Une ministre du Yémen en grève de la faim en solidarité avec des détenus

Sanaa – La ministre yéménite des Droits humains, Houria Machhour, a annoncé dimanche observer une grève de la faim pour obtenir la libération d’une soixantaine de militants, détenus sans jugement depuis le soulèvement populaire de 2011.


« Je suis en grève de la faim, je n’arrêterai pas jusqu’à la libération des jeunes de la révolution », a déclaré Mme Machhour, qui participait à un sit-in organisé par une vingtaine de militants dans l’enceinte même de la prison centrale de Sanaa.


Les militants ont improvisé samedi leur sit-in à la prison où ils étaient venus rendre visite aux détenus, dont l’incarcération prolongée a suscité des remous dans l’opinion publique.


Au total, 58 jeunes ayant participé au soulèvement populaire ayant conduit au départ en février 2012 du président contesté Ali Abdallah Saleh, sont détenus dans les geôles yéménites et le sort de 17 autres reste inconnu, selon l’ONG yéménite Hood.


Une vingtaine de ces détenus ont entamé le 24 mai une grève de la faim pour exiger leur libération, décidée par le président Abd Rabbo Mansour Hadi au début de l’année et jamais suivie d’effet, selon des militants qui accusent le procureur général d’être responsable de cet état de fait.


« Nous ne quitterons la prison qu’avec nos camarades », a déclaré Walid al-Amari, l’une des 20 personnes venues exprimer leur solidarité avec les détenus.