Washington s’oppose au gel des taxes pour les Palestiniens

Le gel par Israël de fonds destinés à l’Autorité palestinienne suscite de fortes réactions tant aux États-Unis qu’en Israël même.

Peu après le président israélien, ce sont les États-Unis qui ont dit lundi être opposés au gel par Israël de plus de 140 millions de dollars de taxes collectés pour le compte de l’Autorité palestinienne.

Le gel de ces taxes, qui représentent près de la moitié du budget palestinien, « est une décision qui exacerbe les tensions », a déclaré Jennifer Psaki, porte-parole du département d’État lors de son point de presse quotidien. « Nous voulons éviter une escalade », a-t-elle ajouté.

Israël a gelé dès samedi le versement de ces taxes collectées pour le compte des Palestiniens et qui leur sont reversées chaque mois, en réponse à l’offensive diplomatique des Palestiniens à l’ONU. Ils ont formulé une demande d’adhésion à la Cour pénale internationale (CPI), dans le but avoué d’y citer des responsables israéliens.

Le secrétaire d’État américain John Kerry, artisan de la reprise du processus de paix israélo-palestinien entre juillet 2013 et avril dernier, s’est entretenu avec le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou ce week-end, tandis que des diplomates américains sont en contact avec les dirigeants palestiniens, a encore expliqué Jennifer Psaki.

Un geste inutile

 

Le président israélien, Reuven Rivlin, a affirmé lundi qu’il était opposé au gel. « Geler les taxes ne peut être utile ni pour Israël ni pour les Palestiniens », a déclaré M. Rivlin lors d’une rencontre avec des ambassadeurs en poste en Israël. « Les sanctions contre l’Autorité palestinienne doivent être en accord avec les intérêts israéliens et ce gel des taxes ne l’est pas », a-t-il ajouté.

L’État hébreu a déjà utilisé ce moyen de pression, notamment en avril lors de la réconciliation palestinienne entre le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas, qui rechigne à rendre les clés du pouvoir à Gaza.

Par ailleurs, le président israélien a accusé le président palestinien Mahmoud Abbas de continuer de refuser des négociations directes et de tenter « d’imposer un accord forcé… justifiant des sanctions ».

En campagne

 

Le premier ministre, Benjamin Nétanyahou, a affirmé lundi lors du lancement de la campagne électorale de son parti, le Likoud, qu’il était le seul à pouvoir assurer la sécurité des Israéliens.

« Aux prochaines élections, ne mettez pas en danger la sécurité d’Israël, seul le Likoud peut assurer votre sécurité », a-t-il déclaré lors d’un discours public à Tel-Aviv devant des militants du parti.

Présentant les candidats de sa liste pour les élections législatives de mars, le chef du Likoud a également assuré qu’il ne ferait « aucune concession territoriale pouvant menacer la sécurité d’Israël. La gauche n’est pas prête à exiger des Palestiniens de mettre fin au conflit et accepter enfin l’État juif, mais le Likoud tient de toutes ses forces à ces conditions. ».

M. Nétanyahou a en outre promis aux électeurs un changement du système électoral afin de permettre une plus grande stabilité du pouvoir. Rappelant que 33 gouvernements se sont succédé en Israël depuis 1948, M. Nétanyahou s’est engagé à faire voter une loi qui empêchera des petites formations politiques de faire tomber un gouvernement.

« Il faut un grand Likoud pour assurer l’avenir de l’État d’Israël », a-t-il encore affirmé.

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