Syrie - Moscou et Washington se rencontrent à Genève

Des partisans de Bachar al-Assad ont célébré mercredi, à Damas, les 48 ans de leur président.
Photo: Agence France-Presse (photo) Anwar Amro Des partisans de Bachar al-Assad ont célébré mercredi, à Damas, les 48 ans de leur président.

La Russie a transmis mercredi aux États-Unis des propositions pour placer sous contrôle international l’arsenal chimique de la Syrie, à la veille d’une rencontre américano-russe cruciale à Genève qui relance les espoirs d’une solution diplomatique.

 

Les chefs de la diplomatie américaine et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, se retrouvent jeudi en Suisse pour tenter de sortir de l’impasse entre les Occidentaux et la Russie, fidèle alliée de Damas, sur la manière d’inciter la Syrie à renoncer à ses armes chimiques.

 

M. Lavrov, qui a proposé lundi le démantèlement sous contrôle international du stock d’armes chimiques de Damas, a annoncé un « plan réalisable, précis, concret » pour y parvenir, en concertation avec la Syrie. « Nous avons transmis aux Américains notre plan pour mettre sous contrôle international les armes chimiques en Syrie. Nous comptons en discuter à Genève », a déclaré mercredi une source au sein de la délégation russe.

 

Après avoir salué l’initiatve de Moscou, la Maison-Blanche a affirmé mercredi que la Russie jouait son « prestige » dans le processus diplomatique qui s’engage sur les armes chimiques en Syrie.

 

Principale alliée du gouvernement syrien, la Russie, « après avoir pendant deux ans bloqué les tentatives aux Nations unies de faire rendre des comptes à Assad […] joue, ou semble montrer qu’elle veut jouer un rôle constructif », a remarqué ce porte-parole, Jay Carney. La proposition de Moscou représente « une véritable occasion si elle est couronnée de succès », a-t-il ajouté.

 

Toutefois, « nous restons évidemment sceptiques vis-à-vis des engagements que prend la Syrie. Le régime Assad n’est pas très fiable lorsqu’il s’agit de respecter ses engagements. Mais il nous faut explorer cette possibilité » d’une solution diplomatique, a encore dit le porte-parole.

 

Des experts en armement américains seront présents lors de la rencontre à Genève, a annoncé mercredi le département d’État.

 

L’envoyé spécial de la Ligue arabe et de l’ONU Lakhdar Brahimi participera à ces discussions - qui pourraient se prolonger jusqu’à samedi.

 

La porte-parole du département d’État américain, Jennifer Psaki, a affirmé que Moscou n’avait pour l’heure transmis que « des idées » et non un « énorme dossier », ajoutant qu’il restait des points à travailler. Elle a précisé que l’objectif de la rencontre entre MM. Kerry et Lavrov, mais aussi des échanges entre experts, était d’examiner dans le détail les idées avancées par les Russes et « d’évaluer si elles correspondent » aux exigences américaines sur la neutralisation de l’arsenal chimique syrien.

 

À l’ONU

 

Moscou a par ailleurs jugé « inacceptable » un projet de résolution préparé par Paris sur les armes chimiques de la Syrie affirmant la responsabilité du régime dans l’utilisation de telles armes et envisageant l’emploi de la force contre Damas en cas de violations des dispositions de la résolution. Une réunion en urgence mardi du Conseil de sécurité pour discuter du texte a été reportée sine die.

 

Confrontés à ce premier refus de Moscou, les présidents américain et français, Barack Obama et François Hollande, craignent une manoeuvre dilatoire et n’écartent pas la possibilité de frappes militaires. La France restera « mobilisée pour sanctionner l’usage d’armes chimiques par le régime syrien et le dissuader de recommencer », a annoncé la présidence française mercredi. Le chef de l’État s’est toutefois dit déterminé à « explorer toutes les voies au Conseil de sécurité des Nations unies pour permettre au plus vite un contrôle effectif et vérifiable des armes chimiques présentes en Syrie ».

 

De l’aide humanitaire

 

Plus de 600 000 personnes en Syrie ont besoin d’une assistance humanitaire urgente dans la périphérie rurale de Damas, a indiqué mercredi l’OCHA, l’office des Nations unies chargé de l’aide humanitaire. Une partie significative se trouve dans des zones difficile d’accès, y compris dans celles qui ont fait l’objet d’accusations d’attaques chimiques le 21 août et qui sont en état de siège depuis plusieurs mois, a ajouté l’OCHA.

 

L’UNICEF a de son côté précisé qu’elle n’avait pas pu accéder aux zones, ni aux victimes des possibles attaques chimiques malgré de nombreuses tentatives. L’organisation internationale d’aide à l’enfance a rappelé que sa mission consistait notamment à apporter des soins de santé de base aux enfants et aux femmes.