Le G8 laisse la question syrienne en plan

Après deux jours de dures tractations, le sommet du G8 a accouché mardi d’un accord a minima sur la Syrie, qui appelle à l’organisation « dès que possible » d’une conférence de paix, mais laisse en suspens toutes les questions clés pour le règlement du conflit.


Avec ses formulations floues ou ambigües, la déclaration finale du G8 sur la Syrie reflète les profondes divergences entre Moscou, soutien indéfectible du régime de Damas, et les Occidentaux, qui appuient l’opposition syrienne.


Pendant les deux jours du sommet de Lough Erne en Irlande du Nord, les Occidentaux d’un côté et le président russe, Vladimir Poutine, de l’autre se sont écharpés sur la Syrie, multipliant critiques et piques réciproques.


À peine le sommet terminé, Vladimir Poutine a d’ailleurs de nouveau évoqué la possibilité pour son pays de livrer de nouvelles armes au régime syrien, donnant un premier coup de boutoir au consensus de façade obtenu au G8.


« Nous restons engagés à trouver une solution politique à la crise », indique le G8 dans sa déclaration, affirmant sa détermination à l’organisation « dès que possible » de la conférence dite de Genève 2, dans les limbes depuis son annonce début mai par Moscou et Washington.


Cette conférence, censée rassembler autour de la même table des représentants des belligérants syriens, devra permettre la mise en place d’« un gouvernement transitoire formé par consentement mutuel et ayant les pleins pouvoirs exécutifs », souligne le texte.


Si la déclaration du G8 laisse la porte ouverte à un avenir pour les forces de sécurité, notamment militaires, du régime, qui « doivent être préservées ou rétablies », il est « impensable qu’Assad joue un quelconque rôle dans l’avenir de son pays », a martelé M. Cameron. Or, les Russes ont répété à Lough Erne que « seuls les Syriens » pouvaient décider de l’avenir de leur pays.


Menace terroriste


Le G8 a par ailleurs pris acte du poids grandissant des djihadistes dans la rébellion, s’inquiétant de « la menace grandissante du terrorisme et de l’extrémisme en Syrie et de la nature de plus en plus intercommunautaire du conflit ».


Enfin, les dirigeants du G8 ont condamné « tout usage d’armes chimiques en Syrie » et demandé l’accès de la mission d’enquête de l’ONU au territoire syrien, que Damas a jusqu’à présent refusé.


La question des armes chimiques est revenue sous les projecteurs ces deux dernières semaines, Paris, Londres puis Washington ayant accusé le régime d’avoir utilisé du sarin (un liquide volatil neurotoxique). Moscou n’a pas jugé ces preuves convaincantes, mais a finalement souscrit à la condamnation générale contenue dans la déclaration.

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