Iran - Le camp des réformateurs s’unit derrière Hassan Rohani

Une Iranienne est passée mardi près d’une affiche électorale du réformateur Hassan Rohani.
Photo: Agence France-Presse (photo) Atta Kenare Une Iranienne est passée mardi près d’une affiche électorale du réformateur Hassan Rohani.

Les chances du modéré Hassan Rohani à l’élection présidentielle en Iran se sont renforcées mardi face aux conservateurs, grâce au soutien que lui a apporté le camp réformateur après le retrait de son unique candidat.


Ces derniers jours, les appels s’étaient multipliés parmi les dirigeants et militants réformateurs, notamment lors des réunions publiques, pour que Mohammad Reza Aref se retire au profit de M. Rohani, également soutenu par l’ex-président Akbar Hachemi Rafsandjani.


« Dans une lettre, Mohammad Khatami, le chef du mouvement réformateur, a affirmé que mon maintien dans la course à la présidentielle n’était pas dans l’intérêt [du mouvement]. J’ai donc décidé de me retirer de la course », a écrit M. Aref dans un communiqué publié mardi.


Quelques heures plus tard, M. Khatami a appelé les Iraniens à voter pour M. Rohani.


Le retrait de M. Aref est le deuxième en deux jours, après celui du conservateur Gholam-Ali Hadad-Adel, qui s’est désisté lundi pour « favoriser l’élection d’un conservateur ».


M. Rohani, un religieux âgé de 64 ans, devrait désormais avoir pour principaux adversaires Saïd Jalili, Ali Akbar Velayati et Mohammad Bagher Ghalibaf.


Dans un communiqué officiel, le Conseil consultatif (regroupant modérés et réformateurs) auprès de Mohammad Khatami a annoncé que « dé- sormais Hassan Rohani est le candidat du camp réformateur ».


« Je suivrai la même voie que celle de Khatami et Rafsandjani », a déclaré M. Rohani lundi lors d’un rassemblement au Kurdistan.


M. Rohani prône une politique de souplesse dans les négociations avec les puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) pour régler la crise du nucléaire iranien.


Sous la présidence de M. Khatami, M. Rohani était le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale. À ce titre, il était responsable des négociations nucléaires entre l’Iran et les trois pays européens (France, Grande-Bretagne et Allemagne) pour régler la crise nucléaire entre 2003 et 2005.


Mardi matin, une partie de la presse modérée et réformatrice saluait l’unité scellée dans leur camp. Dès lundi, des voix s’étaient élevées dans le camp conservateur pour appeler à l’unité en prévision de la décision de M. Aref.


« En cas de dispersion des voix chez les conservateurs, un candidat conservateur sera élu avec peu d’écart par rapport au candidat des réformateurs, qui pourront utiliser [cet argument] pour faire de la propagande. Cette dispersion n’est pas raisonnable », prévenait ainsi Hassan Shariatmadari, le directeur du quotidien ultraconservateur Kayhan.


Prévoyant sans doute l’union chez les réformateurs et modérés, le candidat conservateur Hadad-Adel avait appelé les conservateurs à s’unir pour faire élire l’un des leurs dès le premier tour ou, en cas de second tour, pour permettre à deux candidats conservateurs d’y être présents pour barrer la route aux réformateurs.

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