Le premier ministre promet d’importantes réformes

Le gouvernement irakien de Haider Al-Abadi a approuvé dimanche des réformes majeures prévoyant la suppression d’importants postes et de privilèges, à la suite d’une vague de manifestations contre la corruption et la mauvaise gouvernance.

Ces annonces visent à calmer le mécontentement populaire qui s’est exprimé dernièrement à Bagdad et dans le sud du pays lors de rassemblements contre la corruption et l’incompétence de la classe politique, sur fond de coupures quotidiennes d’électricité par des températures dépassant les 50° Celsius.

Manifestations

 

Même la plus haute autorité chiite d’Irak, l’ayatollah Ali al-Sistani, avait mis la pression sur le premier ministre en l’appelant récemment à « être plus courageux et plus audacieux » dans la lutte contre la corruption et à dénoncer publiquement les politiciens hostiles aux réformes.

Dimanche soir, des centaines de personnes qui manifestaient de nouveau dans le centre de Bagdad contre la corruption ont exprimé leur soutien aux réformes en prévenant toutefois qu’il fallait qu’elles soient suivies d’effet.

« C’est un premier pas vers la libération de l’Irak de la corruption », a déclaré à l’AFP un participant, Samih Khalil. Quelques heures plus tôt, après l’annonce des mesures envisagées par M. Abadi, un communiqué officiel est venu expliquer que le gouvernement avait « approuvé à l’unanimité lors d’une session extraordinaire le premier plan de réformes présenté par le premier ministre ».

La plus drastique est la suppression « immédiate » des postes des trois vice-premiers ministres et trois vice-présidents, dont Nouri al-Maliki, le prédécesseur de M. Abadi et son principal rival.

M. Maliki, dont les huit années au pouvoir ont été entachées d’accusations de corruption, d’autoritarisme et d’aliénation de la minorité sunnite, a toutefois apporté son soutien « à ces réformes qui sont nécessaires ».

Celles qui doivent faire l’objet d’un amendement constitutionnel devront encore être soumises à l’approbation du Parlement, où la bataille risque d’être dure.

Transparence

 

Le plan prévoit également l’abolition « des quotas confessionnels » et propose que les responsables soient choisis selon leurs compétences et non leur appartenance confessionnelle ou ethnique. M. Abadi souhaite ainsi que les candidats aux postes à haute responsabilité soient désormais sélectionnés selon « leurs compétences, honnêteté et expérience » par un comité désigné par le premier ministre.


En Irak, où la communauté chiite est majoritaire, le chef de l’État est un Kurde, le premier ministre est un chiite et le chef du Parlement un sunnite, en vertu d’un accord tacite.
 

Le pays reste miné par les dissensions confessionnelles entre musulmans chiites et sunnites.

Pendant le règne du sunnite Saddam Hussein, chiites et Kurdes ont été opprimés. Neuf ans après la mort du dictateur, c’est la communauté sunnite qui s’estime aujourd’hui marginalisée et ces rancoeurs ont été mises à profit par le groupe djihadiste sunnite État islamique (EI) qui a pris de vastes régions du pays en juin 2014.

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