir modifier le « statu quo », ce dont M. Nétanyahou s’est toujours défendu. La question passe pour un facteur primordial des tensions actuelles.

Les violences se poursuivent

L’escalade entamée le 1er octobre après le meurtre d’un couple de colons en Cisjordanie fait redouter une nouvelle intifada dans les territoires palestiniens occupés.

Samedi, trois des attaques ont eu lieu dans le sud de la Cisjordanie occupée, dans la zone de Hébron où vivent 500 colons israéliens sous la protection de l’armée. Perpétrées par de jeunes Palestiniens, dont deux adolescents, elles ont visé deux militaires et un colon. Des heurts ont par ailleurs opposé soldats israéliens et jeunes lanceurs de pierres à Hébron. Onze Palestiniens ont été blessés par des tirs de balles en caoutchouc ou réelles de l’armée israélienne, selon les services de secours palestiniens.

Dans la bande de Gaza, au moins quatre civils palestiniens ont été blessés par balles par l’armée israélienne, a indiqué le porte-parole du ministère de la Santé palestinien Achraf al-Qoudra.

Dans la soirée, environ 2 000 manifestants se sont regroupés dans le centre de Jérusalem, à l’appel d’organisations de gauche israéliennes, autour du mot d’ordre « Juifs et Arabes refusent d’être ennemis », a rapporté un journaliste de l’AFP sur place.

Un nouveau mur

Dimanche, la police israélienne a entamé la construction d’un mur présenté comme temporaire à Jérusalem-Est et censé protéger un quartier de colonisation d’attaques lancées depuis un quartier palestinien voisin, a constaté un photographe de l’AFP. En soirée, la police avait disposé six dalles d’environ deux mètres de long chacune en contrebas du quartier palestinien de Jabal Moukabber, perché à flanc de coteau sur les hauteurs de Jérusalem-Est, la partie palestinienne occupée et annexée par Israël de la Ville sainte. Le mur, qui doit atteindre 300 mètres de long selon une porte-parole municipale, doit séparer Jabal Moukabber, d’où sont originaires certains des auteurs des récentes attaques anti-israéliennes, du quartier de colonisation juive d’Armon Hanetsiv.

Par ailleurs, deux hommes ont ouvert le feu dimanche dans la gare routière de la ville israélienne de Beersheba (sud) faisant des blessés, a indiqué la police, qui a abattu l’un des assaillants et blessé l’autre. L’hôpital Soraka a annoncé que dix personnes ont été conduites dans son unité de soins intensifs et que l’une d’elles a été déclarée morte à son arrivée.

Depuis le début de cette vague de violences en Israël et dans les Territoires palestiniens, au moins 42 Palestiniens ont été tués, dont plusieurs auteurs d’attaques, et des centaines blessés. Sept Israéliens sont morts et des dizaines ont été blessés.

4 commentaires
  • Marc Tremblay - Abonné 19 octobre 2015 02 h 29

    Une guerre civile en Israël

    Combien de temps Israël pourra vivre en état de guerre avec les Palestiniens?

    Israël ne veut pas d'une surveillance de l'ONU sur ce qui se passe à Jérusalem. Car cela serait admettre qu'il n'a pas le contrôle sur ce qui se passe.

    • Richard Lupien - Abonné 19 octobre 2015 08 h 19

      Erreur, au contraire c'est pour tout contrôler et suivre leur plan odieux qui est de créer le Grand Israël conforme à "leur" loi divine.

      Richard Lupien
      Ormstown

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 20 octobre 2015 06 h 27

      « Combien de temps Israël pourra vivre en état de guerre avec les Palestiniens? » (Marc Tremblay)

      Temps et aussi longtemps qu’Israël demeurera vivant !

      Entre-temps, et compte-tenu des résistances de diverses origines (ONU, AP, Hamas, autres), Israël est un pays qui mise sur la paix plutôt que sur la guéguerre, susceptible d’affecter ou pas cet …

      … espoir recherché ! - 20 oct 2015 -

  • Benoit Thibault - Abonné 19 octobre 2015 10 h 11

    La meilleur arme contre le terrorisme, l'espoir

    Quand les choses ce tassent, M. Nétanyahou n'investie pas dans la création d'espoirs pour les palestiniens... c'est plutôt l'étouffement lent.

    Quand ça explose c'est la réponse par les armes et d'avantage de coercition.

    Désolant de voir si peu de sens de la perspective de la part de ce gouvernement.