Syrie - Les Kurdes chassent les djihadistes de 19 localités du Nord-Est

Les combattants kurdes se sont emparés durant le week-end de 19 localités de la province de Hassaka, dans le nord-est de la Syrie, qui étaient tenues par les djihadistes et les rebelles islamistes.

 

Les membres du Comités de protection du peuple (YPJ, principale milice kurde en Syrie) ont pris aux djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) et du Front al-Nosra ainsi qu’à des rebelles islamistes « 13 villages sur la route reliant la ville de Ras al-Aïn à Hassaka et à Tall Tamer, entre dimanche et lundi », d’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

 

« Depuis samedi, un total de 19 localités sont tombées aux mains des combattants kurdes », a ajouté cette ONG. « Les jihadistes sont en train de regrouper des combattants pour reprendre les terrains perdus », a ajouté l’Observatoire.

 

Il y a une semaine, dans l’est de la Syrie, les combattants kurdes avaient conquis un poste-frontière avec l’Irak, un lieu de transit important pour les hommes et les munitions contrôlé jusqu’alors par des jihadistes.

 

Depuis plusieurs mois, djihadistes et Kurdes se disputent le contrôle du nord-est de la Syrie, riche en pétrole et grenier à blé du pays. Dans un conflit où l’opposition est de plus en plus atomisée, les Kurdes défendent avant tout leur territoire, d’où l’armée s’est retirée et où ils souhaitent instaurer une zone autonome à l’instar des Kurdes d’Irak.

 

Le site de l’Assemblée nationale du Kurdistan, qui chapeaute toutes les organisations kurdes en Syrie, présente une carte de ce qu’elle nomme le Kurdistan occidental et qui va du Tigre à l’est à la Méditerranée à l’ouest, qui englobe Hassaka, et s’arrête à la lisière d’Alep et de Lattaquié.

 

Les groupes djihadistes combattent pour leur part à la fois le régime syrien, les autres rebelles et les Kurdes afin d’instaurer leur pouvoir sur tout le nord et l’est du pays et d’assurer la liaison avec l’Irak, où ils comptent sur une réserve de combattants aguerris.

 

Pas de divergences

 

Le secrétaire d’État américain, John Kerry, a assuré lundi qu’il n’y avait « pas de divergences » avec l’Arabie saoudite sur la crise syrienne et que son pays ne resterait pas « les bras croisés » face au drame syrien. Dépêché d’urgence à Ryad pour apaiser les tensions entre les deux pays sur les dossiers du Moyen-Orient, M. Kerry a affirmé lors d’une conférence de presse au terme de sa visite que les relations américano-saoudiennes étaient stratégiques et durables.

 

« Nous ne demeurerons pas les bras croisés alors qu’Assad continue à employer ses armes » contre son peuple, a-t-il ajouté lors de la conférence de presse conjointe avec son homologue saoudien, le prince Saoud Al-Fayçal. Ce dernier, dont le pays soutient sans réserve l’opposition armée au régime de Bachar al-Assad, a affirmé pour sa part que les négociations au sujet de la crise syrienne « ne peuvent pas se poursuivre indéfiniment ».

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