Une militante iranienne des droits de la personne est arrêtée

Dubaï — Une militante iranienne des droits de la personne bien en vue, Narges Mohammadi, a été arrêtée et incarcérée à la prison Evin de Téhéran, a révélé mercredi son mari.

Mme Mohammadi est une proche de la lauréate du prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi. Elle milite notamment en faveur des droits des femmes et contre la peine de mort.

Son mari, Taghi Rahmani, a raconté à l’Associated Press qu’une dizaine de personnes se sont présentées chez Mme Mohammadi tôt mardi pour l’arrêter. Il a qualifié le tout de démonstration de force « provocante ».

Les responsables ont ensuite appelé ses jumeaux de 8 ans pour les informer qu’elle était derrière les barreaux, a dit M. Rahmani, qui vit maintenant en exil en France.

Mme Mohammadi était la vice-présidente de l’organisation, aujourd’hui illégale, fondée par Mme Ebadi. Cette dernière a quitté l’Iran après la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009, ce qui avait donné lieu à des manifestations populaires sans précédent et à une répression impitoyable.

M. Rahmani a dit que sa femme souffre de problèmes de santé qui seront aggravés par son confinement et qui pourraient provoquer une paralysie musculaire temporaire.

Mme Mohammadi avait été incarcérée pour une première fois en avril 2012, pour purger une peine de six ans de prison après une condamnation prononcée en 2010. Elle a été relâchée pour des raisons médicales quelques mois plus tard.

Elle avait révélé à un organisme new-yorkais, la semaine dernière, qu’un tribunal iranien avait déposé contre elle des accusations de crimes contre la sécurité nationale en lien avec ses activités.

On ne sait pas si Mme Mohammadi fait l’objet de nouvelles accusations ou si elle a été arrêtée en vertu de sa condamnation précédente.

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