Syrie : Bachar al-Assad met en garde contre une «guerre régionale»

Le président Bachar al-Assad a avertit lundi la France qu’elle serait considérée comme un « ennemi » en cas de frappes. Il a aussi ajouté que « le risque d’une guerre régionale existe ».
Photo: Agence France-Presse (photo) Présidentielle officielle Le président Bachar al-Assad a avertit lundi la France qu’elle serait considérée comme un « ennemi » en cas de frappes. Il a aussi ajouté que « le risque d’une guerre régionale existe ».

Le président syrien Bachar al-Assad a mis en garde lundi contre le risque d’une « guerre régionale » en cas d’action militaire occidentale et menacé Paris de « répercussions négatives » sur les intérêts français.

 

« Le Moyen-Orient est un baril de poudre et le feu s’en approche aujourd’hui […]. Tout le monde perdra le contrôle de la situation lorsque le baril de poudre explosera. Le chaos et l’extrémisme se répandront. Le risque d’une guerre régionale existe », a déclaré le président syrien, dans un entretient avec le journal Le Figaro.

 

Alors que Washington et Paris tentent de convaincre leurs opinions de la nécessité de frapper le régime syrien accusé d’avoir utilisé des armes chimiques, le président Assad a mis en garde contre une « politique hostile au peuple syrien ».

 

« Le peuple français n’est pas notre ennemi, mais […] dans la mesure où la politique de l’État français est hostile au peuple syrien, cet État sera son ennemi ». « Il y a aura des répercussions, négatives bien entendu, sur les intérêts de la France », a-t-il menacé.

 

Paris a diffusé lundi soir sur Internet une «note de synthèse nationale de renseignement» selon laquelle, le 21 août dernier, le régime syrien a lancé une attaque sur des quartiers de la banlieue de Damas tenus par l’opposition, « associant moyens conventionnels et usage massif d’agents chimiques ».

 

« L’attaque du 21 août ne peut avoir été ordonnée et conduite que par le régime », ajoute ce rapport, qui parle d’« emploi massif et coordonné d’agents chimiques contre la population civile ».

 

Une telle opération requiert « un niveau de sophistication qui n’appartient qu’au régime », a précisé une source gouvernementale française.

 

« Sur la base d’une analyse méthodique de 47 vidéos originales des événements du 21 août […] ont été recensés au moins 281 décès », selon la note de synthèse nationale de renseignement.

 

Washington et Paris tentent ainsi de convaincre leurs opinions de la nécessité de frapper le régime syrien.

 

Le président américain Barack Obama multiplie à cet égard avec son entourage les appels téléphoniques à destination de membres de la Chambre des représentants et du Sénat pour tenter de convaincre les élus.

 

Le Congrès doit se prononcer sur une intervention en Syrie à partir de la rentrée parlementaire le 9 septembre.

 

Des poids lourds de l’administration Obama participeront à cette audition au Sénat américain.

 

Le secrétaire d’État, John Kerry, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel et le général Martin Dempsey, plus haut gradé américain, témoigneront devant la commission des Affaires étrangères mardi à 14 h 30 lors d’une audition ouverte au public. M. Kerry reviendra mercredi au Capitole pour une audition à la Chambre des représentants.

 

À l’issue d’une rencontre avec Barack Obama à la Maison-Blanche lundi, les sénateurs républicains John McCain et Lindsey Graham ont qualifié de « catastrophique » un éventuel rejet par le Congrès de la résolution autorisant le recours à la force.

 

Le sénateur républicain John McCain, après avoir rencontré le président Obama, a estimé qu’il serait « catastrophique » que le Congrès vote contre un engagement américain contre le régime de Damas. « Cela saperait la crédibilité des États-Unis et de leur président. Aucun d’entre nous ne désire cela », a dit cette figure des faucons républicains.

 

La Ligue arabe réunie dimanche au Caire avait appelé la communauté internationale à prendre les mesures de « dissuasion » nécessaires contre le régime syrien.

 

De leur côté, les soutiens indéfectibles du régime de Damas s’organisent.

 

Au Liban, les combattants du Hezbollah chiite, allié du régime syrien, ont rejoint des positions tenues secrètes, en prévision d’une frappe éventuelle contre la Syrie, ont rapporté lundi des témoins.

 

À trois jours d’un sommet du G20 jeudi à Saint-Pétersbourg, la Russie a réitéré son opposition à une frappe contre son allié syrien.

 

La Chine s’est déclarée lundi « vivement préoccupée » par l’éventualité d’« actions militaires unilatérales » visant le régime de Damas.

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