Trois villes israéliennes sont la cible de tirs de roquettes

Des frappes de l’aviation israélienne ont frappé Gaza mardi, tuant une quinzaine de personnes.
Photo: Agence France-Presse Des frappes de l’aviation israélienne ont frappé Gaza mardi, tuant une quinzaine de personnes.
La violence est encore montée d’un cran mardi alors que plusieurs villes israéliennes ont été en soirée la cible de tirs de roquettes après une journée marquée par plusieurs raids aériens de l’armée israélienne qui ont fait une quinzaine de morts dans la bande de Gaza.

Trois violentes explosions ont ainsi secoué Jérusalem, peu après que les sirènes eurent retenti dans la ville, la branche armée du mouvement palestinien Hamas revendiquant plusieurs tirs de roquettes contre la ville. Les sirènes ont retenti aux alentours vers 22h, puis au moins quatre éclairs ont déchiré le ciel dans le sud-ouest de Jérusalem au moment où se sont produites les explosions.

Outre Jérusalem, Tel-Aviv et Haïfa ont essuyé des tirs de roquettes revendiqués par les Brigades Ezzedine al-Qassam. « Pour la première fois, les Brigades Qassam ont frappé Haïfa avec une roquette R160, Jérusalem occupée avec quatre roquettes M75 et Tel-Aviv avec quatre roquettes M75 », ont affirmé les brigades dans un communiqué.

C’est la première fois depuis le conflit de novembre 2012 entre le Hamas et Israël que des activistes basés à Gaza tirent des roquettes contre Jérusalem.

Plus tôt dans la soirée, les sirènes d’alerte avaient retenti à Tel-Aviv, à 60 kilomètres au nord de Gaza, avant qu’une roquette ne soit interceptée par le système de défense antimissile Iron Dome, selon l’armée. Des sirènes ont aussi été entendues au nord de Tel-Aviv.

Les autorités israéliennes ont ouvert tous les abris antiaériens à Tel-Aviv et à Jérusalem, à portée de tirs du Hamas à Gaza.

Pour sa part, l’armée israélienne a lancé dans la nuit de lundi à mardi une vaste offensive aérienne contre la bande de Gaza, et s’est dit prête à une attaque terrestre. Une quinzaine de Palestiniens, dont un enfant et trois adolescents, ont été tués mardi dans les raids aériens israéliens sur l’enclave palestinienne et plus d’une centaine d’autres blessés.

Parallèlement, les tirs de roquettes se sont parallèlement multipliés, l’armée israélienne ayant fait état, depuis lundi minuit, de plus de 130 roquettes sans faire de blessé depuis le territoire palestinien contre le sud d’Israël, dont 23 auraient été interceptées par la défense antimissiles. En outre, les forces israéliennes ont tué mardi sur son sol plusieurs activistes palestiniens armés arrivés de Gaza par la mer, a annoncé une source israélienne au sein des services de sécurité.

La frappe israélienne la plus meurtrière a ciblé en début d’après-midi une maison à Khan Younès, dans le sud de l’enclave palestinienne, faisant sept morts, dont deux adolescents, et 25 blessés, a indiqué le porte-parole des services d’urgences Ashraf al-Qodra.

Selon des témoins, un drone a lancé une fusée éclairante en signe d’avertissement. Pour tenter de dissuader l’aviation de viser la maison, des proches et des voisins se sont alors rassemblés dans le bâtiment, mais peu après, un avion F-16 a tiré un missile qui l’a démoli.

Des frappes ont aussi tué un adolescent de 16 ans à l’ouest de Gaza et un autre Palestinien se déplaçant à bord d’un triporteur dans le nord du territoire. Quelques heures plus tôt, trois personnes avaient été tuées dans un raid aérien ayant visé une voiture civile dans un quartier du centre-ville de Gaza, a indiqué M. Al-Qodra.

Des membres des familles des victimes ont indiqué qu’ils étaient tous militants du Hamas, identifiant l’un d’eux comme Mohammed Shaaban, 32 ans, un haut commandant des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas. Il était aussi selon eux le responsable des opérations navales du groupe.

Selon l’armée israélienne, depuis lundi soir, 50 roquettes ont été tirées depuis le territoire palestinien contre le sud d’Israël, tandis que l’aviation israélienne a visé 150 « sites terroristes » à Gaza.

Un haut responsable israélien a affirmé que l’armée était prête à toutes les options, y compris à une offensive terrestre, pour stopper les tirs de roquettes.
5 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 9 juillet 2014 05 h 37

    Qu’ajouter si, si et si ?

    « La violence est encore montée d’un cran mardi alors que … » (AFP, Jérusalem)

    De cette violence qui augmente, il est à souhaiter un cessez-le-feu inévitable et responsable entre les autorités concernées ou impliquées dans cet escalade … d’enfer audacieux, provoqué, gênant ; un arrêt permanent des hostilités, et ce, moyennant des mesures de paix susceptibles de !

    De ce souhait, cependant, qu’ajouter si, de bonne foi, les positions demeurent irréconciliables ou réputées véhiculer des conditions de sécurité limites ?

    Qu’ajouter si, si et si ? - 9 juillet 2014 -

  • Denis Paquette - Abonné 9 juillet 2014 06 h 49

    Un chaos encore plus grand

    il est souvent tellement plus facile d'utiliser les armes que de négocier, est ce, ce que nous voulons, Sommes nous si peut concernés, que nous pouvons laisser les militaires décider, est ce pour ca que nous avons créer Israel, ne sommes nous pas en train de créer un cahos, encore plus grand

  • Yannick Cornet - Inscrit 9 juillet 2014 09 h 52

    La faute aux roquettes? Ou à l'état d'apartheid?

    C'en est fatiguant à la fin. Pourquoi les méchants Gazaiens s'évertuent à toujours envoyer des roquettes sur les gentils Israéliens à côté?

    Ce qui est surtout fatiguant, ce sont les soixantes années de répression, d'annexion progressive, de colonization (déclarée illégale selong la Convention de Genève), et plus récemment, de ségrégation entre Juifs et non-Juifs jusque dans les lois (particulièrement en ce qui a trait aux permis de bâtir) et infrastructures (avec le mur), ce qui équivaut, il faut le dire haut et clair, non à l'image de 'l'unique démocratie au moyen orient' comme le clame Israël, mais bien à un état d'apartheid.

    Un territoire ou tous les besoins humains fondamentaux sont systématiquement refoulés ne peut être durable (se réferrer à Manfred Max-Neef). Il est temps d'imposer à Israël de s'engager de manière constructive et respectueuse envers son principal voisin, de cesser la colonization, de transférer le contrôle de la zone C de la Cisjordanie aux Palestiniens, et finalement et surtout, de leur donner leur droit fondamental à l'auto-détermination.

    Qu'on dise que les Palestiniens ne ratent jamais leur chance de rater leur chance ne change rien, la balle est dans le camps du plus fort.

    • Michaël Lessard - Abonné 9 juillet 2014 13 h 34

      Vous avez oublié le blocus de Gaza.
      J'en profite pour partager quelques informations.

      Un blocus est, par définition, imposé par la force armée. Ce qu'il y a de merveilleux des blocus aujourd'hui, c'est qu'ils sont des armes de destruction massive, mais silencieuses et surnoises, dont personne ne parle. Une population soumise à un blocus n'a pas le choix de lutter et de tenter de combattre, mais le blocus étant une arme invisible (dans les médias en tout cas), on trouvera le tour de blâmer les gens pris au piège.

      Je comprends que les roquettes de Gaza sont inacceptables, voire même des crimes de guerre (lire: ciblent des villages au hasard et non des cibles militaires), sauf que le blocus et les bombardements tuent mille fois plus de gens* et font souffrir environ un million de personnes.


      * En 2009, les bombardements de Gaza ont tué environ 1400 personnes (77% NON-combattants) et seulement 3 Israélien-nes sont décédés des roquettes lancés à cette même période.

      Entre 2001 et 2012, les roquettes de Gaza ont tué 64 personnes, soit une moyenne de cinq par années. Or, Israël a tué 1400 personnes en seulement deux semaines en 2009. Des personnes non armées (Palestiniennes) sont tuées de temps à autre autour de la frontière de Gaza. Le nombre total de Palestinien-nes tués entre 2001 et 2012 est difficile à compter avec précision. À l'inverse, on connaît le nombre exacte de décès du côté israélien (voir Wikipedia en anglais. Désolé, les versions francophones sont nettement inférieures en information).

      J'ingore ici les « détentions administratives » (sans accusation ni procès, dont des Palestiniens non violents et des enfants), la torture systématique pour certains prisonniers, etc.

  • Rafik Boualam - Inscrit 10 juillet 2014 15 h 41

    tout à fait

    Au blocus, il faut ajouter les humiliations quotidiennes exercées par les militaires et les colons et destinées à saper le morale des occupés, et les détruire, vieille stratégie de colons. Certes, on ne peut pas parler de génocide au sens traditionnel du mot, mais peut-on parler de génocide à dose homéopatique?