Le monde salue une nouvelle ère, Israël dénonce une «erreur historique»

Londres — De Washington à Moscou en passant par Téhéran, les dirigeants du monde ont salué mardi l’accord nucléaire conclu à Vienne, y voyant la « chance » d’une nouvelle ère dans les relations internationales, à l’exception d’Israël, ennemi de Téhéran, qui dénonce une « erreur historique ».

Cet accord parachève d’intenses négociations entre l’Iran et le groupe P5 + 1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) pour solder ce dossier qui empoisonne les relations internationales depuis douze ans.

« Grâce à cet accord, la communauté internationale sera capable de s’assurer que la République islamique d’Iran ne développe pas une arme nucléaire », s’est félicité le président américain Barack Obama, qui a fait de cette question l’une des priorités de sa politique étrangère.

Cet accord, « fondé sur les vérifications » plutôt que la confiance, « nous donne une chance d’aller dans une nouvelle direction. Nous devons la saisir », a-t-il ajouté, tout en soulignant que si l’Iran ne respectait pas ses engagements, « toutes les sanctions » seraient rétablies.

Fait rare : l’allocution de M. Obama a été retransmise en direct par la télévision publique iranienne, ce qui est la seconde fois en 36 ans que cela arrive pour un discours d’un président américain.

Un monde «plus sûr»

Cet « accord important et historique » peut « contribuer de manière essentielle à la paix et la stabilité dans la région et au-delà », a quant à lui jugé le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg a également salué « une percée historique » qui, une fois mise en oeuvre, « renforcera la sécurité internationale ».

À Londres, le premier ministre David Cameron a salué un accord « historique » qui « contribuera à faire de notre monde un endroit plus sûr ».

À Paris, le président François Hollande s’est réjoui d’un accord « très important » qui démontre que « le monde avance », appelant Téhéran à en profiter pour « aider » la coalition internationale sur le dossier syrien.

À Moscou, le président russe Vladimir Poutine a jugé que la communauté internationale pouvait désormais pousser « un grand soupir de soulagement ».

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a souligné que l’accord permettait de « lever les obstacles » à la constitution d’une « large coalition » contre le groupe État Islamique (EI) et d’autres groupes terroristes.

À Berlin, la chancelière Angela Merkel a salué un « succès important de la diplomatie internationale », et a appelé à une « application rapide » de l’accord.

Satisfaction également à Madrid, qui préside le comité des sanctions visant l’Iran à l’ONU et « veillera à la bonne application de cet accord ».

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a, lui, estimé que « cet accord démontre que la solution des crises par des moyens pacifiques est possible ».

Satisfaction en Iran, colère en Israël

 

Du côté iranien, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, et le président modéré Hassan Rohani se sont dits satisfaits.

« Tous nos objectifs ont été atteints » a affirmé Hassan Rohani qui a estimé que l’accord était « un point de départ » pour rétablir la confiance avec les Occidentaux.

« Si cet accord est appliqué correctement […] nous pouvons peu à peu éliminer la méfiance », a-t-il affirmé en assurant que son pays ne chercherait « jamais à avoir l’arme nucléaire ».

La conclusion de l’accord a en revanche provoqué la colère du premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, qui avait mené une campagne déterminée pendant des mois pour le dénoncer.

« Cet accord est une erreur historique pour le monde », a-t-il déclaré à Jérusalem. « Israël n’est pas lié par cet accord avec l’Iran car l’Iran continue à vouloir notre destruction. Nous saurons toujours nous défendre », a-t-il prévenu.

Le Canada, soutien inconditionnel d’Israël, a également critiqué l’accord, jugeant, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, que l’Iran restait « l’une des plus importantes menaces à la paix et à la sécurité internationales ».

En Syrie, le président Bachar al-Assad a félicité son allié iranien chiite pour sa « grande victoire ».

Première monarchie arabe à réagir, les Émirats arabes unis — pays sunnite — ont également salué un accord qui peut ouvrir « une nouvelle page dans les relations entre les pays de la région du Golfe » à condition que l’Iran « révise sa politique et cesse ses ingérences dans les affaires intérieures de pays comme l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen ».

Le ministre turc des Affaires étrangères Melvut Cavusoglu s’est également montré satisfait, estimant que « la levée des sanctions allait contribuer à l’économie régionale ».

Son homologue irakien, Ibrahim al-Jaafari, a jugé lors d’une conférence de presse conjointe à Ankara que l’accord était « important et nous devons le soutenir ».

« L’accord doit être […] mis en oeuvre pour que la région parvienne à la stabilité », a-t-il ajouté.

Le Saint-Siège a également espéré que l’accord porterait des fruits « dont nous espérons qu’ils ne se limiteront pas au seul domaine du programme nucléaire ».

Plus de dix heures après l’annonce dans la matinée de cet accord historique, ni la Chine ni l’Arabie saoudite n’avaient réagi.

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