Nétanyahou est assuré de former le prochain gouvernement

Benjamin Nétanyahou devrait recevoir officiellement cette semaine du président israélien, Reuven Rivlin, la tâche de former le prochain gouvernement après s’être assuré le soutien d’une claire majorité de droite au Parlement.

Soixante-sept parlementaires sur un total de 120 ont soutenu le premier ministre sortant auprès du président Rivlin pour qu’il le charge de former le nouveau cabinet, a dit le porte-parole de la présidence Jason Pearlman.

M. Rivlin devrait inviter cette semaine M. Nétanyahou, en poste depuis 2009, pour le charger officiellement de la formation du gouvernement. Cela pourrait être dès mercredi, après la publication officielle des résultats des élections législatives du 17 mars.

Consultations

Déjouant tous les sondages, M. Nétanyahou, 65 ans, a triomphé de son adversaire travailliste, Isaac Herzog, aux élections. Dans le système israélien, le président consulte les différents partis représentés à la Knesset puis décide lequel ou laquelle des 120 députés est le mieux à même de former une coalition de gouvernement. M. Rivlin a mené ces consultations dimanche et lundi.

À partir de sa désignation, M. Nétanyahou aura 28 jours éventuellement renouvelables une fois pendant 14 jours pour former un gouvernement. La course aux portefeuilles a été lancée quasiment au lendemain des élections.

Si, comme c’est probable, le gouvernement est conforme à la majorité parlementaire qui soutient M. Nétanyahou, il devrait pencher nettement plus à droite que le précédent.

Soutien

M. Nétanyahou a rallié le soutien des députés de son parti de droite (Likoud), des deux partis nationalistes (Foyer juif, Israël Beiteinou), de deux formations ultra-orthodoxes (Shass et Liste Unifiée de la Torah) et du parti de centre droit Koulanou.

Les ultra-orthodoxes devraient revenir au gouvernement après en avoir été écartés en 2013. En revanche, les formations centristes de Tzipi Livni et Yaïr Lapid devraient en sortir.

M. Rivlin passait pour soutenir un gouvernement d’unité nationale pour faire face aux pressions extérieures et aux défis intérieurs et pour en finir avec une instabilité gouvernementale chronique. Mais les résultats des élections ont contrarié un tel projet.

Premier ministre depuis 2009, M. Nétanyahou formera son gouvernement dans un contexte compliqué.

Relations détériorées

La campagne électorale a encore détérioré les relations entre lui et le président Obama. L’administration américaine n’a pas du tout apprécié que M. Nétanyahou vienne le 3 mars prononcer devant le Congrès un discours contre l’accord en cours de négociations sur le nucléaire iranien.

Elle dit à présent être forcée de réévaluer le soutien qu’elle apporte à Israël à l’ONU.

La direction palestinienne, quant à elle, compte déposer le 1er avril à la Cour pénale internationale ses premières plaintes pour crimes de guerre contre des dirigeants israéliens, alors que le processus de paix est au point mort depuis près d’un an.

Selon différents experts, les pressions exercées actuellement par l’administration américaine viseraient précisément à peser sur la formation du nouveau gouvernement israélien.

Des excuses aux Arabes israéliens

Jérusalem — Benjamin Nétanyahou a présenté lundi ses excuses pour avoir dénoncé le « danger » de la mobilisation massive des Arabes israéliens aux élections législatives du 17 mars, qu’il a remportées.

« Je sais que mes déclarations la semaine dernière ont offensé certains citoyens israéliens et des membres de la communauté des Arabes israéliens. Cela n’a jamais été mon intention. Je présente mes excuses pour cela », a dit M. Nétanyahou.

Quelques heures avant la fermeture des bureaux de vote, M. Nétanyahou avait lancé un appel pour inciter les partisans du Likoud, son parti, à aller voter. « Le pouvoir de la droite est en danger. Les électeurs arabes arrivent en masse aux urnes. Les associations de gauche les amènent avec des autobus », avait-il dit.

Ayman Odeh, le numéro un de la liste arabe qui a obtenu un record de 13 sièges sur 120 aux législatives, a rejeté les excuses de M. Nétanyahou. « Elles ne sont pas acceptables, car Benjamin Nétanyahou prévoit non seulement de faire voter des lois racistes, mais avec ses déclarations, il a contesté le droit élémentaire des Arabes israéliens à aller voter pour la Knesset [le Parlement] », a affirmé lundi M. Odeh.

Les Arabes israéliens, descendants des 160 000 Palestiniens restés sur leur terre après la création de l’État d’Israël en 1948, représentent environ 20 % de la population israélienne.