Irak - Bagdad est de nouveau victime d’attentats

Les forces de sécurité ont fermé jeudi un quadrilatère de Bagdad où une bombe a explosé.
Photo: Agence France-Presse (photo) Ahmad al-Rubaye Les forces de sécurité ont fermé jeudi un quadrilatère de Bagdad où une bombe a explosé.

Dix-huit personnes sont mortes jeudi dans une série d’attentats à la bombe commis à l’heure du déjeuner en plein Bagdad et l’assaut par des hommes armés du ministère de la Justice, situé à quelques centaines de mètres de la zone verte ultra-sécurisée.


L’attaque n’a pas été revendiquée, mais les groupes armés sunnites, dont al-Qaïda en Irak, s’en prennent régulièrement aux forces de sécurité et aux représentants du gouvernement du chiite Nouri al-Maliki.


Trois explosions, des attentats à la voiture piégée selon les sources de la sécurité irakienne, ont secoué le quartier d’Allawi qui abrite les ministères des Affaires étrangères, de la Culture et de la Justice.


Au même moment, des hommes armés « ont tenté de pénétrer à l’intérieur du ministère de la Justice », a expliqué Sabah Nouri, le porte-parole des services irakiens de lutte contre le terrorisme, sans pouvoir dire si les assaillants ont réussi à s’introduire dans le bâtiment.


Le ministère se trouve à environ 200 mètres d’un accès à la zone verte, qui abrite notamment le Parlement et nombre d’ambassades.


Un responsable du ministère de l’Intérieur qui a requis l’anonymat et une source médicale ont indiqué qu’au moins 18 personnes ont été tuées et 30 blessées, sans que l’on sache toutefois si les attentats ou l’assaut en sont à l’origine.


Trois heures après l’attaque, un journaliste a rapporté que les routes menant au ministère avaient été fermées à la circulation. Selon lui, de la fumée s’échappait du complexe ministériel et les pompiers avaient réussi à maîtriser un incendie à l’intérieur.


Il s’agit de l’épisode de violence le plus meurtrier depuis le début du mois de mars. Le mois passé, 220 personnes ont péri dans des violences en Irak, selon un bilan compilé par l’AFP.


Les violences restent endémiques en Irak bien qu’elles aient largement baissé depuis les sombres années du conflit confessionnel de 2006-2008.


Les insurgés visent la police, l’armée, la communauté chiite, mais aussi les Irakiens impliqués dans la vie politique locale ou nationale.


Plus tôt jeudi, un attentat à la bombe a ainsi visé un candidat aux élections provinciales d’avril. Khaled Hussein al-Daraji était en voiture lorsqu’une bombe magnétique fixée au véhicule a explosé, tuant le chauffeur. M. Daraji est indemne.


Et au nord de Bagdad, le cheikh sunnite Qaïs Abdul Karim al-Janabi, a été enlevé avec six membres de sa famille, dont son fils, Abdul Karim, lui aussi candidat au scrutin d’avril.

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