Le plus important parti islamiste du pays victime d’un attentat

La bombe a explosé lors d’un rassemblement de la Jamaat-e-Ulema-e-Islam (JUI-F) du mollah Fazlur Rehman, formation islamiste comptant le plus de sièges au parlement national, à Quetta, la capitale provinciale.
Photo: Banaras Khan Agence France-Presse La bombe a explosé lors d’un rassemblement de la Jamaat-e-Ulema-e-Islam (JUI-F) du mollah Fazlur Rehman, formation islamiste comptant le plus de sièges au parlement national, à Quetta, la capitale provinciale.

Quetta — Une bombe a explosé jeudi lors d’un vaste rassemblement du plus important parti islamiste pakistanais dans la province instable du Baloutchistan (sud-ouest), théâtre, plus tôt dans la journée, de violences, ayant fait une dizaine de morts, ont indiqué les autorités.

La bombe a explosé lors d’un rassemblement de la Jamaat-e-Ulema-e-Islam (JUI-F) du mollah Fazlur Rehman, formation islamiste comptant le plus de sièges au parlement national, à Quetta, la capitale provinciale.

«C’était un attentat à la bombe, nous dénombrons au moins un mort et 14 blessés», a déclaré à l’AFP Hameed Khan, un haut responsable de la police locale, mais le bilan pourrait encore s’alourdir.

L’explosion a retenti peu après le discours du chef politico-religieux Fazlur Rehman,qui quittait le rassemblement dans sa voiture blindée. «J’étais la cible, mais je suis sain et sauf. Je suis maintenant dans la maison d’un ami. J’étais dans un véhicule blindé, c’est pourquoi je suis toujours en vie», a-t-il déclaré à la chaîne GEO.

«Ma voiture a été presque complètement détruite, je ne sais même pas qui m’a transporté à la maison» de cet ami, a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, toujours à Quetta, deux personnes avaient perdu la vie dans l’explosion d’une bombe au passage d’un convoi militaire, et huit musulmans de la minorité chiite avaient été tués lors d’une attaque contre leur bus, dernière attaque en date contre cette minorité dans le collimateur d’extrémistes sunnites.

La province du Baloutchistan est régulièrement endeuillée par des attentats contre les forces de sécurité et des attaques de groupes sunnites radicaux contre la minorité chiite, qui représente environ 20 % de la population du Pakistan, géant de plus de 180 millions d’habitants.

Au cours des deux dernières années, près de 1000 chiites ont ainsi été tués, en particulier des membres de l’ethnie hazara, marquée par des traits asiatiques qui la rend plus facile à repérer par les extrémistes.