Nétanyahou en position embarrassante

Le premier ministre d’Israël, Benjamin Nétanyahou, accompagné de sa femme, Sara.
Photo: Thomas Coex Agence France-Presse Le premier ministre d’Israël, Benjamin Nétanyahou, accompagné de sa femme, Sara.

L’offensive de Benjamin Nétanyahou pour réparer les dégâts avec les États-Unis a commencé, mais la réaction des Américains suggère qu’ils attendent davantage du vainqueur des élections israéliennes pour oublier ses volte-face sur la création d’un État palestinien.

L’intention déclarée par l’administration de Barack Obama de revoir l’appui apporté à Israël à l’ONU pourrait être, dans un premier temps, un moyen de peser sur la coalition que formera M. Nétanyahou, selon des experts. Le premier ministre sortant est assuré d’être désigné pour former le prochain gouvernement après le scrutin de mardi.

Mais la relation entre les deux alliés américain et israélien ne devrait pas être profondément affectée, au-delà des désaccords importants du moment et de l’inimitié patente entre MM. Obama et Nétanyahou, ajoutent-ils.

Et ce, même si l’administration américaine permettait, contre la volonté israélienne, l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution sur le conflit israélo-palestinien et la création d’un État palestinien indépendant.

Passé l’heure du triomphe à domicile, M. Nétanyahou est confronté aux retombées à l’étranger de la surenchère à laquelle il s’est livré pendant la campagne.

Clarifications demandées

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lui a demandé vendredi de confirmer son engagement en faveur d’un État palestinien.

Le président français François Hollande, qui a appelé M. Nétanyahou pour le « féliciter », a insisté sur la nécessité d’une « solution à deux États » et rappelé la proposition française de « servir d’intermédiaire ».

Lundi, à la veille d’un scrutin très incertain et pour rallier la droite, M. Nétanyahou avait publiquement enterré l’idée d’un État palestinien s’il conservait son poste.

L’administration Obama dit ne pas avoir d’autre choix que de réévaluer sa position à l’ONU. Les États-Unis sont le soutien le plus indéfectible d’Israël au Conseil de sécurité où ils bloquent de leur veto les résolutions défavorables à leur allié.

Alors que les grandes manoeuvres sont lancées pour la formation de son gouvernement, M. Nétanyahou a consacré beaucoup de temps jeudi sur les télévisions américaines à tenter de réparer les dégâts.

« Je n’ai pas changé de politique », a-t-il dit à MSNBC, « je ne me suis jamais rétracté » du discours de 2009 dans lequel il a endossé pour la première fois publiquement l’idée d’un État palestinien coexistant avec Israël. « Je ne veux pas d’une solution à un seul État. Je veux une solution à deux États, pacifique, durable. Mais pour cela il faut que les conditions changent ».

Les États-Unis ont clairement signifié qu’ils n’y croyaient pas. « Il y a trois jours [lundi], il était premier ministre, nous ne pouvons certainement pas oublier ses propos », a dit le département d’État.

 

Ce n’est que jeudi soir, que M. Obama a appelé M. Nétanyahou pour le féliciter. La Maison-Blanche a eu des mots très durs pour qualifier les propos tenus par M. Nétanyahou sur le vote arabe le jour des élections.

Plusieurs experts incitaient cependant à la prudence quant à la gravité du moment. Même si l’administration américaine permettait le passage d’une résolution à l’ONU, elle veillerait de très près à son contenu.

3 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 21 mars 2015 10 h 03

    Obama ou BiBi ?

    « Je n’ai pas changé de politique » (Benjamin Nétanyahou, premier ministre, Israël)

    Bien que la réaction anti-BiBi de l’administration obamienne soit et devienne une « menace » de rupture d’amitié ou de solidarité d’avec et contre Israël à l’ONU, il reste que celle du premier ministre d’Israël à l’égard des USA la dépasse de lucidité, de sagesse !

    En effet, et malgré les difficultés en cours, il conviendra, toujours !, à Israël de déterminer et gérer ses politiques (internes-externes) et, d’Obama, se mêler de ses affaires serait comme une option à soutenir de bonne foi !

    Au demeurant, qui est le digne représentant d’Israël, nonobstant sa présidence, se tenant DEBOUT ?

    Obama ou BiBi ? - 21 mars 2015 -

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 21 mars 2015 15 h 52

    Quad on ne veut rien voir on ne voit rien.

    "Qui est le digne représentant d'Israel nonobstant sa présidence, Obama ou BIBI?"

    Bibi bien sûr, mais il est solitaire et de plus en plus, et commence à trembler dans ses culottes, ce n'est pas très pratique ni prometteur. Un jour il faut s'ouvrir les yeux: les derniers résultats de Bibi aux élections n'étaient pas très reluisant. Alors, d'un côté comme l'autre le vent change.

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 22 mars 2015 06 h 49

      Amélioration textuelle :
      « Bibi bien sûr, mais » (Céline A. M)

      Aimé-Solitaire ou pas, BiBi, dans les circonstances, et depuis sa réélection, demeure l’homme de la situation qui sait, avec honneur et justesse, porter et maintenir vivant le message d’Israël, un message de paix et de sécurité en lien avec sa population-territoire, le monde qui l’entoure et l’humanité !

      De ce message jalousé, convoité, voire méprisé ou interpellé par les grands de ce monde menaçant, ou presque pas ?, l'intégrité constitutionnelle d’Israël, il convient, moyennant l’effort d’un clin d’œil, de se rappeler ou redire et voir, devant-derrière l’adversité, avec ou sans BiBi et du vent en cours, la légitimité d’Israël de tout autant l’accueillir, le nourrir que de l’habiter, le rayonner !

      Message embêtant ? - 22 mars 2015 -