Une solution diplomatique de plus en plus lointaine

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le consulat général d’Israël à Montréal, lundi, au square Westmount. Le cortège, un des plus importants du genre depuis le début du conflit israélo-palestinien, a marché rue Sainte-Catherine jusqu’au square Dorchester.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le consulat général d’Israël à Montréal, lundi, au square Westmount. Le cortège, un des plus importants du genre depuis le début du conflit israélo-palestinien, a marché rue Sainte-Catherine jusqu’au square Dorchester.

L’Opération bordure de protection entame sa 23e journée, et sur le terrain, les tirs de missiles israéliens et de roquettes palestiniennes continuent, alors que les efforts diplomatiques n’ont toujours pas donné de résultats tangibles.

 

Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, qui jouit du soutien de l’opinion publique, a promis lundi « une longue campagne » contre le Hamas, dont Israël entend annihiler la puissance de feu. Du côté de Washington, le secrétaire d’État John Kerry a indiqué lundi qu’il souhaitait une résolution durable du conflit, qui mènera au « désarmement » du Hamas et des groupes terroristes. Le quotidien israélien Haaretz a qualifié l’initiative de cessez-le-feu de M. Kerry de « fiasco » après que le gouvernement de l’État hébreu l’eut rejetée, cette fin de semaine.

 

À New York, les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, réunis en urgence, avaient exprimé, avant la reprise massive des hostilités, leur « fort soutien à un cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans condition ». Mais la déclaration a été très froidement accueillie par les deux camps. Le représentant palestinien à l’ONU a regretté que le Conseil n’ait pas appelé à la levée du blocus imposé depuis 2006 à Gaza. Israël jugeait que la déclaration passait sous silence la situation sécuritaire du pays.

 

Une lueur d’espoir : le président palestinien Mahmoud Abbas, après un passage dimanche par l’Arabie Saoudite, devrait se rendre « très bientôt » au Caire à la tête d’une délégation de son mouvement le Fatah, du Hamas et du Djihad islamique, pour discuter d’un arrêt des combats.

 

Dix-sept Palestiniens ont été tués dans des frappes à Rafah et dans des tirs d’artillerie israéliens sur le camp de réfugiés de Bureij mardi matin, a indiqué Achraf al-Qoudra, porte-parole des secours à Gaza, à l’Agence France-Presse (AFP). Cela porte à 1104 le nombre de Palestiniens tués à Gaza depuis le début de l’opération israélienne le 8 juillet. À cela s’ajoute la mort de trois civils israéliens et de 48 soldats israéliens. Pour l’armée israélienne, il s’agit là du bilan le plus lourd depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006. La journée de lundi s’est d’ailleurs révélée particulièrement sombre pour Tsahal.

 

Quatre de ses soldats, des tankistes, ont été tués par un tir de mortier du Hamas le long de la frontière avec l’enclave palestinienne. Un autre militaire est mort à Gaza lors de combats.

 

Les avions israéliens ont bombardé la maison du dirigeant du Hamas, Ismaïl Haniyeh, à Gaza, dans le camp de réfugiés de Chati. Dans ce même camp, huit enfants et deux adultes sont morts lundi, Israël et le Hamas se renvoyant la responsabilité du décès de ces civils.

 

Trois roquettes ont été tirées mardi matin sur Israël. L’une d’entre elles a été interceptée et les deux autres se sont écrasées à 10 km au sud de Tel-Aviv, des tirs revendiqués par la branche armée du Hamas.

 

À Gaza, en cette fin du ramadan, les rues étaient inhabituellement calmes, rapporte l’AFP. « C’est l’Aïd du sang », a résumé Abir Chamali en caressant la terre fraîche qui recouvre le corps de son fils de 16 ans tué jeudi près de la ville de Gaza.

 

Manifestations

 

Des dizaines de milliers de Palestiniens se sont rassemblés pour la fin du ramadan sur l’esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est occupé et annexé par Israël. Ils ont crié leur soutien à Gaza et leur hostilité contre l’offensive militaire israélienne dans le territoire.

 

À Montréal, quelques centaines de personnes ont manifesté sous la pluie afin de soutenir les habitants de la bande de Gaza et critiquer la politique israélienne.

 

Le cortège s’est réuni d’abord au carré Westmount à 17 h, car le consulat général d’Israël se trouve dans un des immeubles du complexe. Munis de haut-parleurs, plusieurs orateurs se sont succédé pour dénoncer ce qu’ils estimaient être une « agression » israélienne envers le peuple palestinien à Gaza. Les slogans en français, en anglais et en arabe contre l’État hébreu se sont succédé. « Israël assassin, Canada complice », « de la rivière jusqu’à la mer, la Palestine sera libre » ou encore « Allah o Akbar » (Dieu est grand, en arabe) ont été lancés par les organisateurs au micro et repris par la foule.

 

Le cortège a ensuite marché au milieu de la rue Sainte-Catherine, sous l’oeil des policiers. Aux très nombreux drapeaux palestiniens s’ajoutaient des drapeaux de la Tunisie, de l’Algérie, de l’Irak, du Québec ou du Canada. « La situation des gens à Gaza ne s’améliore pas, nous voulons juste essayer d’amener le monde à se soucier de ce qui se passe là-bas », a expliqué l’un des organisateurs de la manifestation, Ihab Lotayef. Le cortège est arrivé au square Dorchester vers 19 h 30.

 

 

Escalade de violence dans la bande de Gaza et le sud d’Israël

16 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 29 juillet 2014 05 h 00

    Voilà !

    « Une lueur d’espoir : le président palestinien Mahmoud Abbas » (Bahador Zabihiyan, Le Devoir)

    Nonobstant ce conflit et la manif devant le Consulat général d’Israël à Montréal, et compte tenu des enjeux actuels en matières d’un urgent cessez-le-feu et de paix « réciproque » éventuelle, cette lueur est la bienvenue, et ce moyennant, quelques souhaits de réussite, dont ceux en lien avec :

    1 la démilitarisation (désarmement, tunnels) et leadership du Hamas (représentativité ?) ;

    2 la reconnaissance explicite d’Israël en tant qu’État de droit ainsi que son territoire, sa population, et ;

    3 le déploiement d’une diplomatie responsable, honnête et respectueuse entre les partis impliqués.

    Voilà ! - 29 juillet 2014 -

    • Richard Bérubé - Inscrit 29 juillet 2014 09 h 14

      Eh qu'en est-il Monsieur Blais des droits des palestiniens, et j'en reviens au fait que d'après la charte de l'O.N.U. l'assemblée générale de cet organisme n'a pas juridiction pour légifèrer dans la division d'un état au profit d'un autre état. On ne peut pas légaliser ce qui était illégal en 1948 sans l'approbation de la nation brimée. Ce problème ne se règlera pas si gouvernance de cette planète telle qu'elle est présentement....je suis désolé

    • Michelle Décarie - Abonnée 29 juillet 2014 12 h 23

      Point 4 Démilitarisation de l'État d'Israel, sans démilitarisation de tous les parties la paix est impossible.

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 29 juillet 2014 13 h 48

      « Eh qu'en est-il (…) des droits des palestiniens » (RB)

      Petites indications de réponse :

      Outre les droits des personnes habitant la Bande de Gaza et la Cisjordanie, des droits relevant de l’inspiration ou du contrôle du Hamas et de l’AP-OLP (lesquels ?), les palestiniens (de la communauté arabe) vivant en Israël possèdent, dans la mesure du possible, ou en vertu des lois existantes, les mêmes droits que ceux des israéliens et des juifs (Droits politiques, économiques, sociaux), sauf le droit à la présidence de l’État juif d’Israël, réservé aux membres de la communauté juive !

      D’ailleurs, à la Knesset, il est possible de rencontrer des députés palestiniens convaincus de leurs droits !

      Quant aux droits des résidents des territoires occupés par le Hamas et l’AP-OLP, de multiples rumeurs les situeraient au niveau de l’application de la Charia !

      Que peut-on faire de plus ? - 29 juillet 2014 -

  • Jean Léveillée - Abonné 29 juillet 2014 09 h 15

    L'occupation de la palestine par Israël

    "Israël sera vu comme l'occupant et les résistants palestiniens comme des terroristes."

    Charles DeGaule, 1967

    "Quand vous donnez raison à Israël à 95%, vous êtes un dangereux antisémite."

    Henry Kissinger

    • Christian Fleitz - Inscrit 29 juillet 2014 11 h 38

      Une fois de plus, Charles de Gaulle faisait preuve de réalisme. L'envahissement de la Palestine par les sionistes est en grande partie à l'origine de l'extrémisme musulman, en offrant à celui-ci un abcès de fixation. La politique israëlienne ultèrieure, en niant les droits les plus fondamentaux de non-juifs, n'a fait qu'aggraver cette situation invraisemblable et les sanctions décidées par l'ONU contre Israël, jamais appliquées du fait des veto systématiques américains, ont largement contribué à la perte de crédit de l'organisation internationale. Les États Unis, responsables de cette situation, ne manquent pas d'arrogance en prétendant oeuvrer à la paix dans cette région.
      L'invasion et la prise de possession de territoires en terre palestiniennes relève du fait accompli et se moque de toutes critiques : cela ne vous rappelle rien ? L'Anchluss et les Sudètes par exemple.....
      Il est vrai que pour certains, critiquer Israël et sa politique serait un acte antisémite, c'est tellement facile et....malhonnête.

    • Richard Bérubé - Inscrit 29 juillet 2014 15 h 29

      Monsieur Fieitz, Henry Kissinger a aussi déclaré il y a deux ans quLil ne restait plus que 10 ans d'existance à Israel....on verra bien, il est juif et il est assez bien connecté...

  • Rafik Boualam - Inscrit 29 juillet 2014 09 h 21

    oubli

    Vous oubliez un popint capital monsieur Fafouin: respect des résolution internationales par Israel, restitution des territoires occupées illégalement par Israel, si cela est fait, nous aurons une véritable paix. Mais cela ne sera pas fait, parce que Israel est gouverné par l'extrême droite et ne veut pas la paix.

    • Christian Fleitz - Inscrit 29 juillet 2014 12 h 20

      Christian Fleitz - Inscrit

      29 juillet 2014 11 h 52

      L'impunité des excès sionistes, dues à la complicité des États-Unis, constitue un soutien au comportement inacceptable du fascisme de l'extrême droite israélienne qui, pour le moment, a le vent en poupe.
      Des mesures ont été et continuent à être prise contre les intérêts russes dans le différent ukrainien. Quelles sont les mesures économiques prises à l'encontre des intérêts israéliens en réponse au refus de ce pays à respecter les dispositions exigées par l'ONU ? Est-ce de l'anti-sémitisme de penser cela ?
      J'ajouterai que les palestiniens sont aussi des sémites ....

  • Gilbert Talbot - Abonné 29 juillet 2014 09 h 35

    Méditons ensemble pour la paix à Gaza

    J'invite tous ceux et celles qui ne peuvent participer aux manifestations en appui aux martyrs palestiniens de Gaza, de nous rencontrer dans la méditation à 21:00 tous les soirs: pour que cessent les bombardements, les meurtres de civils, pour un cessez-le-feu complet immédiat dans l'enclave de Gaza. Et pour montrer votre appui, faîtes clignoter vos lumières de maison ou d'auto, à la même heure. Cette proposition vient du mouvement Saguenay/Gaza\Palestine, mais on peut la propager partout où des
    gens veulent y participer.

    • Richard Lapierre - Inscrit 29 juillet 2014 13 h 15

      Ca ressemble aux élécubrations de gourous de Méditation Transcendentale votre affaire. Comme si méditer allait amener la paix dans le monde et guérir toutes les maladies. On peut quand même rêver.

    • Gilbert Talbot - Abonné 29 juillet 2014 21 h 44

      Pourquoi ne pas méditer, prier, penser, réfléchir ensemble sur tout ce mal qui s'abat sur ce peuple martyr ? Si plus de monde méditaient, on vivrait peut-être dans un monde plus tolérant

  • Julie Blaquière - Inscrite 29 juillet 2014 09 h 47

    Voilà quoi??

    Vous opposez un parti politique dont vous questionnez la représentativité à un "pays" en supposant que ce dernier est un bloc monolitique où tous les citoyens sont sur la même longueur d'onde. Vous devez bien savoir que dans ce genre de démocratie, comme la nôtre, ce n'est finalement qu'un faible pourcentage de la population qui a voté pour le gouvernement en place. Allez donc tester un peu vos théories avec le peule d'Israël et lui demander s'il est totalement en accord avec cette politique de colonisation abusive qui sévit depuis tant d'années en Palestine qu'on fefuse de surcroît de reconnaître comme un État.

    • Christian Fleitz - Inscrit 29 juillet 2014 11 h 52

      Il est clair que tous les israéliens ne sont pas des ultra-nationalistes obnubilés par leurs idéologies, tant s'en faut et heureusement. Il n'empêche que l'impunité des excès sionistes, dues à la complicité des États-Unis, constitue un soutien au comportement inacceptable du fascisme des l'extrême droite israélienne qui, pour le moment, a le vent en poupe.
      Comparaison avec l'imbroglio ukrainien : des mesures ont été et continuent à être prise contre les intérêts russes. Quelles sont les mesures économiques prises à l'encontre des intérêts israéliens en réponse au refus de ce pays à respecter les dispositions exigées par l'ONU ? Est-ce de l'anti-sémitisme de penser cela ?
      J'ajouterai que les palestiniens sont aussi des sémites et que j'ai des amis juifs....