Cinquième nuit de violence à Jérusalem

De violents heurts opposaient dimanche soir des centaines de Palestiniens à la police israélienne déployée en nombre à Jérusalem-Est pour la cinquième nuit consécutive d’affrontements dans la Ville sainte.

Cette journée sous haute tension devait se conclure avec les funérailles d’Abdelrahmane Shalodi, un Palestinien accusé d’avoir perpétré mercredi un attentat à Jérusalem, mais la police a finalement décidé de ne pas rendre le corps à sa famille qui refusait les conditions posées à la tenue de ses funérailles.

Ce Palestinien de 21 ans a été abattu mercredi par la police après avoir, délibérément selon les autorités israéliennes, jeté sa voiture sur un arrêt du tramway, tuant un bébé et une Équatorienne de 22 ans qui a succombé dimanche à ses blessures.

Depuis, sa dépouille, aux mains de la médecine légale israélienne, n’a toujours pas été remise à sa famille. La justice israélienne avait décidé qu’elle serait rendue aux Shalodi dimanche soir à la porte du cimetière pour un enterrement rapide au milieu de la nuit, en présence d’une liste réduite de participants soumise auparavant à la police.

La famille a refusé ces conditions et la police a indiqué qu’elle ne rendrait finalement pas le corps. Privée de cérémonie, la famille Shalodi avait appelé à des « funérailles symboliques » en fin d’après-midi devant sa maison de Silwan, quartier populaire palestinien ultrasensible proche du vieux Jérusalem. Des centaines de Palestiniens ont ainsi répondu présents et participé à la prière du défunt avant de tenter de rallier l’esplanade des Mosquées, épicentre de toutes les tensions dans la Ville sainte, a constaté un journaliste de l’AFP.

Accompagnant un cercueil vide enveloppé dans un drapeau palestinien, la foule avait à peine parcouru quelques dizaines de mètres que la police israélienne chargeait, sous des rafales de tirs de grenades lacrymogènes auxquels répondaient des jets de pierres, de pétards et de cocktails Molotov. Au moins quatre Palestiniens ont été arrêtés, tandis que les forces israéliennes perquisitionnaient les maisons alentours, a constaté le journaliste.

Selon le Croissant-Rouge, ces heurts ont fait au moins 21 blessés, asphyxiés par le gaz lacrymogène ou touchés par des balles en caoutchouc. Cinq d’entre eux ont été admis à l’hôpital après avoir été touchés notamment aux yeux, a précisé un porte-parole à l’AFP.

Des heurts ont également éclaté en d’autres points de la partie palestinienne annexée et occupée par Israël de Jérusalem, notamment dans les quartiers de Rass al-Amoud et de Issawiya.

Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a promis d’utiliser « toute la force nécessaire pour qu’échoue » le plan « des extrémistes musulmans qui s’emploient à

L’annexion et l’occupation de Jérusalem-Est est illégale aux yeux de la communauté internationale et l’un des principaux obstacles au processus de paix, les Palestiniens réclamant d’en faire la capitale de l’État auquel ils aspirent.

Les forces de sécurité israéliennes ont reçu ces derniers jours des milliers de renforts à Jérusalem, selon une porte-parole de la police. Depuis mercredi, les violences secouent Jérusalem-Est jour et nuit sans discontinuer. La nuit dernière, au moins cinq Palestiniens ont encore été arrêtés, selon la police israélienne.

À chaque fois, ce sont les mêmes scènes de jeunes Palestiniens, souvent masqués, brûlant des pneus et lançant pierres, pétards ou engins incendiaires face aux policiers armés. Les pierres visent aussi le tramway qui circule désormais sous escorte policière, et tout ce qui symbolise l’autorité ou la présence israéliennes.

Les policiers répondent par des tirs de gaz lacrymogènes ou de projectiles en caoutchouc. Des policiers en uniforme ou en tenue civile, aidés par les ballons d’observation lâchés au-dessus de la ville, arrêtent les émeutiers.

1 commentaire
  • Paul Michaud - Abonné 27 octobre 2014 18 h 15

    Difficile

    De plus en plus difficile de supporter Israël.