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Les talibans tentent de prendre une nouvelle ville

Ghazni — Les talibans ont tenté lundi de s’emparer d’une capitale provinciale dans l’est de l’Afghanistan, deux semaines après leur brève prise de la ville de Kunduz (nord), qui avait marqué leur principale victoire militaire depuis 2001.

Leur offensive sur Ghazni, au sud de Kaboul, a été repoussée par les forces gouvernementales, mais elle a une nouvelle fois provoqué l’inquiétude face à la volonté de la rébellion islamiste de progresser au-delà de ses fiefs ruraux du sud du pays.

« Quelque 2000 combattants talibans ont lancé dans la matinée une attaque depuis plusieurs directions sur Ghazni », a déclaré à l’AFP le vice-gouverneur de la province, Mohammad Ali Ahmadi.

« Ils ont réussi à s’approcher jusqu’à 5 kilomètres de la ville, provoquant des combats farouches, mais ont été rapidement repoussés par les forces afghanes », a-t-il ajouté.

« Leurs efforts pour prendre la ville ont échoué », a assuré le chef adjoint de la police provinciale, Assadullah Shujahi Ghazni.

Les combats ont contraint les commerces et les écoles de Ghazni à fermer, et de nombreux habitants ont fui la ville.

Les talibans ont renforcé leurs attaques contre les forces gouvernementales afghanes depuis que l’OTAN a achevé en décembre sa mission de combat en Afghanistan.

Les insurgés talibans étaient parvenus le 28 septembre à occuper pendant quelques jours la ville stratégique de Kunduz, au terme d’une offensive éclair qui avait mis en évidence les carences de l’armée afghanes.

Cette prise de contrôle, même brève, a constitué un grave revers pour le président Ashraf Ghani, au pouvoir depuis un an.

Les chaînes de télévision visées

Les talibans ont aussi annoncé que deux des principales chaînes de télévision afghanes étaient désormais pour eux des « cibles militaires » susceptibles d’être attaquées, les accusant de fabriquer de fausses informations.

Les insurgés reprochent aux chaînes privées Tolo et 1TV, souvent critiques des talibans et qualifiées de « stations sataniques » au service de la « propagande », d’avoir diffusé des informations selon lesquelles les rebelles islamistes auraient commis des viols durant les combats dans la ville de Kunduz.

« À partir de maintenant, [les talibans] ne reconnaissent plus Tolo et 1TV comme des médias, mais comme des cibles militaires en raison de leurs actions irrespectueuses et hostiles », a annoncé le mouvement dans un communiqué.

« Tout employé, présentateur, bureau, équipe de journalistes et reporter de ces chaînes de télévisions ne bénéficie plus d’aucune immunité », poursuit le texte.

Cette déclaration intervient après la diffusion d’informations selon lesquelles des combattants talibans auraient violé des femmes dans un dortoir de Kunduz, ville du nord du pays dont les rebelles islamistes ont brièvement pris le contrôle le 28 septembre, infligeant un revers cinglant aux autorités de Kaboul.

Dans un rapport à charge, l’ONG de défense des droits de l’Homme Amnesty International a elle aussi accusé les talibans de s’être livrés à des viols collectifs, ainsi que de s’être rendus coupables de nombreux meurtres.

Le magnat des médias afghan Saad Mohseni, propriétaire de la chaîne Tolo, a rétorqué aux talibans que sa chaîne ne se laisserait pas intimider par leurs menaces.

« Nos équipes continueront leur travail de journaliste sans parti pris ni peur », a-t-il tweeté.