Israël assène un dur coup au Hamas

Israël a infligé un coup sévère au mouvement islamiste palestinien Hamas jeudi dans la bande de Gaza en tuant trois commandants de sa branche armée après avoir tenté d’éliminer son chef.

Au 45e jour du conflit, au total une trentaine de Palestiniens, dont plusieurs enfants, ont été tués par les frappes israéliennes dans l’enclave palestinienne où les hostilités ont repris mardi après un cessez-le-feu de neuf jours, selon les secours locaux.

Mohammed Abou Chamala et Raëd al-Atar « étaient sur notre liste des cinq terroristes du Hamas les plus recherchés à Gaza », a indiqué à l’AFP un porte-parole du Shin Beth, le renseignement intérieur israélien.

Les deux chefs des Brigades Ezzedine al-Qassam, ainsi que Mohammed Barhoum, également présenté comme un dirigeant du bras armé du Hamas, ont été tués à Rafah par un raid de l’aviation en coordination avec le renseignement israélien.

Le raid a fait au moins quatre autres morts à Rafah, la ville du sud du territoire à la frontière égyptienne et l’un des secteurs les plus dévastés par la guerre, ont indiqué les secours.

Il n’a laissé de l’immeuble dans ou près duquel se trouvaient les victimes qu’un cratère et un tas de ruines. À en croire des témoins, les Israéliens ont décoché pas moins de neuf missiles.

Mohammed Abou Chamala, commandant pour le sud de la bande de Gaza, et Raëd al-Atar étaient traqués pour leur implication notamment dans l’enlèvement du soldat Gilad Shalit en 2006 — libéré en 2011 — et la mort de trois soldats à Rafah le 1er août.
Raëd al-Atar était considéré comme le principal ingénieur du système sophistiqué de souterrains d’attaques du Hamas, dont la destruction est l’un des principaux objectifs de l’offensive israélienne déclenchée le 8 juillet.

Partisans en colère

Des milliers de partisans du Hamas en colère ont accompagné les trois hommes au cimetière. « L’assassinat des dirigeants des Brigades Ezzedine al-Qassam est un crime qui ne brisera pas notre détermination, ni n’affaiblira notre résistance, mais dont Israël devra payer le prix », a prévenu un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.

Leur liquidation a suivi une autre opération ciblée qui a visé mardi soir le chef des Brigades al-Qassam, Mohammed Deif. Sa femme et leur garçon de sept mois ont été enterrés mercredi. Un autre enfant de l’insaisissable Deif, Sara, 3 ans, a été retirée morte des décombres jeudi, selon les secours.

Le sort du chef militaire reste incertain. Son groupe a assuré qu’il était encore vivant.
Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou s’est gardé mercredi de confirmer ou d’infirmer que Mohammed Deif avait été visé et a fortiori qu’il avait échappé pour la sixième fois à une tentative d’élimination. Mais il a jugé que « les dirigeants des organisations terroristes sont des cibles légitimes ».

Il a aussi martelé qu’Israël poursuivrait ses opérations aussi longtemps que nécessaire. Dix mille réservistes ont été rappelés jeudi, ont rapporté les médias sans que l’on sache s’il s’agit d’un renforcement ou d’une rotation des effectifs.

La popularité de Nétanyahou chute

La confiance des Israéliens envers leur premier ministre Benjamin Nétanyahou a fortement baissé depuis le début de la guerre menée contre le Hamas dans la bande de Gaza, selon un sondage rendu public jeudi. Le pourcentage de personnes qui jugent positivement l’action du premier ministre est tombé à 53 %, alors que les Israéliens qui jugent négativement Benjamin Nétanyahou atteint 33 %, le reste étant sans opinion, a précisé la deuxième chaîne de télévision privée. Il y a deux semaines le même sondage créditait le premier ministre de 63 % d’opinion favorable et ce pourcentage avait atteint 82 % peu après le début de l’opération « bordure protectrice » lancée le 8 juillet. Un commentateur a toutefois souligné que la côte de confiance de Benjamin Nétanyahou demeure encore supérieure à celle dont il bénéficiait avant la guerre dans la bande de Gaza.