Des chiffres de l’ONU - Le nombre de réfugiés syriens dépasse le million

Le Liban, la Jordanie, la Turquie et l’Irak font face à l’arrivée de nombreux réfugiés.
Photo: Agence France-Presse (photo) Joseph Eid Le Liban, la Jordanie, la Turquie et l’Irak font face à l’arrivée de nombreux réfugiés.

Le cap du million de refugiés syriens a été franchi, dont la moitié sont des enfants, a annoncé mercredi l’ONU, parlant d’une « catastrophe absolue » dans le pays où le régime tente par tous les moyens d’écraser la rébellion.


Rien ne semble pouvoir arrêter la guerre dans ce pays de 23 millions d’habitants. Ainsi des dizaines de personnes sont mortes ou ont été blessées lors de raids menés mercredi par l’aviation du régime sur Raqa, la première capitale provinciale tombée en grande partie aux mains des rebelles.


« Avec un million de personnes en fuite, des millions de déplacés à l’intérieur du pays, et des milliers de personnes traversant les frontières chaque jour, la Syrie est entrée dans la spirale d’une catastrophe absolue », a déclaré dans un communiqué Antonio Guterres, le chef du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).


Le nombre de réfugiés fuyant leur pays a augmenté « de façon dramatique » depuis le début de l’année, note le HCR parlant d’un chiffre de 400 000.


« Ils sont traumatisés, sans rien et ayant perdu des membres de leur famille. Près de la moitié des réfugiés sont des enfants, en majorité âgés de moins de 11 ans », poursuit le HCR.


Les réfugiés ont fui vers les pays voisins : le Liban, la Jordanie, la Turquie et l’Irak. De plus en plus se réfugient également en Afrique du Nord et en Europe. Et l’impact de ces flots de réfugiés sur les pays d’accueil est « sévère », estime le HCR.


À ces millions de personnes ayant fui les combats, s’ajoutent plus de 70 000 morts, selon l’ONU, dans cette révolte contre le régime du président Bachar al-Assad qui s’est transformée au fil des mois en guerre civile.


La communauté internationale, profondément divisée, est toujours impuissante à arrêter le bain de sang.


Le secrétaire d’État américain, John Kerry, a affirmé mercredi que « de nombreux pays » entraînaient les rebelles, sans préciser les pays impliqués. Si le gouvernement de Barack Obama refuse d’armer l’opposition, M. Kerry a donné implicitement son aval aux livraisons d’armes aux rebelles effectuées par des pays du Golfe.


De son côté, le général Selim Idriss, chef d’état-major de l’Armée syrienne libre (ASL, rebelles), a exhorté à Bruxelles les pays européens à lever l’embargo sur les armes, qui « ne touche que les victimes » du conflit syrien alors que le régime continue à « être équipé par la Russie et l’Iran ».


Sur le terrain, les combats et les bombardements ne connaissent aucun répit. « Il y a des dizaines de morts et de blessés à cause des raids aériens sur Raqa autour des sièges des services de sécurité et des immeubles gouvernementaux », a affirmé Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).


Selon lui, « les rebelles contrôlent le siège de la sécurité d’État, le palais du gouverneur, la majorité des immeubles gouvernementaux et des combats sont toujours en cours autour du siège de la sécurité militaire. Il y a des informations contradictoires sur le siège de la sécurité politique. »

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