Pas de répit dans les hostilités

À Gaza, des médecins palestiniens venaient en aide à un survivant, dimanche, après qu’un tir aérien des forces israéliennes eut frappé sa maison.
Photo: Mahmud Hams Agence France-Presse À Gaza, des médecins palestiniens venaient en aide à un survivant, dimanche, après qu’un tir aérien des forces israéliennes eut frappé sa maison.

Gaza — Les hostilités ont continué dimanche dans la bande de Gaza, malgré l’annonce d’une trêve par le Hamas, l’armée israélienne ripostant à des tirs de roquettes qui ne se sont pas interrompus.

 

Les deux camps se sont mutuellement rejeté la responsabilité de la poursuite des combats en dépit des espoirs de cessez-le-feu, à la veille de la grande fête musulmane d’Aïd el-Fitr, qui marquera lundi la fin du ramadan.

 

Aux yeux du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, les combattants du Hamas « violent leur propre cessez-le-feu » en continuant à tirer des roquettes vers Israël. « Israël fera tout ce qu’il doit faire pour défendre son peuple », a-t-il répété sur les ondes de CNN. « J’espère que nous réussirons à obtenir un calme durable pour nous permettre de démilitariser Gaza », a-t-il ajouté en entrevue à CBS.

 

« Nous attendons une réponse officielle de l’ennemi », a expliqué le porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, laissant entendre que le mouvement islamiste continuerait à tirer tant qu’Israël n’aurait pas cessé ses opérations.

 

Selon l’armée israélienne, 22 roquettes de Gaza ont atterri en Israël et cinq autres ont été interceptées par la défense anti-aérienne depuis l’annonce en début d’après-midi d’une trêve par le Hamas, qui a lui-même revendiqué des tirs. Elles n’ont pas fait de victime.

 

À l’approche de la fin du ramadan, les belligérants soufflent le chaud et le froid avec des annonces successives en réponse à une demande de l’ONU de prolonger la « trêve humanitaire » observée samedi. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a de nouveau appelé dimanche soir « dans les termes les plus fermes » à étendre la trêve pour 24 heures.

  

Un cessez-le-feu « immédiat »

 

Le président des États-Unis, Barack Obama, a indiqué dimanche qu’un cessez-le-feu immédiat et sans conditions à Gaza était un « impératif stratégique », lors d’une conversation téléphonique avec le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou.

 

« Le président a clairement exprimé l’impératif stratégique de mettre en place un cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans conditions qui mette fin dès à présent aux affrontements et conduise à un arrêt permanent des hostilités », a annoncé la Maison-Blanche dans un communiqué.

 

Lors de cet appel, M. Obama a par ailleurs souligné « l’inquiétude profonde et grandissante des États-Unis concernant le nombre croissant de morts civils palestiniens et la perte de vies israéliennes, ainsi que la dégradation de la situation humanitaire à Gaza ».

 

Il a toutefois fortement condamné « les attaques du Hamas contre Israël via les tunnels et les tirs de roquettes » et réaffirmé le « droit d’Israël à se défendre ». Le président a également exprimé le soutien de son pays à l’initiative de l’Égypte.

 

Benjamin Nétanyahou, qui était invité sur plusieurs grandes chaînes américaines dimanche, a indiqué en duplex depuis Jérusalem que la seule initiative valable, aux yeux du gouvernement israélien, pour parvenir à un arrêt durable des hostilités était celle du gouvernement égyptien, après le rejet de la proposition portée par le secrétaire d’État John Kerry, jugée trop favorable au Hamas.

 

« L’initiative égyptienne est la seule qui soit en jeu », a-t-il dit sur les ondes de NBC, car elle est selon lui la seule à garantir les prérequis d’une « période durable de calme ».

 

Le président américain a aussi souligné l’importance « d’assurer la sécurité d’Israël, la protection des civils, de répondre à la crise humanitaire à Gaza et de mettre en place un cessez-le-feu durable qui permette aux Palestiniens de Gaza de vivre une vie normale et de répondre aux besoins économiques et de développement [de l’enclave] tout en renforçant l’Autorité palestinienne ».

 

Enfin, ajoute le communiqué de la Maison-Blanche, M. Obama a rappelé « qu’au final, toute solution de long terme au conflit israélo-palestinien doit assurer le désarmement de groupes terroristes et la démilitarisation de Gaza ».

 

Samedi soir, le Hamas avait rejeté la trêve que le cabinet de sécurité israélien acceptait, exigeant un retrait des soldats israéliens de la bande de Gaza, où ils sont entrés le 17 juillet.

 

Le chef du Hamas en exil Khaled Mechaal a assuré mener le combat contre des « occupants ». « Je suis prêt à coexister avec les juifs, les chrétiens, les Arabes et les non Arabes […]. Cependant, je ne coexiste pas avec des occupants », a-t-il déclaré à la chaîne américaine PBS.

 

Onze Palestiniens, dont une chrétienne, ont péri dimanche dans les frappes israéliennes, selon un bilan des services de secours locaux, sensiblement moins élevé que les précédents jours.

 

Au total, 1031 Palestiniens, des civils pour les trois-quarts selon l’ONU, sont morts depuis le début de la campagne militaire israélienne le 8 juillet, un bilan revu à la baisse après un examen approfondi des parties de corps retrouvés dans les décombres.

5 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 28 juillet 2014 05 h 22

    Bizarre !

    « Je suis prêt à coexister avec (…). Cependant, je ne coexiste pas avec des occupants » (Khaled Mechaal, chef exilé, Hamas)

    De cette « étonnante » déclaration de coexistence, avec tout le monde sauf les occupants, et sans la commenter, cette question :

    Si ce chef demeure disponible à un vivre-ensemble respectueux de la différence, et compte-tenu de ce qui se passe sur le terrain, comment expliquer, contrairement à la présidence de l’AP-OLP située et habitant en Cisjordanie, son absence à Gaza, et pourquoi ?

    Bizarre ! - 28 juillet 20#4 -

  • Rafik Boualam - Inscrit 28 juillet 2014 08 h 51

    le mensonge

    Selon la BBC, un responsable israelien a avoué que ce n'est pas le Hamas qui a commandité l'assassinat des 3 jeunes israeliens, assassinat qui a déclenché la boucherie à Gaza. Ce serait plutôt l'oeuvre de faction indépendante. D'ailleurs, l'agression israelienne a pour but d'empêcher les palestiniens de s'organiser: 1) utiliser les instruments juridiques à leur disposition par la biais de l'ONU qui reconnait maintenant l'autorité palestinienne, 2) se réconcilier entre eux, c,est vraiement la peur d'une telle chose qui motive les crimes commis par Israel.

  • Gilbert Talbot - Abonné 28 juillet 2014 08 h 54

    Oui à un cessez-le-feu inconditionnel!

    Il faut faire taire les armes, toutes les armes des deux côtés, tout de suite, si on veut qu'un dialogue de paix puisse se mettre en place.

  • Denis Chénier - Inscrit 28 juillet 2014 09 h 06

    Usurper ou ne pas usurper?

    Est-ce que le territoire convoité par les juif en Ougada aurait été moins injuste pour tout le monde ?

  • Rafik Boualam - Inscrit 28 juillet 2014 13 h 42

    Pas de justification

    Pourquoi Israel commet ses exactions dans une totale impunité. Même la Russie, puissance mondiale, subit les foudres de la communauté internationale pour ses ambitions en Ukrain. Est-ce le capital victimaire des juifs? ou leur puissant lobby? qu'importe, il s'agit de deux poids deux mesures où l'on autorise à Israel ce qu'on interdit aux autres, comme si la vie d'un palestinien n'avait aucune valeur.