Le roi Abdallah d’Arabie saoudite est mort

Ryad — Le roi Abdallah d’Arabie saoudite est mort vendredi et le prince Salmane lui succède sur le trône, a annoncé le palais royal dans un communiqué.

Moqren, demi-frère d’Abdallah, a été nommé prince héritier, selon le communiqué.

Souffrant d’une pneumonie, Abdallah, qui était âgé de 90 ans, avait été hopitalisé le 31 décembre dernier à Ryad. Son état de santé avait nécessité la mise en place d’un tube pour l’aider à respirer.

Il est mort vendredi «à 01h00 (22h00 GMT jeudi)» et sera enterré le même jour après les prières de l’après-midi, selon le communiqué officiel.

Son demi-frère Salmane, âgé de 77 ans et qui avait été nommé prince héritier en juin 2012, lui succède sur le trône.

Moqren, un autre demi-frère d’Abdallah, a été nommé prince héritier. Né en 1945, il est le plus jeune fils de Abdelaziz al-Saoud, le fondateur de l’Arabie saoudite.

Hommage de chefs d'État

Le président américain a rendu hommage jeudi au roi Abdallah d’Arabie saoudite, peu après l’annonce de sa mort, saluant un ami précieux et un dirigeant «sincère» ayant pris des décisions courageuses dans le processus de paix au Moyen-Orient.

«Il a toujours été un dirigeant sincère ayant le courage de ses convictions», a déclaré Barack Obama dans un communiqué, décrivant «une véritable amitié chaleureuse» avec le roi mort à l’âge de 90 ans.

Le président français François Hollande a rendu hommage au roi Abdallah d’Arabie saoudite, saluant «la mémoire d’un homme d’État dont l’action a profondément marqué l’histoire de son pays».

François Hollande «salue la mémoire d’un homme d’État dont l’action a profondément marqué l’histoire de son pays et dont la vision d’une paix juste et durable au Moyen-Orient reste plus que jamais d’actualité», indique l’Élysée dans un communiqué.

«Le chef de l’État présente ses sincères condoléances au peuple saoudien et exprime son attachement à l’amitié entre la France et le Royaume d’Arabie saoudite, à laquelle le roi Abdallah bin Abdelaziz Al Saoud a oeuvré tout au long de son règne», conclut le communiqué.

Réputation de probité

Le roi Abdallah d’Arabie saoudite a gardé la première puissance pétrolière mondiale à l’abri des crises du monde arabe, mais a déçu les attentes des réformateurs, notamment sur la place de la femme dans la société.

De fait, Abdallah s’est souvent trouvé tiraillé entre les ailes libérale et conservatrice de la famille royale, ce qui a certainement paralysé son action.

Il avait accédé au trône à la mort en août 2005 de son demi-frère, Fahd, mais il dirigeait de facto le royaume depuis 1995.

Après avoir subi plusieurs opérations ces dernières années, les apparitions publiques du roi étaient devenues de plus en plus rares et il se faisait représenter par le prince héritier, Salmane Ben Abdel Aziz, 79 ans.

Le pieux Abdallah, qui s’est forgé une réputation de probité face à d’autres membres de la famille royale accusés de corruption, était «le roi le plus aimé en Arabie saoudite depuis Fayçal», assassiné en 1975, selon un diplomate occidental.

Face à la montée en puissance du groupe État islamique (EI) en Syrie et en Irak, l’Arabie saoudite, qui abrite les deux premiers lieux saints de l’islam, a rejoint sous son règne la coalition internationale et participé aux raids contre ces djihadistes actifs aux portes du royaume.

Durcissant son discours contre l’islam radical, Abdallah avait averti que les pays occidentaux seraient la prochaine cible des djihadistes: «Si on les néglige, je suis sûr qu’ils parviendront au bout d’un mois en Europe, et un mois plus tard en Amérique.»