Syrie - Le premier ministre échappe à un attentat à Damas

Les gens se sont rendus sur les lieux de l’attentat contre le premier ministre syrien lundi.
Photo: Agence France-Presse (photo) Louai Beshara Les gens se sont rendus sur les lieux de l’attentat contre le premier ministre syrien lundi.

Le premier ministre syrien,, Waël al-Halaqi, a échappé lundi à un attentat à Damas, le premier du genre contre un dirigeant depuis l’assassinat de quatre hauts responsables du régime en juillet 2012.


Dans le même temps, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a redemandé aux autorités syriennes d’autoriser « sans délai et sans condition » une équipe d’experts de l’ONU à enquêter sur place sur l’utilisation d’armes chimiques.


En poste depuis août 2012, après la défection de son prédécesseur, Riad Hijab, Waël al-Halaqi a échappé à un attentat à Damas, qui a fait six morts, dont l’un de ses gardes du corps, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).


Une voiture piégée a explosé au passage de son convoi dans le quartier ultra-sécurisé de Mazzé, situé dans l’ouest de la capitale syrienne et où se trouvent des bâtiments gouvernementaux, des sièges des services de renseignement et des résidences de responsables politiques.


Le chef du gouvernement, cité par la chaîne syrienne d’informations en continu Al-Ikhbariya, a déclaré que l’attentat était « la preuve du découragement et du désespoir des groupes terroristes face aux exploits de l’armée syrienne ».


Par ailleurs, le même jour, selon l’OSDH, un raid de l’aviation a visé le village natal du premier ministre, Jassem, dans la région de Deraa, où les rebelles sont présents. Onze personnes, dont huit insurgés, ont été tuées.


Selon l’OSDH, médecins et avocats à travers la Syrie, des combats opposaient par ailleurs soldats et rebelles près de l’aéroport international de Damas, situé à 27 kilomètres au sud-est de la capitale, entraînant provisoirement une coupure du trafic aérien.


Le journal al-Watan, proche du régime, a fait état pour sa part d’une « bataille des aéroports à Alep », la grande métropole du nord, avec la mobilisation par les hommes armés de « milliers de combattants ». « Mais les services compétents ont réussi à contrer les attaques répétées », ajoute le quotidien. Selon un bilan provisoire de l’OSDH, les violences ont fait au moins 41 morts lundi.

 

Enquête


Alors que le débat sur l’utilisation par le régime d’armes chimiques contre la population agite les chancelleries occidentales, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a lancé lundi un nouvel appel pressant aux autorités syriennes à autoriser une équipe d’experts de l’ONU à enquêter sur place sur l’utilisation d’armes chimiques. Cette équipe « reste prête à se déployer en Syrie dans un délai de 24 à 48 heures » suivant le feu vert de Damas, a répété M. Ban.


Mais le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a mis en question l’appel de M. Ban. « Cette demande du secrétaire général en référence à un événement, depuis oublié, nous rappelle des tentatives visant à répéter en Syrie une pratique analogue à celle de l’Irak, lorsque des recherches d’armes de destructions massives avaient été entreprises », a déclaré le ministre russe, dont le pays est l’un des derniers soutiens de Damas.


L’argument des États-Unis concernant la présence d’armes de destruction massive en Irak avait servi à justifier l’invasion de ce pays en mars 2003, qui avait abouti au renversement du régime de Saddam Hussein. Cet argument s’était ensuite révélé faux.

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