L’aviation israélienne aurait mené une opération à la frontière libano-syrienne


	Des réfugiés syriens ont utilisé une embarcation légère, mercredi, pour se rendre en Turquie.
Photo: Agence France-Presse (photo) Aamir Qureshi
Des réfugiés syriens ont utilisé une embarcation légère, mercredi, pour se rendre en Turquie.

L’aviation israélienne a frappé mardi soir en Syrie un convoi se dirigeant vers le Liban, ont indiqué mercredi des sources sécuritaires tandis que des habitants près de Damas ont dit que des missiles avaient touché un centre de recherche militaire, ce qui a été confirmé par l’armée syrienne.


Selon eux, ce centre qui se trouve à Al-Hameh, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Damas, a été touché par six missiles qui l’ont détruit partiellement, déclenchant un incendie et faisant au moins deux morts. Une vidéo mise en ligne par des militants anti-régime de la région ont montré des explosions dans la nuit, ainsi que des flammes au sol.


En revanche, des sources sécuritaires, ont affirmé sous le couvert de l’anonymat qu’il s’agissait d’un « convoi armé en direction du Liban qui a été touché du côté syrien de la frontière », sans préciser la localisation exacte de l’attaque.


Israël a menacé à plusieurs reprises d’attaquer des convois qui pourraient transporter des armes chimiques ou d’autres types d’armement dont dispose l’armée syrienne, telles que des missiles Scud à longue portée ou des missiles antiaériens vers le Liban pour le Hezbollah chiite, proche de Damas et de Téhéran. Une porte-parole de l’armée israélienne s’est refusée à tout commentaire sur ces opérations.


L’armée libanaise a pour sa part fait état d’un survol particulièrement intensif de son territoire, affirmant que 16 avions de combat israéliens étaient entrés dans l’espace aérien libanais durant la seule journée de mardi.


Mardi, « en violation de la souveraineté libanaise et de la résolution 1701, huit avions de combat israéliens ont survolé plusieurs régions libanaises et le dernier a quitté l’espace aérien libanais à 16 h 30 », a indiqué un communiqué de l’armée. Ensuite, « quatre avions de guerre israéliens ont survolé plusieurs régions du Liban après être entrés dans l’espace aérien libanais au-dessus de la localité de Remech », proche de la frontière israélienne, selon un autre communiqué. Quatre autres appareils israéliens ont ensuite survolé le Liban « de 21 h 05 à 2 h », selon le même texte.


Mercredi matin, avant les informations concernant la frappe, le général à la retraite Amnon Sofrin, ancien chef du renseignement au sein du Mossad (le service d’espionnage israélien), avait jugé, devant des journalistes, improbable qu’Israël ait recours à des frappes aériennes contre des dépôts d’armes chimiques car elles comporteraient de graves risques humains et écologiques.


L’armée israélienne a redéployé dimanche deux batteries du système antimissile Iron Dome dans le nord du pays en vue d’une éventuelle action militaire contre des cibles en Syrie ou au Liban.


Le 23 janvier, le premier ministre Benjamin Nétanyahou avait convoqué une réunion du cabinet restreint consacrée aux menaces que pourrait faire peser sur Israël la déstabilisation du régime syrien, en présence des chefs de l’armée et des services de renseignements.


Dimanche, il a mis en garde contre « les importantes menaces sécuritaires qui visent Israël », citant l’Iran et « des armes létales dans une Syrie qui est en train de se désintégrer ».


Pendant la guerre de juillet-août 2006 entre Israël et le Hezbollah, ce dernier avait tiré plus de 4000 roquettes sur le nord d’Israël. Le conflit qui a dévasté le Liban avait fait plus de 1200 morts côté libanais, en majorité des civils, et 160 côté israélien, des militaires pour la plupart.

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Plus de 1,5 milliard d’aide humanitaire promis aux Syriens


Les pays participant à une réunion des donateurs à Koweït ont fait mercredi des promesses d’aide de plus de 1,5 milliard aux millions de Syriens affectés par 22 mois de conflit sanglant.


« Nous avons dépassé l’objectif », a déclaré sous les applaudissements le chef de l’ONU, Ban Ki-moon, à l’issue de la conférence.


À eux seuls, le Koweït, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont promis chacun 300 millions lors de cette conférence à laquelle participaient une soixantaine de pays.
 

La Commission européenne a indiqué mardi qu’elle annoncerait au Koweït une aide de 100 millions d’euros, une somme qui s’ajoute aux 100 millions déjà débloqués par Bruxelles. Les États-Unis ont annoncé pour leur part mardi une aide supplémentaire de 155 millions de dollars en faveur des réfugiés, ce qui porte à 365 millions l’aide humanitaire américaine aux Syriens.


M. Ban a assuré que les fonds promis seraient utilisés à bon escient, estimant que la communauté internationale a envoyé un message aux Syriens disant : « Vous n’êtes pas seuls. » L’ONU s’apprête à lancer un programme massif au profit des quatre millions de Syriens qui ont besoin d’une aide d’urgence à l’intérieur du pays. L’aide doit aussi bénéficier aux quelque 700 000 Syriens réfugiés dans les pays voisins.

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