Syrie – L'attention se tourne vers l'Europe

À la veille de la rencontre du G20 à Saint-Pétersbourg, en Russie, les tractations sur d’éventuelles frappes militaires en Syrie se poursuivent tant en Europe qu’aux États-Unis.

Le président américain, Barack Obama, et son équipe de conseillers, tous engagés dans une intense campagne de «sensibilisation» des élus, ont en partie réussi leur pari. Il semble en effet maintenant acquis que le Sénat se prononcera en faveur des frappes projetées par la Maison-Blanche. La tâche s’annonce cependant plus ardue pour amener les représentants à donner leur accord et, mardi, la Maison-Blanche disait que tous les élus seraient informés du dossier pour les convaincre d’autoriser les frappes en Syrie.

Pour sa part, le président français, François Hollande, tente de rallier les Européens à sa position. Mardi, il avait lancé un appel à l’adoption, a minima, d’une déclaration de soutien des 28 sur la question syrienne.

«L’Europe doit [...] se réunir sur ce dossier. Elle le fera, chacun avec sa responsabilité», a assuré mardi le président Hollande. Mais, jusqu’à présent, Paris apparaît plutôt isolé. Depuis le début de la semaine, Paris multiplie les contacts avec les Européens et avec la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, «si possible pour avoir une décision à 28», selon une source diplomatique.

Un débat — sans vote — est organisé ce mercredi au Parlement français. Les partis politiques restent divisés sur l’opportunité d’une action militaire. Dans ce contexte, une Europe plus soudée sur le dossier syrien faciliterait l’effort de persuasion mené par l’exécutif sur la scène intérieure.

Le Danemark, la Grèce, la Lettonie, la Roumanie, la Croatie et Chypre appuieraient, selon certaines sources à Matignon, une intervention en Syrie. Un décompte des positions pourrait être fait en fin de semaine à l’occasion d’une rencontre informelle à Vilnius des ministres européens des Affaires étrangères. Cette réunion, à laquelle se rendra le secrétaire d’État américain John Kerry, s’achèvera sur une déclaration de Catherine Ashton et la définition éventuelle d’une «position commune, si Paris réussit son entreprise de persuasion.

Pour le moment, la rencontre du G20 retient l’attention. Vladimir Poutine a en effet manifesté une timide ouverture, demandant maintenant à avoir des preuves convaincantes de l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien. Il a ajouté, selon l’AFP, que la Russie serait dans ce cas prête «à agir le plus résolument et sérieusement possible».

Il a néanmoins souligné que ces preuves «ne doivent pas se baser sur des rumeurs ou des informations reçues par les services secrets au cours d’écoutes, de discussions, etc.». Dans un entretien à la chaîne publique Pervyi Kanal, il a affirmé qu’en revanche, une intervention militaire en Syrie sans l’aval du Conseil de sécurité serait une agression.

Moscou a par ailleurs suspendu ses livraisons à Damas de batteries sol-air S300, des systèmes de défense antiaérienne et antimissile perfectionnés.

Obama voyage

Barack Obama a entamé mercredi un voyage de trois jours en Europe où il tentera de rallier davantage de partenaires à sa politique syrienne. Après un arrêt de 24 heures à Stockholm, en Suède, il se rendra à la réunion du G20 où il s’entretiendra en tête-à-tête avec ses homologues français, François Hollande, et chinois, Xi Jinping, ainsi qu’avec le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a fait savoir la Maison-Blanche.

Aucune rencontre bilatérale n’est prévue avec le président russe, Vladimir Poutine.

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