Le nombre de réfugiés yéménites est en hausse, selon l'ONU

Les batailles de rue et les frappes aériennes chassent de plus en plus de Yéménites de chez eux, a prévenu mardi l'ONU au moment où le Conseil de sécurité adoptait un embargo sur les ventes d'armes aux rebelles houthis.

À Genève, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a indiqué qu'au moins 121 000 personnes ont maintenant été déplacées sur le territoire du Yémen depuis le début des frappes aériennes de la coalition saoudienne le 26 mars.

 

La moitié des déplacés se trouvent dans le nord-ouest du pays.

Le porte-parole de l'agence onusienne, Jens Laerke, a ajouté que la réponse humanitaire est limitée par les problèmes de sécurité, en dépit de l'intervention de plusieurs organisations caritatives.

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution qui impose un embargo sur les ventes d'armes aux leaders des rebelles chiites, les houthis, et à leurs alliés. La résolution leur ordonne aussi de mettre fin immédiatement aux violences et de revenir à la table de négociations.

L'embargo a été approuvé par un vote de 14-0, avec l'abstention de la Russie. Moscou réclamait un embargo sur les ventes d'armes à tous les belligérants.

L'embargo vise cinq individus: le leader des rebelles Abdul-Malik al-Houthi, son adjoint Abdullah Yahyah al Hakim, le commandant militaire Abd al-Khaliq al-Huthi, l'ancien président Ali Abdullah Saleh et son fils aîné Ahmed Ali Abdullah Saleh.

 

Le Conseil de sécurité demande à tous les pays, et surtout aux voisins du Yémen, d'inspecter les marchandises à destination du Yémen s'il y a des «motifs raisonnables» de croire qu'elles contiennent des armes. Le Conseil a aussi imposé un gel des avoirs et une interdiction de voyager à M. Saleh et au leader houthi. Les mêmes sanctions avaient été infligées aux trois autres hommes en novembre dernier.

La résolution exige des rebelles qu'ils se retirent des secteurs qu'ils ont capturés; qu'ils renoncent aux armes et missiles volés à l'armée et aux forces de l'ordre; et qu'ils relâchent le ministre de la Défense et tous les prisonniers politiques.

Les rebelles chiites et les forces loyales à M. Saleh se sont emparés de vastes territoires du pays, dont la capitale, Sanaa, et tentent maintenant de capturer la ville portuaire d'Aden, dans le sud. Des forces loyales au gouvernement reconnu par la communauté internationale leur résistent difficilement.

Sur le terrain, des forces tribales loyales au gouvernement légitime progressent en direction d'une base militaire contrôlée par les rebelles près de la ville de Marib, ce qui pourrait ensuite leur ouvrir le chemin vers la capitale. Les rebelles auraient aussi essuyé des pertes à Aden et dans la province d'Omran, au nord de Sanaa.

L'entreprise yéménite de gaz naturel, dont l'actionnaire principal est le géant français Total, a annoncé une interruption de sa production en raison du conflit dans la province centrale de Shabwa.

 

L'ONU a fait savoir mardi qu'en plus de centaines de combattants, au moins 364 civils ont perdu la vie depuis le début des frappes aériennes. Au moins 681 civils, dont 84 enfants et 25 femmes, ont été blessés. Des dizaines d'édifices publics comme des hôpitaux, des écoles, des aéroports et des mosquées ont été détruits.

L'Unicef a annoncé qu'un avion transportant 76 tonnes métriques de fournitures médicales est arrivé à Sanaa.

À voir en vidéo