G20: Obama admet que le dossier de la Syrie divise les É.-U. et le monde

Saint-Pétersbourg — Le président américain Barack Obama a admis, vendredi, que sa volonté de lancer une intervention militaire en Syrie suscitait de profonds désaccords aux États-Unis et au sein de la communauté internationale, reconnaissant qu'il ne réussirait peut-être pas à convaincre les Américains d'appuyer cette mesure.

En marge du sommet du G20 de Saint-Pétersbourg, en Russie, M. Obama a refusé d'indiquer ce qu'il ferait s'il n'obtenait pas le soutien du Congrès américain dans ce dossier.

Le président a mentionné qu'il prévoyait s'adresser à la population américaine mardi soir pour tenter de les convaincre d'approuver une intervention militaire en Syrie. La Maison-Blanche accuse le gouvernement du président syrien Bachar el-Assad d'avoir eu recours à des armes chimiques dans une attaque contre des civils en août dans la banlieue de Damas.

M. Obama a rappelé qu'il demandait l'autorisation du Congrès parce que l'usage d'armes chimiques par le régime syrien ne représentait pas une menace imminente pour les États-Unis ou ses alliés, mais que si cela avait été le cas, il aurait agi immédiatement.

Il a indiqué qu'il était possible qu'il ne réussisse pas à rallier une majorité d'Américains dans ce dossier et que s'il échouait, ce serait alors à «chacun des élus du Congrès de décider».

Le président américain a également mentionné que lui et les autres leaders du G20 avaient «passé en revue toutes les opinions sur ce sujet» lors d'un dîner de trois heures, jeudi soir. Il a précisé qu'ils étaient tous d'accord pour dire que des armes chimiques avaient bel et bien été utilisées en Syrie et que les normes internationales interdisant le recours à de telles armes devaient être maintenues. Selon M. Obama, les divergences de vues concernent plutôt la nécessité, ou non, qu'une intervention militaire soit chapeautée par les Nations unies.

Plus tôt dans la journée de vendredi, le président américain s'était entretenu avec son homologue russe, Vladimir Poutine, un farouche opposant à une action militaire des États-Unis en Syrie. Tous deux ont déclaré que la rencontre avait été constructive, même si les deux leaders ne s'entendent toujours pas.

La Russie a mis les États-Unis et leurs alliés en garde contre toute frappe militaire contre des installations chimiques syriennes. Le ministère russe des Affaires étrangères a prévenu qu'une telle frappe pourrait libérer des gaz nocifs et permettre aux rebelles d'avoir accès à des armes chimiques.

La Chine demeure elle aussi opposée à toute intervention militaire, tandis que l'Union européenne demeure sceptique face à l'efficacité de frappes éventuelles.

M. Obama et son allié le plus solide dans ce dossier, le président français François Hollande, se sont aussi rencontrés en marge du sommet pour tenter de rehausser le soutien européen.

Dix États membres du G20, dont le Canada, se sont joints aux États-Unis et ont appuyé un communiqué accusant le gouvernement syrien d'avoir eu recours à des armes chimiques dans une attaque contre des civils le mois dernier, appelant du même souffle la communauté internationale à une «réponse forte» contre le régime de Bachar el-Assad sans toutefois faire mention d'intervention militaire.

Dans une tentative de s'assurer des soutiens à Washington, l'administration Obama a prévu une autre séance d'informations auprès de tous les représentants, lundi soir, après la reprise des travaux du Congrès.


 

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