Les compagnies aériennes évitent l’aéroport de Tel-Aviv

Des voyageurs en attente à l’aéroport John F. Kennedy de New York mardi. Les vols à destination de Tel-Aviv ont été annulés.
Photo: Eric Thayer/Getty Images/AFP Des voyageurs en attente à l’aéroport John F. Kennedy de New York mardi. Les vols à destination de Tel-Aviv ont été annulés.

Pour la première fois en un quart de siècle, les principales compagnies aériennes mondiales ont décidé d’éviter l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv pour une durée de 24 heures, car une roquette du Hamas a atterri non loin de là. Une situation qui pourrait désormais se produire plus souvent, vu la situation géopolitique mondiale, estiment certains.

 

L’Agence fédérale américaine de l’aviation (FAA) a décidé mardi d’interdire pour une durée de 24 heures aux compagnies américaines d’atterrir ou de décoller de Ben Gourion. Une décision qui a eu des répercussions mondiales : Air Canada a décidé de ne plus laisser ses avions décoller ou atterrir de cet aéroport et l’Agence européenne de la sécurité aérienne a aussi recommandé aux compagnies de l’éviter.

 

C’est la première fois depuis la guerre du Golfe (1990-1991) que de telles mesures touchent Israël. À l’époque, l’Irak avait décidé de tirer des missiles balistiques en direction de l’État hébreu.

 

Le consul général israélien à Montréal se veut rassurant. « C’est une mesure automatique de l’autorité fédérale américaine de l’aviation civile, lorsqu’un missile tombe à moins d’un mille [moins de deux kilomètres] de cet aéroport, ils ordonnent à leurs compagnies aériennes d’arrêter les vols pour 24 heures vers cette destination », explique Joel Lion, qui est aussi le représentant d’Israël à l’Organisation de l’aviation civile internationale, dont le siège est à Montréal.

 

« Pendant ces 24 heures, le pays doit montrer les mesures de sûreté et de sécurité qu’il possède », dit M. Lion. Ce dernier ne doute pas que son pays pourra prouver qu’il a mis en place des dispositifs nécessaires pour assurer la sécurité de l’aéroport, citant par exemple le « dôme de fer » israélien, le système antimissile qui permet d’intercepter en vol les roquettes.

 

Les experts américains de la FAA rencontreront les responsables de l’aviation civile israélienne pour déterminer s’ils reconduiront leur décision mercredi.

 

Contrairement au diplomate israélien, Jean Lapointe, expert en aviation civile, n’est pas surpris de la décision des compagnies aériennes. « Lorsque ça fait moins d’une semaine qu’un avion civil a été abattu par des militaires, c’est normal que, s’il y a le moindre doute quant à la sécurité de l’aéroport de Ben Gourion, on prenne 24 heures de pause », explique-t-il, en faisant référence à l’accident de l’avion de la Malaysia Airlines en Ukraine.

 

Les mentalités risquent de changer et de telles mesures pourraient être mises en place plus souvent qu’avant, estime M. Lapointe, qui est aussi commandant de bord. « On aura eu l’après-11-Septembre et là, on aura l’après-MH17. Maintenant, du fait que des militaires et des paramilitaires sont capables de mettre la main sur de tels équipements […] je pense que oui, les gestionnaires vont prendre des décisions beaucoup plus radicales même si on doit détourner les corridors aériens de leurs routes les plus rapides », explique-t-il.

 

Les États-Unis estiment qu’un système sophistiqué de lance-roquettes russe a été utilisé la semaine dernière pour détruire l’avion malaisien. De leur côté, les roquettes et les missiles du Hamas sont capables d’atteindre des cibles toujours un peu plus loin en territoire israélien.

 

D’autres organisations ont en leur possession des systèmes de lance-roquettes. C’est le cas des djihadistes de l’État islamique (EI). Sur un compte Twitter proche de l’EI en Syrie, les djihadistes se sont d’ailleurs vantés lundi d’avoir capturé un camion équipé d’un lance-roquettes.

 

Décision coûteuse

 

Du côté d’Air Canada, le vol de lundi soir en partance de Toronto pour Tel-Aviv a été annulé. Le vol de retour en provenance de Ben Gourion prévu pour mercredi a aussi été annulé. Air Canada réévaluera sa décision mercredi.

 

La situation risque de coûter des dizaines de milliers de dollars aux compagnies aériennes, mais aussi à l’économie israélienne. Le quotidien israélien Haartez estime aussi qu’elle laissera un impact psychologique en Israël.

 

La décision des compagnies a d’ailleurs fait grincer des dents en Israël, certains estimant qu’il s’agissait là d’une victoire pour le Hamas. Lors d’une conférence de presse, le général israélien à la retraite Ephraim Sneh a estimé que le Hamas venait de réaliser un de ses rêves en « déconnectant Israël du monde extérieur », rapporte le New York Times.

 

Benjamin Nétanyahou « a parlé mardi soir avec le secrétaire d’État américain, John Kerry, et lui a demandé d’agir pour rétablir les vols des compagnies américaines vers Israël », rapporte l’Agence France-Presse.

 

Mais M. Kerry a affirmé par téléphone à M. Nétanyahou que cette interdiction était simplement motivée par la protection des citoyens américains.

 

Pour la première fois en 25 ans, les principales compagnies aériennes ont décidé d’éviter l’aéroport Ben Gourion.


 
12 commentaires
  • Guy Vanier - Inscrit 23 juillet 2014 04 h 52

    Surprise!

    Qui veux aller en avion près de là maintenant? Pas moi c'est certain, même gratuitement!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 23 juillet 2014 05 h 56

    Voilà !

    « déconnectant Israël du monde extérieur » (Ephraim Sneh, général israélien, retraité)

    Si, de cette citation, certaines autorités cherchent, de stratégie complaisante ou jalouse, à couper la communication d’Israël d’avec le monde de l’extérieur, que souhaiter de plus que son rétablissement immédiat ! ?

    Comment ?

    Simplement à faire comme ÇA !

    Voilà ! - 23 juillet 2014 -

  • Rafik Boualam - Inscrit 23 juillet 2014 06 h 28

    Avenir

    Un semblant d 'exemple de de que pourrait être de vraies pressions sur Israël.

  • Richard Bérubé - Inscrit 23 juillet 2014 07 h 07

    Qu'Israel paie de temps en temps pour ses affres!

    Bien que la décision d'interdire les vols à partir et à destination de Tel-Aviv soit de nature sécuritaire, il ne fait aucun doute à mon avis que toutes les compagnies étrangères devraient boycotter Israel pour les crimes contre l'humanité qu'elle commet depuis sa création. Étant donné que de rarissmes chefs d'état en poste osent critiquer Israel pour ses agissements sauvages et criminels il est grand temps que le reste des décideurs eux agissent de concert avec l'oppositon pour arrêter cet état délinquant. D'ailleurs il y a une pétition parrainée par l'organisation AVAAZ qui circule sur le web préconisant le retrait des compagnies étrangères faisant affaire en Israel en raison de ses agissements. Il est permis vous savez de se faire une idée sur une situation donnée qui soit différente de celles de nos élus, qui dans le cas qui nous préoccupe semble être très biaisée, partiale, et démontre que nos chers politiciens fédéraux (conservateurs, et libéraux) seraient tributaires du lobby juif et israelien. Comme le disait ce matin un lecteur d'un journal concurrant il faudra bien qu'Israel paie pour ses crimes contre l'umanité, et comment seront jugés par l'histoire nos hommes d'état reste à déterminer. Il est inconcevable que tous ces politiciens soient aveuglés par Israel. Aux USA cela se comprend peut-être plus car une majorité des élus fédéraux ont droit à des vacances payées par Israel pour un voyage en terre sainte, en serait-il de même ici. Mais il y a aussi des retours d'ascenseurs, tel qu'au parti libéral du Canada le directeur des finances de Justin Trudeau est un membre de la famille Bronfman, ardente partenaire d'Israel, Mulcair lui est je crois député du comté d'Outremont, et les conservateurs doivent d'après mon humble opinion être les laquais du gouvernement Israelien. En tout cas le Pape a refusé de dire la messe en Israel et le faire en Palestine, un premier pas.

    • Jacques Moreau - Inscrit 23 juillet 2014 22 h 19

      Et qu'est-ce que vous proposez que Israël fasse? Se laisser bombarber comme bon plaît aux Palestiniens et le Hamas? Retourner dans des camps de concentrations du genre Auschwitz et Buchenwald? Je sympathise avec les pauvres Palestiniens qui subissent les réprésailles des Israëliens parce qu'ils ont des dirigeants plus intéressé à partir des guerres qu'ils ne peuvent gagner. Je crois que les Allemands de Berlin et Dresden ou les Japonais de Tokyo ont aussi été bombardés, et je ne me souviens pas d'avoir entendue des canadiens critiquer les Alliés pour ces "attrocités" contre de paisibles civils, dans ces annés là.

    • Richard Bérubé - Inscrit 24 juillet 2014 06 h 14

      Monsieur Moreau, la situation est très différente de ce que vous dites...La Palestine a été volée aux palestiniens...les seuls juifs qui ont droit de citoyens sont ceux qui y habitaient avant 1948, qui y sont nés et non tous ceux qui y immigrés pour créer Israel....que ceux qui y ont immigré retournent dans leur pays d'origine....exemple le juif né au Canada est canadien non israélien...c'est pas dure à comprendre il me semble...et que les occidentaux arrêtent de tout vouloir contrôler dans le monde...mauvaise comparaison comme tout, on accuse Poutin de tous les maux mais qui est derrière ces mêmes maux....devinez..

    • Jacques Moreau - Inscrit 25 juillet 2014 02 h 30

      Tout à fait vrai M. R. Bérubé, une situation différente. La Palestine "a été volée au Palestiniens". Comment? Et pourquoi les Nation-Unis ont-elles permis ce "vol"? J'ai plutôt l'impression que les juifs, retournant en Palestine ont utilisé leurs fortunes pour acquérir des fermes et des terrains, puis ont utilisé leur majorité pour se former un pays dans les terres qui étaient habiter par leur lointains ancêtres avant que les Turques ne crée l'empire Ottoman. À quelque part dans l'histoire de notre monde, les juifs furent persécutés et depossédé de leur patrie, avant de s'exiler un peu partout à travers le monde. Vers la fin des années 1890, certain juifs avaient commencé le retour en Palestine. L'après 2ième GG, a amené l'immigration juif massive en Palestine, pour des raisons qu'on connait bien.

  • Guy Agin - Inscrit 23 juillet 2014 10 h 22

    F-16

    La vrai raison de cette interdiction est que les brigades Qassams viennent d'abattre un F-16 juif, grâce à un missile sol-air, dans la région de Deir-al-Balah. Les compagnies et les gouvernements occidentaux ne veulent pas d'une répétition de ce qui vient de se passer en Ukraine, où un boeing vient d'être abattu par "erreur" par un missile du même type. Il ne faut pas s'attendre toutefois à ce que cette information soit relayée dans les médias occidentaux.