Iran - Téhéran s’active sur le plan diplomatique

Hassan Rohani
Photo: Agence France-Presse Hassan Rohani

Poursuivant ses tentatives d’ouverture à l’endroit des pays occidentaux, le président iranien, Hassan Rohani, a affirmé que son pays ne cherche à faire la guerre « à aucun pays », affirme. « Nous ne cherchons à faire la guerre à aucun pays. Nous cherchons la paix et l’amitié vis à vis des nations de notre région », a affirmé le nouveau président iranien, dans une interview à la chaîne américaine NBC diffusée jeudi.

 

« Ce qui est important pour nous c’est que les peuples se rapprochent et soient capables d’éviter toute agression ou injustice », souligne M. Rohani qui a pris ses fonctions début août.

 

Celui-ci a multiplié les gestes d’ouverture avant de se rendre la semaine prochaine à New York pour l’assemblée générale des Nations unies. Il a aussi abandonné le ton belliqueux de son prédécesseur.

 

Dans la première partie de son interview par NBC, diffusée mercredi, Hassan Rohani a assuré que son pays ne produirait jamais de bombe nucléaire alors que les puissances occidentales soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civile. « Dans aucune circonstance nous ne chercherons à obtenir des armes de destruction massive, dont des armes nucléaires, et ce ne sera jamais le cas », a-t-il affirmé.

 

Le président de la République islamique a aussi salué le ton « positif et constructif » de son homologue américain, Barack Obama, et espéré des « petits pas » diplomatiques entre les deux gouvernements ennemis, qui ont rompu leurs relations diplomatiques après la révolution islamique de 1979.

 

Par ailleurs, les dirigeants iraniens ont libéré mercredi plusieurs opposants, dont l’avocate des droits de l’a personne Nasrin Sotoudeh, des libérations saluées par Wa shing ton et Londres.

 

Rencontres à l’ONU

 

Jeudi, le président français, François Hollande, a affirmé que le président iranien avait demandé à le rencontrer « la semaine prochaine » en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, sur le dossier syrien. Il a annoncé qu’il y avait « un projet de rencontre avec le président iranien, à la demande de ce dernier ».

 

M » Rohani devrait aussi rencontrer le président des États-Unis lors de son passage à New York.

 

La Maison-Blanche, Jay Carney, a affirmé jeudi avoir pris note de « beaucoup de choses très intéressantes » en provenance d’Iran, après les déclarations conciliantes de M. Rohani.

 

« Il y a eu beaucoup de choses très intéressantes qui ont été dites depuis Téhéran et par le nouveau gouvernement, et des choses encourageantes », a-t-il estimé. « Il est indubitable que le nouveau gouvernement iranien a adopté une nouvelle approche. »

 

M. Carney a laissé entendre que les États-Unis écouteraient attentivement le discours que M. Rohani prononcera à l’assemblée générale de l’ONU mardi prochain, le même jour que M. Obama.

 

La Maison-Blanche persiste à dire que M. Obama n’a pas prévu « à l’heure actuelle » de s’entretenir avec M. Rohani à l’ONU à New York, mais elle n’a pas formellement exclu que les deux dirigeants se rencontrent en marge de la réunion internationale.

 

Pour sa part, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a félicité jeudi le gouvernement iranien pour ses efforts d’ouverture, notamment la libération de plusieurs opposants. Il s’exprimait après avoir reçu à l’ONU le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

 

« J’ai dit au ministre que je saluais les efforts du nouveau gouvernement iranien pour promouvoir le dialogue avec la communauté internationale », a déclaré M. Ban lors d’une conférence de presse.

3 commentaires
  • Mathieu des Ormeaux - Inscrit 20 septembre 2013 11 h 36

    La Guigne

    Ce qui est en jeu, ce sont des intérêts d'ordre financier et géostratégique, rien de plus. Le vrai crime de la "République Islamique" fut un crime de lèse-majesté: en expulsant les Britanniques, et plus tard, en s'affranchissant du Shah, marionnette des puissances occidentales (et plus particulièrement anglo-saxonnes), elle prétend suivre une différente évolution que celle qui lui est imposée - comme elle l'est d'ailleurs à la plupart des pays, y compris européens. La goutte qui a fait déborder le vase fut la décision d'effectuer des transactions pétrolières à l'extérieur de l'Opep, et en devises autres que le dollar états-unien. Dernier rampart de l'hégémonie impériale, le dollar n'est pas adossé à l'or et puise donc sa légitimité dans ces transactions vitales. Remettre ce mécanisme en question constitue un acte de guerre impardonnable. Toutes les rodomontades droits-de-l'hommistes n'en sont que plus farfelues, qu'elles émanent du plus important meurtrier des temps modernes et premier fournisseur d'armes à l'internationale, soit les États-unis d'Amérique.

  • Matthieu Jean - Inscrit 21 septembre 2013 09 h 08

    Les jeux de la guerre de déception.

    Du côté américain:

    On joue le jeux de la patience diplomatique, un show à l'intention de la grande galerie internationale: "Voyez comme on a essayé! Nous les avons écoutés, nous leur avons tendu la main. Voyez notre patience et notre bonne foi." On ira évidemment jusqu'à prétendre croire que l'Iran est de bonne foi.

    Du côté iranien:

    On utilise une vieille ruse connue de tous les islamistes : "taqyya".
    http://www.meforum.org/2577/taqiyya-regles-guerre-

    On dissimule hypocritement, comme c'est prescrit par la charia dans les cas de représailles et de persécutions. On gagne du temps, on se donne bonne image et il y a des chances que cessent les sanctions économiques de plus en plus écrasantes.

    Les ayatollahs ont nommé (quel truc!) Rohani pour qu'un As de coeur remplace l'As de pique. Du calcul de longue haleine : N'oubliez pas que ce sont les Iraniens qui ont inventé le jeu d'échec... ont nommé (quel truc!) Rohani pour qu'un As de coeur remplace l'As de pique. Du calcul de longue haleine : N'oubliez pas que ce sont les Iraniens qui ont inventé le jeu d'échec...

  • Matthieu Jean - Inscrit 22 septembre 2013 12 h 54

    Rohani ou la charmante offensive

    On décide de célébrer le 25ième anniversaire de la fin de la guerre Iran-Iraq exactement au moment où Rohani arrive aux États-Unis. La parade est ornée de 30 missiles capable d'atteindre Israël et les bases américaines basées dans le Gulfe.

    http://www.aljazeera.com/news/middleeast/2013/09/2