Le Yémen vote pour interdire les attaques de drones

Un Predator B à la Naval Air Station de Corpus Christi, au Texas. Plusieurs organisations ont réclamé la fin des raids menés par des drones américains, dénonçant le nombre important de victimes civiles.
Photo: Eric Gay Associated Press Un Predator B à la Naval Air Station de Corpus Christi, au Texas. Plusieurs organisations ont réclamé la fin des raids menés par des drones américains, dénonçant le nombre important de victimes civiles.

Sanaa — Le Parlement yéménite a voté dimanche soir une loi interdisant les attaques de drone après un raid controversé qui a fait des victimes civiles jeudi.

 

« Les élus du peuple ont voté pour l’interdiction des raids des drones au Yémen », a indiqué l’agence officielle Saba en rendant compte d’une réunion ordinaire du Parlement.

 

Les députés ont souligné, selon l’agence, « l’importance de mettre les citoyens à l’abri de toute agression » et celle de « maintenir la souveraineté de l’espace aérien yéménite ».

 

Un raid de drone mené jeudi a fait 17 morts, principalement des civils, dans le centre du Yémen et déclenché de vastes protestations.

 

La Haute Commission de la sécurité au Yémen a affirmé tard vendredi que ce raid visait des membres présumés d’al-Qaïda.

 

Des proches de civils tués par la frappe ont réclamé samedi la fin des raids de drones américains. « Si le gouvernement ne parvient pas à empêcher les aéronefs américains de […] bombarder la population du Yémen, alors il n’a aucun pouvoir sur nous », avait lancé à l’AFP un chef tribal à Rada où l’attaque s’est produite, Ahmad al-Salmani.

 

Au même moment, des centaines d’hommes armés de la puissante tribu des Qayfah, dont nombre de victimes du raid étaient issues, bloquaient la route entre Rada et Sanaa, qui relie la capitale à plusieurs régions du sud du pays.

 

Les protestataires ont levé leur blocage samedi soir, après un accord avec le commandement régional de l’armée sur la compensation des familles des victimes.

 

Selon un responsable local, les médiateurs ayant finalisé l’accord, sont allés à Sanaa présenter les revendications des protestataires : la fin des frappes de drone et « une compensation financière et morale ».

 

Des manifestants avaient déjà bloqué cette route vendredi pendant les funérailles de 13 membres d’une même famille, présentés comme étant tous des civils.

 

Les États-Unis sont le seul pays à disposer de drones dans la région. Plusieurs organisations ont réclamé la fin des raids menés par des drones, dénonçant le nombre important de victimes civiles.

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