Gaza toujours à feu et à sang

La douleur est vive dans les familles palestiniennes qui ont perdu des leurs.
Photo: Mohammed Abed Agence France-Presse La douleur est vive dans les familles palestiniennes qui ont perdu des leurs.

L’offensive israélienne dans la bande de Gaza se poursuivait sans relâche mardi, malgré les 620 Palestiniens et 29 Israéliens tués en 15 jours du conflit et l’appel ferme du secrétaire général de l’ONU à «arrêter de combattre».

 

Ce cinquième conflit à Gaza en moins de dix ans est le plus sanglant depuis 2009, et l’armée israélienne, qui est en deuil de 27 soldats, n’avait pas perdu autant d’hommes depuis la guerre de 2006 contre le Hezbollah libanais.

 

Après une visite en Égypte, médiateur traditionnel avec le Hamas, le secrétaire-général de l’ONU, Ban Ki-moon, a réclamé à Tel-Aviv l’arrêt des hostilités, debout à côté du premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou.

 

«Mon message aux Israéliens et aux Palestiniens est le même: Arrêtez de combattre, commencez à parler. Traitez à la racine les causes du conflit», a-t-il souligné. M. Ban a appelé à cesser immédiatement les tirs de roquettes sur Israël qui de son côté doit faire preuve d’une retenue maximum et à agir pour que les Palestiniens «ne ressentent plus le besoin de recourir à la violence».

 

M. Nétanyahou est resté sur ses positions, appelant la communauté internationale à considérer le Hamas comme le seul responsable du bain de sang: «La population de Gaza est la victime du régime brutal du Hamas».

 
D'autres frappes
 

Sur le terrain, les frappes israéliennes ne faiblissaient pas mardi. Selon les secours palestiniens, le bilan a atteint 620 morts, soit une quarantaine de victimes de plus que lundi, un chiffre difficile à vérifier compte-tenu du chaos régnant à Gaza où des corps de personnes décédées les jours précédents continuent d’être retrouvés dans les décombres en plus des dépouilles de Palestiniens tués mardi.

 

Parmi les nouvelles victimes, au moins neuf femmes ont été dénombrées, dont l’une enceinte, ainsi qu’une fillette de quatre ans. Quelque 3700 personnes ont été blessées et 100000 déplacés ont trouvé refuge auprès de l’ONU.

 

Côté israélien, depuis le début des hostilités, quelque .600 impacts de roquettes ont été comptabilisés, et environ 400 autres projectiles ont été détruits en vol. Des combattants du Hamas, passant par leurs tunnels, parfois revêtus d’uniformes israéliens, ont aussi porté le combat sur le sol d’Israël à plusieurs reprises depuis jeudi.

 

Au quinzième jour des opérations, des quartiers entiers de Gaza paraissaient annihilés, en particulier Chajaya où les frappes ont fait au moins 70 morts dimanche.

 

Face à l’ampleur des dégâts, les Palestiniens ont dénoncé un «crime de guerre», l’ONU une action «atroce» et des ONG ont réclamé «une enquête internationale indépendante», à l’instar d’Amnesty international.

 

L’armée israélienne a fait état de 183 «terroristes» tués depuis le 17 juillet, mais elle enregistre aussi des pertes dans ce qui était à l’origine une campagne aérienne lancée le 8 juillet, mais qui s’est muée jeudi en opération terrestre.

 

La diplomatie s’active

 

Les efforts diplomatiques doivent encore se poursuivre dans les prochains jours pour arracher une trêve. Ban Ki-moon doit venir à Jérusalem mercrediet le secrétaire d’État américain, John Kerry, est attendu en Israël. Ce dernier était encore au Caire mardi soir pour des consultations sur une trêve dans l’enclave palestinienne où s’entassent 1,8 millions d’habitants.

 

Pour sa part, un responsable du Fatah a indiqué mardi que les discussions se poursuivaient avec le Hamas en vue de parvenir à un cessez-le-feu avec Israël , précisant que les deux parties avaient refusé une trêve humanitaire.

 

Azzam al-Ahmed, un conseiller du président palestinien, Mahmoud Abbas, a atterri de nouveau au Caire mardi, où il pourrait rencontrer John Kerry.

 

Mahmoud Abbas et le chef du Hamas, Khaled Mechaal,pelé à la fin de «l’agression israélienne» contre la bande de Gaza et la levée du blocus.

 

M. Ahmed a indiqué que l’Autorité palestinienne avait recommandé que la proposition égyptienne prévoie cinq jours de négociations après un cessez-le-feu.

 

Néanmoins, a-t-il ajouté, «le Hamas campe toujours sur ses positions. Mais nous avons accepté de continuer à communiquer avec eux, de sorte que nous pourrons peut-être nous mettre d’accord sur un texte final».

 

L’Égypte, voisine de l’Etat hébreu et de l’enclave palestinienne sous blocus, a longtemps été le médiateur traditionnel dans les conflits entre Israël et le Hamas. Mais la situation est désormais plus compliquée, car le Hamas a été interdit en mars en Égypte, les autorités du Caire le considérant comme un allié des Frères musulmans de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l’armée il y a un an, et qui ont été déclarés «organisation terroriste».

 

Les autorités égyptiennes ont refusé tout amendement à leur plan prévoyant un cessez-le-feu avant l’ouverture de négociations indirectes. Des responsables américains qui accompagnaient M. Kerry ont cependant indiqué qu’il n’était pas exclu de modifier la proposition égyptienne pour lui rallier le Hamas.

9 commentaires
  • jean-charles chebat - Inscrit 23 juillet 2014 04 h 37

    Pourquoi ce silence?

    Pourquoi ne rapportez-vous dans Le Devoir (idem pour La Presse ou Radio-Canada) la prise de position des Européens? Madame Ashton, la ministre des Affaires étrangères de l'Union européenne exige le désarmement du Hamas et de ses alliés terroristes de Gaza. Elle dénonce avec vigueur l'utilisation répugnante que font ces groupes terroristes des civils de Gaza comme boucliers humains, ce qui explique une bonne part des victimes civiles.
    Cela n'a pas d'intérêt pour vos lecteurs?

    • Bernard Dupuis - Abonné 23 juillet 2014 18 h 23

      Pauvre monsieur! Vous ne réussirez pas à détourner notre attention des multiples meurtres perpétrés par les Israéliens à l'endroit de Palestiniens musulmans. Ce n'est pas parce que le Hamas se sert des civils comme boucliers humains que cela donne le droit aux Israéliens armés jusqu'aux dents d'en profiter pour faire du nettoyage ethnique et religieux dans ce camp de concentration que fut Gaza.

      Que sont devenus les ardents défenseurs canadiens des musulmans, de leurs mosquées et de leurs signes religieux ostentatoires?

      Bernard Dupuis, Berthierville, juillet 2014

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 23 juillet 2014 04 h 52

    … d’Israël !

    «Traitez à la racine les causes du conflit» (Ban Ki-moon, secrétaire-général, ONU)

    Bien sûr que oui, et ce, en faveur de ces quelques considérations :

    1 Bien que les causes soient difficiles à nuancer (causes prétextuelles, contextuelles … !), leur racine relève d’origine similaire ;

    2 Bien qu’il existe plusieurs manières de faire autrement, se combattre pourrait comme, aussi, constituer une des étapes à franchir, et ce, pendant que la paix tarde à se réaliser, et ;

    3 Bien qu’activement les positions respectives demeurent « campées », et dont certaines d’entre elles apparaissent douteuses ou inconfortables sur les plans de la diplomatie humanitaire possibles, l’ONU est comme aussi invitée à présenter des exemples de paix, notamment tant envers et surtout le Hamas qu’à l’endroit …

    … d’Israël ! - 23 juillet 2014 –

  • Gilbert Talbot - Abonné 23 juillet 2014 05 h 12

    Cessez-le-feu!

    Il faut ecouter le secretaire general de l"ONU, Ban-Qi-Moon et cessez-le-feu immediatement des deux cotes, pour que les discussions de paix puissent ensuite etre entreprise. Malheureusement, cette voix de la raison ne s"entend plus dans l"enfer du bruit des bombes, des blesses et des morts qui hurlent vengeance. La loi du tallion finira par tuer les deux ennemis, si on ne rompt pas immediatement le cercle vicieux des vendettas.

  • Bernard Dupuis - Abonné 23 juillet 2014 09 h 03

    Les Occitentaux pris à leur propre piège.

    Les Américains et la communauté internationale se voient pris à son propre jeu. Ceux-ci, dans leur grande naïveté au lendemain de la guerre, étaient loin de se douter qu’en contribuant à armer Israël jusqu’aux dents, ils allaient créer un rapport de force tellement favorable à Israël que ce dernier allait s’en servir sans aucune retenue contre ses voisins, même les plus vulnérables. Israël pouvait poursuivre sans complexes son expansion par colonies de peuplement, sa destruction des maisons et de terres palestiniennes, déposséder tout un peuple, créer des camps de concentration comme Gaza et y semer la mort sans vergogne.

    De plus, John Kerry qui ne semble pas avoir perdu toute forme de conscience morale est obligé de négocier l’impossible. En effet, comment négocier un cesser le feu avec quelqu’un rendu paranoïaque et schizophrénique par des traumatismes passés lors du dernier conflit mondial. Pas facile de négocier avec quelqu’un pour qui les valeurs sont inversées : le mal c’est le bien, le meurtrier multiple c’est la victime, l’horreur c’est le plaisir, le faux c’est le vrai. L’occident n’est plus en mesure de contrôler le monstre qu’il a créé, car celui-ci a perdu toute forme de conscience morale et peut imposer sa volonté par la force.

    Les Occidentaux, sauf le Canada, se rendent compte maintenant de leur erreur en appuyant Israël inconditionnellement. Pour le moment, ce sont les Palestiniens musulmans qui en paient le prix. Comment de telles horreurs peuvent-elles rester sans conséquence pour l’occident?

    Bernard Dupuis, Berthierville, juillet 2014.

    • Jean-Marc Tremblay - Abonné 23 juillet 2014 18 h 26

      Excellente réflexion.

  • Denis Chénier - Inscrit 23 juillet 2014 09 h 43

    Y en a marre!

    Le droit à la paix de communauté internationale a précéance sur le droit d'Israël à faire la guerre pour se défendre d'avoir à expliquer ses gestes de crimes contre l'humanité.
    Même les résolutions de l'ONU ne sont pas respectées.
    Pourquoi donne -t-on le nombres de roquettes lancées ou détruites au sol et pas le nombre d'obus tirés par les fauves en place?