Kerry appelle deux pays proches du Hamas

Ce jeune garçon était sous le choc après que des membres de sa famille eurent été blessés dans les bombardements de jeudi à Gaza.
Photo: Hatem Ali Associated Press Ce jeune garçon était sous le choc après que des membres de sa famille eurent été blessés dans les bombardements de jeudi à Gaza.

Pendant que les hostilités se poursuivaient entre Israël et le Hamas, le secrétaire d’État américain, John Kerry s’est entretenu jeudi par téléphone avec ses homologues du Qatar et de Turquie pour que ces pays, proches du Hamas, fassent pression sur leur allié palestinien pour parvenir à un cessez-le-feu à Gaza.

 

John Kerry a eu avec eux des entretiens téléphoniques depuis Le Caire, où il est revenu après une journée en Israël et dans les Territoires palestiniens, et a également appelé le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, a indiqué un responsable de son équipe.

 

Pendant ce temps, quinze Palestiniens qui avaient trouvé refuge dans une école de l’ONU ont été tués par un tir israélien, portant à 788 le bilan des morts Palestiniens au 17e jour de la nouvelle offensive israélienne sur Gaza, selon les secours. Un photographe de l’AFP a dénombré parmi les victimes les corps d’un bébé d’un an et de sa mère à la morgue de l’hôpital de Jabaliya, près de Beit Hanoun.

 

Plus tard, un bombardement aérien a tué sept personnes «pour la plupart des enfants», entre les villes de Rafah et Khan Younès, dans le sud de l’enclave palestinienne, selon M. Qodra.

 

Ces victimes portent à 93 le nombre des morts pour la seule journée de jeudi dans la bande de Gaza et à 788 morts et plus de 5000 blessés depuis le début de l’offensive israélienne sur Gaza. Ce bilan n’inclut pas plus d’une dizaine de combattants palestiniens tués après s’être infiltrés dans le sud d’Israël, depuis le début du conflit le 8 juillet.

 

La diplomatie

 

Le chef de la diplomatie américaine tente d’amener Doha et Ankara à faire pression sur le mouvement islamiste palestinien pour qu’il accepte une proposition égyptienne de cessez-le-feu qu’il a refusée en l’état, conditionnant son accord à la levée du blocus de Gaza.

 

«Pour l’instant les divergences persistent entre les deux parties, il cherche donc une formule acceptable pour les deux côtés, a affirmé tard jeudi un responsable américain ayant requis l’anonymat, mais il ne reste pas ici indéfiniment, et très prochainement il pourra déterminer s’il existe une volonté de parvenir à un accord de cessez-le-feu».

 

Le chef du Hamas, Khaled Mechaal, est installé au Qatar, tandis que le premier ministre turc, l’islamiste modéré Recep Tayyip Erdogan, a vivement critiqué l’offensive israélienne sur l’enclave palestinienne contrôlée par le Hamas ainsi que le rôle de l’Égypte dans les négociations pour une trêve.

 

Malgré le refus du Hamas de la proposition de trêve égyptienne, un haut cadre du mouvement a estimé mercredi qu’il n’était pas réaliste d’attendre une levée du blocus au moment du cessez-le-feu, appelant plutôt à un accord détaillé sur les modalités de la levée de ce blocus, en place depuis 2006.

 

De son côté, Israël, qui avait accepté le plan égyptien, a affirmé vouloir poursuivre son offensive sur l’enclave densément peuplée pour détruire les tunnels qui relient Gaza à son territoire.

 

M. Kerry a également eu un entretien téléphonique depuis Le Caire avec le ministre norvégien des Affaires étrangères, Boerge Brende, dont le pays préside le Comité de liaison ad hoc, en charge de la coordination de l’aide au développement allouée aux Palestiniens.

 

La Norvège oeuvre à l’organisation d’une nouvelle conférence de donateurs internationaux en septembre à Oslo, réclamée par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le président palestinien, Mahmoud Abbas, mais aucune décision finale n’a été prise, a affirmé le porte-parole de la diplomatie norvégienne, Frode Andersen.

 

En 2009, après l’offensive israélienne sur Gaza, des pays donateurs s’étaient réunis dans la station balnéaire égyptienne de Charm El-Cheikh et avaient promis plus de 3,2 milliards d’euros pour la reconstruction de cette enclave palestinienne pauvre et surpeuplée.Mais la majorité de l’aide financière avait été bloquée, les pays donateurs ayant refusé de transmettre ces aides au Hamas et Israël bloquant l’entrée de biens qui selon lui peuvent être utilisés pour mener des attaques.

12 commentaires
  • jean-charles chebat - Inscrit 25 juillet 2014 03 h 53

    Le bocus, le vrai.

    Le leader du Hamas, depuis son hôtel 5 étoiles de Doha au Qatar a ses exigences pour condescendre à accepter un cessez-le feu. La première est la levée du blocus.
    Si, dans nos médias il est le plus souvent question du blocus du côté d'Israël, le blocus, le vrai est celui qu'impose l'Égypte. Or, jamais le gouvernement actuel de l'Égypte ne lèvera son blocus sur Gaza, zone de refuge des terroristes islamistes qui tuent régulièrement des dizaines de soldats et de civils égyptiens.

    • Nicole Bernier - Inscrite 25 juillet 2014 07 h 35

      C'est pratique d'être du côté des vainqueurs!! C'est facile d'oublier ce qu'est la justice et les principes et droits qui devraient être respectés pour tous les peuples

      M. Chebat,
      faite un effort pour sortir de la propagande et développer une perspective historique et contemporaine du rôle des Occidentaux dans les horreurs commis par les humains... Les Américains ont souvent justifié l'indéfendable (le droit d'utiliser la bombe atomiques, de déclencher des guerres ou d'utiliser les terroristes et les extrémistes pour détruire des gouvernements qui servent les intérêts de leur peuple pour les remplacer par des dictateurs)...

      Les Américains ont soutenu, en dépassant des centaines de milliards, depuis quelques dizaines d'années
      - deux coups d'État (Égypte, Ukraine),
      - l'occupation de territoires des Palestiniens et refuser de reconnaître que le Hamas est une organisation équivalente à l'association internationale des sionistes,
      - des groupes rebelles en Syrie qui sont des extrémistes islamistes dangereux qui ont maintenant réussi à s'installer aussi en Iraq,
      - un gouvernement afghan qui a refusé de représenter tous ses citoyens et
      - déclencher une guerre en Iraq
      - etc.

      Des décisions qui ont blessés, tués et provoqués le déplacement de millions des personnes et maintenant, il demande l'aide du Qatar et de la Turquie pour les soutenir contre les Palestiniens.
      Alors que les Américains ne font rien pour protéger les journalistes qui font du bon travail en rapportant différents points de vue (qui ne font pas de la propagande) et que le gouvernement égyptien a interné des milliers de manifestants pacifiques qui réclamaient le respect des résultats électoraux, sans compter les manifestants tués… maintenant le Hamas devrait faire confiance aux Égyptiens, aux Américains qui soutiennent les Israéliens qui ont aussi refusé de reconnaître les résultats des élections supervisées par la communauté internationale

    • Pierre Vincent - Inscrit 25 juillet 2014 08 h 02

      Il ne faut pas oublier que le gouvernement égyptien, c'est l'armée qui a pris le pouvoir illégalement lors d'un coup d'état. Et l'État d'Israel occupe illégalement des territoires palestiniens. Et les États-Unis ont envahi illégalement l'Irak, également. Alors avant de parler de terrorisme, chacun devrait se regarder le nombril...

  • Josette Allard - Inscrite 25 juillet 2014 03 h 59

    Kerry

    Qu'il lâche le téléphone. Le problème vient du soutien indéfectible des USA à Israël.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 25 juillet 2014 06 h 49

    Comment et pourquoi ?

    « John Kerry a eu avec eux des entretiens téléphoniques depuis Le Caire » (AFP)

    De ces entretiens avec le Qatar et la Turquie, deux pays favorables au Hamas gouvernant la Bande de Gaza avec douceur ou délicatesse (?), et pendant qu’Israël accueille sa dixième présidence (1), Reuven Rivlin, il est à espérer des attitudes conséquentes et responsables susceptibles de paix durable entre les autorités impliquées.

    Cependant, aussi, et sans rêver en couleurs, ce questionnement :

    Bien qu’elle soit intensément sollicitée et disputée par plusieurs, cette paix peut-elle être-exister sans l’apport de justice mutuelle, capable de conscience, de respect et de réciprocité citoyenne, démocratiques ?

    Comment et pourquoi oserait-elle s’affirmer si la Communauté internationale (sauf exception) méconnait, du présent dossier, le rôle et place des entités ciblées, notamment du traitement diplomatique, médiatique ?

    Comment, si on donne cette impression que le Hamas et Israël seraient sur le même pied, et ce, en matière de Gouvernance d’État ?

    Comment et pourquoi ? - 25 juillet 2014 -


    1 : http://www.liberation.fr/monde/2014/07/24/israel-l

  • Richard Bérubé - Inscrit 25 juillet 2014 06 h 53

    Tellement d'hypocrisie!

    Il y a tellement d'hypocrisie dans cette diplomatie américaine et occidentale, que les seuls à profiter de ces voyages entre capitales nationales sont les compagnies qui vendent le ''jet fuel''. Le seul véritable objectif est d'éliminer le peuple palestinien...s'il y avait eu la moindre intention de justice, cela ferait longtemps qu'Israel aurait pris sont trou. De toute façon les vrais décideurs sont les banquiers (Rothschild) et eux n'ont rien à foutre de tous ces arabes....ils sont sionistes....ont leurs plans....et se servent des israéliens pour faire leur sale boulot....pensez-y bien...Israel sont 6-7 millions et font suer tout le monde, et le reste de la population mondial près de 8 milliards. Je le répète, c'est un géniocide continuel, autorisé, et tolèré....

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 25 juillet 2014 07 h 23

    Mise au point

    Israël fait la guerre à la Palestine. Le Hamas défend la Palestine comme l'armée israélienne défend Israël.

    Parler «d'hostilités» entre Israël et le Hamas, c'est oublier que le peuple palestinien appuie le Hamas, comme le peuple israélien appuie leur armée.

    La grosse différence, c'est l'appui à Israël des ÉUA et du lobby juif international, contre l'appui, o combien scandaleusement faible, des pays arabes à leurs frères palestiniens.