Turquie: le PKK amorce son retrait historique

29 ans de conflit sanglant. Quatre cessez-le-feu annoncés par les rebelles, mais jamais effectifs. Le difficile processus pour trouver une solution politique à la question kurde en Turquie semble véritablement enclenché, avec le retrait des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) du pays vers le nord de l’Irak.

«Nous savons que le mouvement [de repli] des combattants a commencé», a déclaré mercredi à l’Agence France-Presse, Selahattin Demirtas, coprésident de la principale formation pro-kurde légale de Turquie, le Parti pour la paix et la démocratie (BDP).
 
M. Demirtas n’était toutefois pas en mesure de dire si le retrait avait commencé mercredi ou plus tôt. De l’avis de nombreux observateurs, le repli des combattants a commencé avant la date du 8 mai, qui n’a qu’une portée symbolique.

Mais plus tôt en 2013, l'universitaire et l'animateur de la revue Birikin, Ahmet Insel, confiait à Libération qu'il y avait déjà eu une «rupture symbolique dans le seul fait de mettre le chef du PKK au centre des négociations en lui donnant une pleine légitimité politique».

Ce processus a connu une première traduction concrète le 21 mars lorsque Abdullah Öcalan a appelé ses troupes à appliquer un cessez-le-feu et à se retirer du territoire turc.

Une combattante du PKK, utilisant le pseudonyme de Delal Amed, a confirmé à l’agence pro-kurde Firat News un début de retrait, tout en mettant en garde Ankara. «Même si nos forces se retirent au-delà de la frontière, la guérilla n’hésitera pas, si nécessaire, à résister» contre toute attaque, a-t-elle dit.

Selon l’édition Internet du journal Hürriyet, plusieurs colonnes de rebelles ont été vues par des villageois tôt mercredi en train de se diriger vers l’Irak depuis les zones escarpées et montagneuses de Hakkari, située dans l’extrême sud-est de la Turquie.

Le PKK a ajouté qu’il resterait fidèle à son engagement de quitter le territoire turc dès lors qu’il n’était pas attaqué par les forces turques.

Le nombre de rebelles kurdes présents sur le territoire turc est estimé à 2000, auxquels s’ajoutent 2500 autres dans les bases arrière du mouvement situées à l’extrême nord du Kurdistan irakien, dans les monts Kandil.
 
L’annonce de ce retrait, attendue depuis des jours, intervient alors que les autorités turques mènent depuis la fin 2012 des discussions de paix avec le chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, pour mettre fin à un conflit qui a fait plus de 45 000 morts depuis son début en 1984.

Avec l'Agence France-Presse et Libération

 

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