L’accord discuté au Parlement iranien

Téhéran — Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a défendu mardi devant le Parlement dominé par les conservateurs l’accord nucléaire conclu avec les grandes puissances, le qualifiant d’« équilibré ».

Une approbation de l’accord par le Parlement risque de se faire attendre, les députés ayant voté pour la mise en place d’un comité de 15 membres — qui doivent encore être désignés — pour évaluer le texte.

Mais les négociations et l’accord ayant été approuvés par le guide suprême Ali Khamenei en personne, un vote positif des parlementaires, toutes tendances confondues, ne devrait être qu’une simple formalité.

« Nous ne devrions pas oublier que tout accord est un marchandage et que chacune des parties renonce à une part de ses demandes pour obtenir les plus importantes d’entre elles, jusqu’à ce que ce soit équilibré », a dit M. Zarif devant les députés.

Son intervention est intervenue au lendemain du feu vert donné à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU à l’accord nucléaire conclu le 14 juillet à Vienne entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni), plus l’Allemagne.

Objectifs atteints

Selon M. Zarif, « les objectifs clés de l’Iran » ont été atteints. « Les demandes clés » des grandes puissances « étaient d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires par le biais de limitations et de contrôles. Ce qu’elles ont obtenu était déjà acquis », a-t-il dit. L’Iran a toujours nié vouloir fabriquer la bombe atomique.

Il a en outre estimé que « le plus grand succès » iranien était l’accord du Conseil de sécurité à l’enrichissement de l’uranium en Iran à des fins civiles.

L’ayatollah Khamenei, tout en saluant le travail accompli par les négociateurs nucléaires, a souligné à plusieurs reprises que le texte devrait encore être entériné légalement.

Le Congrès américain doit lui aussi approuver l’accord et a 60 jours pour l’examiner.

Mardi encore, le conseiller de M. Khamenei pour les Affaires étrangères, Ali Akbar Velayati, a apporté son soutien personnel aux négociateurs iraniens : « Ils n’auraient pas pu faire mieux. »

« Durant toutes mes années d’expérience, je n’ai jamais connu une équipe diplomatique aussi forte », a ajouté ce responsable, qui a été longtemps ministre des Affaires étrangères.

2 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 22 juillet 2015 06 h 06

    Bof ???

    « Nous ne devrions pas oublier que tout accord est un marchandage (…), jusqu’à ce que ce soit équilibré » (Mohammad Javad Zarif, ministre, Affaires étrangères, Iran)

    De cette citation, à retenir ?, on-dirait que quelque chose cloche !

    De ce quelque « chose » et tantôt, la Communauté internationale risque-t-elle de saisir que les cosignataires de cet accord, sauf le principal intéressé, auraient été librement bernés et soumis à des diktats impossibles à défendre ou à promouvoir, et ce, jusqu’à cet équilibre souhaité ?

    Bof ??? - 22 juillet 2015 –

  • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 22 juillet 2015 09 h 57

    Deux poids, mais même mesure s.v.p.

    ''On dirait que quelque chose cloche'', pure spéculation de votre part monsieur, comme M. Nétanyaou sait si bien le faire.

    Quand des pays du calibre des États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne, affirment que cet accord permet à l'Iran de produire de l'uranium faiblement enrichi à des fins civiles, comme tous les grands pays le font, mais qu'il sera impossible de produire de l'uranium fortement enrichi à des fins militaires ( ce que tous les pays ci-haut mentionnés font en passant ), pourquoi ne pas les croire?

    Cet accord va dans le sens de la pacification de la planète, mais on dirait que certains, principalement Nétanyahou, veulent que le peuple iranien vive éternellement sous des sanctions. C'est de la mauvaise foi ça.

    Maintenant que le dossier du nucléaire iranien est réglé, il serait temps que les États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne se penchent sur un autre dossier à régler pour amener aussi une plus grande paix au moyen-orient. Trouver un accord sinon instaurer aussi à Israël de sévères sanctions, pour que ce pays retourne dans ses vrais frontières, celles de 1967.