Syrie - Régime et rebelles s’accusent d’user d’armes chimiques

La Russie a repris à son compte les accusations du régime de Bachar al-Assad, son allié, en disant avoir « reçu des informations » selon lesquelles des rebelles ont utilisé des armes chimiques lors d’une attaque dans la province d’Alep (nord) qui a fait selon un dernier bilan officiel 31 morts.


Alors qu’il n’était pas possible de confirmer de source indépendante un tel recours, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a confirmé un tir de missile sol-sol contre l’armée dans la localité de Khan al-Assal mais a dit douter qu’il soit chargé de matières non conventionnelles.


« C’est une escalade dangereuse. Des terroristes ont tiré un missile contenant des produits chimiques à partir de Kfar Daël dans la région de Naïrab [est d’Alep] vers la région de Khan al-Assal [ouest de la métropole] », a déclaré le ministre syrien de l’Information, Omrane al-Zohbi.


Il s’en est pris à « la Ligue arabe, la communauté internationale et les États qui arment, financent et hébergent les terroristes ainsi que le gouvernement [turc] d’Erdogan et le Qatar » après « ce crime perpétré par les terroristes qui ont utilisé une arme prohibée par la loi internationale ».


Mais les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) ont démenti cette allégation et accusé en retour le régime.


« Nous comprenons que l’armée a visé Khan al-Assal en utilisant un missile et nos informations initiales indiquent qu’il peut avoir contenu des armes chimiques. Il y a beaucoup de victimes et de nombreux blessés ont des problèmes respiratoires », a déclaré un porte-parole de l’ASL, Louaï Moqdad. « Nous n’avons ni missile de longue portée, ni arme chimique ».


La télévision officielle a montré des ambulances transportant des blessés. « C’est comme une poudre, quand on la respire, on tombe par terre. Des enfants et des femmes ont péri », a raconté un homme au front bandé. « C’est ça la liberté qu’ils [rebelles] veulent, lancer des gaz toxiques et des armes chimiques ».

 

« Premier ministre » élu


Entre-temps à Istanbul, le « premier ministre » intérimaire Ghassan Hitto, élu lundi par l’opposition, a dit qu’il ne dialoguerait pas avec le pouvoir et cité parmi ses priorités la chute du régime et l’envoi de l’aide aux populations des régions passées sous contrôle rebelle.


M. Hitto, de la mouvance islamiste, doit s’atteler à la formation d’une équipe attendue d’ici un mois et qui aura la charge de protéger les infrastructures et les ressources publiques et privées, gérer les postes frontières aux mains de la rébellion et coordonner l’aide humanitaire internationale.

À voir en vidéo