18 civils sont tués dans des explosions après des raids à Sanaa

Sanaa — Au moins 18 civils ont été tués et plus de 300 blessés dans la capitale yéménite Sanaa où des explosions ont suivi deux raids aériens contre un dépôt d’armes et de munitions dans une base de missiles, ont indiqué des sources médicales.

Le bilan des blessés a été recueilli auprès de quatre hôpitaux de la ville.

Des dizaines de maisons ont été détruites et une station service, où des automobilistes faisaient la queue, a pris feu après les explosions consécutives aux raids contre la base du bataillon de missiles à Fajj Attan, une colline qui surplombe le sud de la capitale yéménite, ont indiqué des témoins.

Depuis le 26 mars, l’Arabie saoudite est à la tête d’une coalition arabo-sunnite qui mène des frappes aériennes contre des rebelles chiites, soutenus par l’Iran et qui contrôlent de vastes régions du Yémen, dont la capitale Sanaa.

Incendie dans la base

En milieu d’après-midi, il était impossible de s’approcher de la base de missiles, tant la chaleur était intense à des centaines de mètres du site. Le bilan des morts pourrait s’aggraver, a indiqué une source médicale, alors que des équipes d’ambulances et de défense civile se sont relayées dans le secteur, au dessus duquel se sont formées d’épaisses colonnes de fumée.

Des foyers d’incendie se sont déclarés dans la base de missiles, la station service et des magasins situés en contrebas de la colline Fajj Attan, ont dit des témoins.

Les locaux d’une chaîne de télévision, Al-Yamen Al-Youm, située dans la zone, ont été endommagés, deux de ses employés ont été tués et dix autres blessés, selon des secouristes. La chaîne a suspendu ses programmes. Les deux tués de la chaîne figurent parmi les 18 morts civils dénombrés jusqu’ici, selon une source médicale.

Il a été impossible d’obtenir un bilan des pertes humaines à l’intérieur de la base touchée par les raids.

L’ambassade indonésienne située dans le secteur a été endommagée et ses vitres ont volé en éclats, tout comme celles d’habitations proches. Deux diplomates et un ressortissant indonésiens ont été légèrement blessés, a indiqué le ministre indonésien des Affaires étrangères, Retno Marsudi, en condamnant « avec force le bombardement ».

L’aviation de la coalition arabe conduite par l’Arabie saoudite a fait deux passages au dessus de la base du bataillon de missiles à Fajj Attan, touchant des dépôts d’armes, de missiles et de munitions, selon des témoins.

1 commentaire
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 21 avril 2015 08 h 44

    L'Arabie saoudite et les terroristes yéménites

    Le président-élu du Yémen, Abd Rabbuh Mansur Hadi, a démissionné sous la contrainte après avoir été fait prisonnier par les Houthis en février dernier. S'étant échappé et réfugié en Arabie saoudite, il fait face à trois groupes concurrents d'oposants: les Houthis et deux redoutables organisations terroristes (Al-Qaïda et l'État islamique).

    À titre d'exemple, le 20 mars 2015 un quadruple attentat-suicide à Sana'a par l'organisation de l'État islamique ont fait 142 morts parmi les fidèles d'une mosquée fréquentée par des Houthis.

    Afin de rétablir au pouvoir l'ancien président, l'Arabie saoudite bombarde exclusivement les Houthis. Pas une seule bombe contre Al-Qaïda, ni contre l'État islamique.

    Profitant du chaos provoqué par les bombardements saoudiens, Al-Qaïda a attaqué la prison Al Mukallah, libérant 270 prisonniers (dont le tiers appartenant à cette organisation terroriste dont un de ses chefs, Khaled Batarfi).

    Selon les dépêches des diplomates américains révélées par WikiLeaks, l'Arabie saoudite est la plaque tournante du financement du terrorisme international.

    Le fait que les bombardements saoudiens épargent systématiquement les terroristes au Yémen, tend à confirmer le double-jeu des Saoudiens, officiellement partenaires de la lutte américaine au terrorisme et en même temps, officieusement financiers et appuis militaires de ces mêmes terroristes.




    .