Mars 2013, le mois le plus meurtrier depuis deux ans en Syrie


	Cette photo prise par un citoyen et authentifiée par l’Associated Press montre des Syriens debout à côté de cadavres extirpés d’une rivière près d’Alep le 10 mars dernier.
Photo: Agence France-Presse (photo) Alep Media Center AMC
Cette photo prise par un citoyen et authentifiée par l’Associated Press montre des Syriens debout à côté de cadavres extirpés d’une rivière près d’Alep le 10 mars dernier.

Beyrouth — Mars a été le mois le plus sanglant depuis le début de la guerre civile en Syrie il y a deux ans avec plus de 6000 morts, a annoncé lundi l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui a mis cette hausse sur le compte des bombardements et des affrontements de plus en plus fréquents et violents.

Rami Abdoul-Rahman, directeur du groupe basé en Grande-Bretagne qui milite contre le régime du président Bachar el-Assad, a déclaré que ce bilan était probablement incomplet parce que les rebelles et l’armée syrienne ont tendance à ne pas rapporter toutes les victimes.


Même si ces chiffres ne proviennent que d’une seule organisation, ils confirment la conclusion à laquelle sont arrivés plusieurs observateurs du conflit syrien : la guerre civile est dans une impasse et détruit le tissu social tout en décimant la population civile.


La hausse s’explique aussi par le fait que les hostilités ne cessent de s’étendre à d’autres régions de la Syrie. Alors que les combats se poursuivent à Alep, Damas et Homs, les trois plus importantes villes du pays, les insurgés ont récemment lancé des offensives dans la province de Daraa grâce à des armes provenant de l’étranger.


L’OSDH, qui travaille avec un réseau de contacts en Syrie, a affirmé que chaque camp avait perdu un nombre similaire de combattants en mars : 1486 chez les rebelles et 1464 du côté de l’armée. Le nombre de civils tués excède toutefois ces deux bilans : 2080 personnes, dont 298 enfants et 291 femmes. À ces morts s’ajoutent 387 civils et 588 insurgés non identifiés, ce qui porte le total à 6005, a indiqué M. Abdoul-Rahman.


Le bilan de mars surpasse celui d’août 2012, qui détenait jusqu’ici le titre de mois le plus sanglant du conflit syrien avec plus de 5400 morts. À la fin de mars, le bilan total selon l’OSDH s’élevait à 62 554 victimes.


En février, les Nations Unies avaient estimé à 70 000 le nombre de personnes tuées durant la guerre civile en Syrie. Ce bilan n’a pas été révisé depuis.

 

Décisions limitées


Par ailleurs, le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci a estimé lundi que les décisions prises par une partie des Syriens seulement auront une durée de vie limitée, en évoquant l’octroi du siège de la Ligue arabe pour la Syrie aux rebelles.


«C’est aux Syriens de se décider et toute décision qui pourrait venir d’une partie des Syriens, et seulement de cette partie - et encore plus, toute décision qui pourrait venir d’une partie des Syriens lorsqu’elle est influencée par des pressions extérieures - risque d’avoir une durée de vie très courte», a souligné M. Medelci dans un entretien à la radio publique francophone.


Le ministre algérien n’a pas précisé ce qu’il entendait par «pressions extérieures».


Lors d’un sommet à Doha le 25 mars, la Ligue arabe a attribué à la Coalition nationale de l’opposition syrienne le siège de la Syrie, malgré les réserves de l’Algérie et de l’Irak.

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