Irak: Obama demande une transition pacifique

Lors d'une courte allocution, lundi, le président américain Barack Obama a salué la nomination d’un nouveau premier ministre en Irak pour remplacer Nouri al-Maliki, appelant de ses voeux une transition pacifique vers un gouvernement qui représente toutes les composantes de la société.
 

«Aujourd’hui, l’Irak a fait un pas en avant prometteur», a affirmé M. Obama qui s’exprimait depuis l’île de Martha’s Vineyard, dans le Massachusetts, où il passe actuellement des vacances en famille. Le président a précisé qu’il avait promis son «soutien» au nouveau premier ministre irakien Haïdar al-Abadi. La nomination de M.Abadi fait d'ailleurs l'objet de contestation

Le Pentagone n'étendra pas ses frappes
 

Plus tôt en journée, le Pentagone a assuré qu’il ne comptait pas étendre ses fappes aériennes hors de la région du nord de l’Irak où ses forces aériennes visent les combattants de l’État islamique (EI).

Depuis que le président Barack Obama les y a autorisés jeudi, les chasseurs et drones américains «ont effectué 15 frappes aériennes» contre les insurgés de l’EI, a déclaré le général William Mayville, un haut responsable du département américain de la Défense, lors d’une conférence de presse, sans toutefois préciser les dommages occasionnés aux combattants.

«Nous n’avons pas projet d’étendre la campagne actuelle au-delà des opérations de défense actuelles», a-t-il dit. Il a estimé entre 50 et 60 le nombre de missions effectuées chaque jour par les appareils américains au-dessus du nord de l’Irak, en additionnant les missions humanitaires et les frappes aériennes.

«Les frappes ont contribué à freiner l’avance des forces de l’État islamique autour de Sinjar et dans l’ouest d’Erbil», la capitale du Kurdistan irakien, a expliqué le général Mayville, soulignant qu’il s’agissait en premier lieu de défendre le personnel diplomatique américain en poste à Erbil.

Les frappes aériennes sont accompagnées de largages humanitaires destinés aux dizaines de milliers de chrétiens et Yazidis pourchassés par les insurgés sunnites. Le Pentagone et les forces britanniques ont ainsi parachuté environ 60 000 litres d’eau et 75 000 repas aux réfugiés, selon le haut gradé américain. «Pour l’instant, notre objectif est de fournir une aide immédiate à ceux qui souffrent», a expliqué le général Mayville.

 

Livraison d’armes

 

Lundi, le département d’État américain a annoncé des livraisons d’armes aux peshmergas, les forces kurdes, commencées la semaine dernière. «Nous leur fournissons des armes de nos stocks», a déclaré une porte-parole. Une réunion extraordinaire des ambassadeurs des pays de l’Union européenne a en outre été convoquée à Bruxelles pour examiner les moyens de contrecarrer l’avancée de l’EI en Irak.

 

L’armée irakienne a échoué jusque-là à défaire les jihadistes qui se sont emparés de pans entiers du territoire dans l’ouest, l’est et le nord du pays, sans rencontrer de grande résistance.

 

Dans le Nord, les forces kurdes, sous pression financière et plombées par le poids que représente la sécurisation d’un nombre supplémentaires de régions, ont dû fuir devant l’EI. Les jihadistes en ont profité pour s’approcher à une quarantaine de km d’Erbil, et s’emparer du barrage de Mossoul, le plus grand du pays.

 

Les frappes américaines ont néanmoins permis aux peshmergas de reprendre dimanche les villes de Makhmour et Gwer, mais ils ont perdu Jalawla, à 130 km au nord-est de Bagdad.

 

La situation humanitaire reste, elle, catastrophique: des centaines de milliers de personnes ont été jetées sur les routes par l’avancée jihadiste. Parmi elles, de nombreux chrétiens chassés de Mossoul, deuxième ville du pays tombée aux mains des jihadistes, et de la localité chrétienne de Qaraqosh, prise par l’EI la semaine dernière.

 

La minorité kurdophone et non musulmane des Yazidis est également menacée depuis la prise de Sinjar, l’un de ses bastions. Réfugiés dans les arides montagnes environnantes, des milliers de Yazidis tentent de survivre entre la famine et les jihadistes, sous des chaleurs pouvant dépasser les 50°C.

 

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont largué des vivres aux populations en détresse. Paris a également envoyé de l’aide.