Les Houthis ciblés par une coalition de pays arabes

Des Yéménites près des Houthis brandissaient leurs armes jeudi à Sanaa.
Photo: Mohammed Huwais Agence France-Presse Des Yéménites près des Houthis brandissaient leurs armes jeudi à Sanaa.

Des avions de la coalition menée par l’Arabie saoudite ont lancé de nouvelles frappes jeudi soir au Yémen contre les rebelles chiites soutenus par l’Iran, qui a dénoncé une intervention « dangereuse ».

Les raids de l’opération Tempête décisive ont été qualifiés de succès et se prolongeront jusqu’à ce que les objectifs soient atteints, a déclaré un porte-parole de la coalition.

L’opération a été déclenchée dans la nuit de mercredi à jeudi par des frappes saoudiennes sur différentes positions des Houthis. Des habitants de la capitale Sanaa ont témoigné de violentes explosions. Certains ont décidé de fuir par crainte de nouveaux raids.

L’Iran a parallèlement mis en garde contre une propagation du conflit à d’autres pays, son président, Hassan Rohani, condamnant une « agression » militaire. Et en pleines négociations sur le nucléaire avec Téhéran, les États-Unis ont apporté leur soutien à l’intervention.

La plupart des pays arabes ont serré les rangs derrière l’Arabie saoudite et ont réaffirmé leur soutien au président yéménite reconnu par la communauté internationale, Abd Rabbo Mansour Hadi. Ce dernier est arrivé jeudi à Ryad, selon l’agence officielle SPA, en route pour participer au sommet annuel arabe qui s’ouvrira samedi en Égypte.

M. Hadi avait été ces derniers jours au centre de nombreuses spéculations, notamment sur le point de savoir s’il était encore présent à Aden, alors que des forces anti-gouvernementales se rapprochaient de cette grande ville du sud où il était retranché depuis février après la prise de Sanaa par les rebelles Houthis.

La coalition arabe

L’Arabie saoudite a mobilisé 150 000 militaires et 100 avions de combat, tandis que les Émirats arabes unis ont engagé 30 avions de combat, le Koweït 15 appareils et le Qatar 10, a indiqué Al-Arabiya, la chaîne de télévision à capitaux saoudiens. Bahreïn a annoncé participer avec 12 avions. L’opération mobilise également la Jordanie, le Soudan, le Pakistan et le Maroc, selon Ryad.

L’Égypte, souvent présentée comme l’épine dorsale de la coalition, a annoncé l’envoi de quatre navires en route pour le Golfe d’Aden, ainsi qu’une force aérienne capable de prêter main forte à l’allié saoudien. Le Caire a rappelé jeudi son soutien politique et militaire à Ryad, allant jusqu’à évoquer une possible intervention terrestre.

L’intervention militaire fait suite à plusieurs appels à l’aide émanant de son gouvernement, incapable de faire face à l’avancée des rebelles. Elle « vise à défendre le gouvernement légitime du Yémen et à empêcher le mouvement radical houthi de prendre le contrôle du pays », a expliqué l’ambassadeur saoudien aux États-Unis, Adel al-Jubeir.

Pour les experts, le Yémen est le théâtre d’une guerre par procuration entre deux poids lourds de la région, l’Iran chiite et le royaume saoudien sunnite, qui risque d’aboutir à une désintégration du pays.

Au chaos actuel s’ajoutent la poursuite d’actions d’al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), bien implanté dans le sud-est et les attentats récents revendiqués par le groupe État islamique.

Washington aidera la coalition arabe

Washington — Les États-Unis envisagent de fournir du ravitaillement en vol et d’envoyer des avions radars pour aider la coalition menée par l’Arabie Saoudite dans son opération au Yémen, selon des responsables américains. « C’est sur la table, et c’est en train d’être discuté », a indiqué l’un de ces responsables. La Maison-Blanche a déjà indiqué que les États-Unis se coordonnaient avec les Saoudiens pour fournir un soutien militaire et de renseignement à l’opération. Pour l’instant, les Américains ont affecté une douzaine de militaires dans une cellule de coordination avec la coalition menée par l’Arabie Saoudite. « Leur rôle est premièrement de maintenir les lignes de communication ouvertes entre les États-Unis et les pays du Golfe », a déclaré le colonel Warren, porte-parole du Pentagone. Bien que les Saoudiens et les autres pays du Golfe aient des forces aériennes conséquentes, il n’ont pas assez d’avions ravitailleurs et d’avions radars AWACS pour mener une opération importante et d’une durée indéterminée.