Syrie - Assad réitère son refus de quitter le pouvoir

Un portrait de Bachar al-Assad
Photo: Fernando Llano Associated Press Un portrait de Bachar al-Assad

Le président syrien Bachar al-Assad a une nouvelle fois exclu de quitter le pouvoir, se disant décidé à combattre les rebelles, qui avancent dans la province d’Alep, où Ahmed Moaz al-Khatib a fait dimanche sa première visite en Syrie en tant que chef de l’opposition.


Dans une rare interview publiée dimanche, M. Assad s’est déclaré prêt à discuter avec les opposants s’ils déposent les armes, après bientôt deux ans d’un conflit qui a fait plus de 70000 morts selon l’ONU.


Dimanche, les violences ont encore fait au moins 183 morts - 84 soldats, 75 rebelles et 24 civils - à travers le pays, selon un bilan provisoire de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui s’appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales civiles et militaires.


« Aucun patriote ne peut penser à vivre en dehors de son pays. Je suis comme tous les patriotes syriens », a-t-il expliqué au Sunday Times, écartant de nouveau tout départ comme l’exigent l’opposition, les pays occidentaux et plusieurs pays arabes pour permettre une transition politique.


Son principal allié régional, l’Iran, a même annoncé samedi sa participation à l’élection présidentielle prévue en 2014. « Le président Assad, comme d’autres, participera à la prochaine élection », a dit le chef de la diplomatie Ali Akbar Salehi devant son homologue syrien Walid Mouallem.


L’ONU s’est proposée de « faciliter » un dialogue entre l’opposition et une délégation du régime « crédible et habilitée » à discuter, mais l’opposition rejette toute négociation qui n’aboutirait pas à un départ de M. Assad.


M. Assad s’est aussi dit peiné pour les victimes du conflit : « Des milliers de familles ont perdu des êtres chers […]. Personne ne peut sentir leur peine plus que nous ».


Parallèlement, l’opposition a organisé dimanche l’élection d’un conseil provincial destiné à gérer les zones contrôlées par la rébellion dans la province d’Alep (nord). Par mesure de sécurité, le scrutin s’est tenu à Gaziantep, en Turquie, où 240 responsables locaux mandatés par les habitants de la province devaient désigner les 29 élus. Les résultats sont attendus lundi.


« Le principal objectif du conseil provincial sera de gérer les affaires administratives pour les civils […], pour que la vie politique puisse reprendre après la chute d’Assad », a expliqué un candidat, Yehia Naanaa, alors que les habitants souffrent de pénuries d’eau, d’électricité, de farine…


Dans le nord-ouest, 15 rebelles sont morts lors d’une offensive de l’armée dans le Jebel Turcoman, près de Lattaquié. Et plus à l’est, les insurgés dont des jihadistes du Front Al-Nosra ont pris le contrôle d’une prison à Raqa, libérant « des centaines » de détenus, selon l’OSDH.

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