Israël - Yaïr Lapid au centre des tractations

Yaïr Lapid
Photo: La Presse canadienne (photo) Ariel Schalit Yaïr Lapid

Yaïr Lapid, l’ex-star de télévision qui a réalisé une percée électorale inattendue en Israël, était jeudi au coeur des tractations pour constituer le prochain gouvernement que devrait diriger le premier ministre sortant Benjamin Nétanyahou.


Jeudi, les médias spéculaient sur le poste de ministre des Affaires étrangères ou des Finances que M. Nétanyahou confierait à Yaïr Lapid, chef de Yesh Atid, un parti centriste créé il y a un an à peine. «C’est lui qui va fixer les règles du jeu», a commenté le quotidien Haaretz.


Un des 19 députés de Yesh Atid, Ofer Shelah, a affirmé que la priorité était d’imposer un partage équitable du «fardeau», en référence à un texte que M. Lapid veut faire voter d’emblée pour imposer d’ici cinq ans un service militaire ou civil aux jeunes juifs ultra-orthodoxes, qui en sont pour la plupart exemptés.


Cette revendication pourrait compliquer la tâche de M. Netanyahu, qui souhaite rallier les partis ultra-orthodoxes Shass (11 sièges) et Judaïsme unifié de la Torah (7), opposés à un enrôlement de force des ultra-orthodoxes.


«Tant que nous n’aurons pas formé un gouvernement, qui inclura des partis et des attentes différents, il est difficile de dire quelle direction celui-ci prendra», a souligné le président Shimon Peres, qui doit désigner celui qui tentera de former la future coalition, M. Nétanyahou selon toute vraisemblance.


Sur la question palestinienne, M. Nétanyahou devra choisir entre M. Lapid, qui prône une relance des négociations de paix, et Naftali Bennett, dirigeant du Foyer juif (11 sièges), parti nationaliste religieux ardent partisan de la colonisation.


L’ex-ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, et chef du parti ultranationaliste Israël Beiteinou, allié électoral de M. Nétanyahou, a affirmé que le «prochain gouvernement devrait se concentrer sur les questions intérieures», estimant que sur le processus de paix «il n’y pas de point commun entre Yesh Atid, Israël Beiteinou et Foyer juif».


Ofer Shelah a assuré que Yesh Atid avait fait de la relance du processus de paix «une des conditions» de son entrée au gouvernement. M. Lapid n’a toutefois pas mentionné cette question dans sa brève allocution post-électorale, se félicitant que M. Nétanyahou ait «repris à son compte» sa volonté de «protéger les classes moyennes en les aidant dans le domaine du logement et de l’éducation».


Durant la campagne, il s’est déclaré favorable à un État palestinien. Mais M. Lapid veut qu’Israël conserve les blocs d’implantations où vivent la majorité des quelque 340 000 colons de Cisjordanie et se dit hostile à des concessions sur Jérusalem-Est occupée et annexée. Et s’il s’oppose à la création de nouvelles colonies, il est pour la construction dans les implantations existantes.


Quant au programme nucléaire iranien, il ne devrait pas devenir une pomme de discorde.

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