L’ONU demande à Israël de renoncer à ses projets de colonisation

Le quartier Ramat Shlomo à Jérusalem-Est
Photo: Agence France-Presse (photo) Ahmad Gharabli Le quartier Ramat Shlomo à Jérusalem-Est

Quatorze des quinze pays membres du Conseil de sécurité, à l’exception notable des États-Unis, ainsi que l’ONU ont demandé mercredi à Israël de renoncer à ses projets d’implantations en Cisjordanie et à Jérusalem-Est à la suite de l’annonce récente par les autorités de projets de construction de milliers de logements dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est.


Mercredi encore, la municipalité de Jérusalem a approuvé un projet de construction de 2610 logements à Givat Hamatos, situé dans le sud du secteur oriental de la ville. Le gouvernement israélien a pour sa part publié des appels d’offres pour 1048 nouveaux logements dans des colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupée et annexée. Lundi, il avait donné son feu vert à la construction de 1500 logements à Ramat Shlomo, également à Jérusalem-Est.


Dans des déclarations séparées, les quatre pays européens du Conseil de sécurité (France, Royaume-Uni, Portugal et Allemagne), huit pays non-alignés ainsi que la Russie et la Chine, ont affirmé que ces constructions étaient illégales et menaçaient d’anéantir toute chance de relancer des négociations pour instaurer deux États - Israël et un État palestinien - coexistant en paix.


Les quatre Européens ont publié une déclaration commune où ils « s’opposent fermement aux projets israéliens d’accroître » la colonisation en Cisjordanie, et en particulier au projet dit E1, qui couperait Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie.


Débloquer l’argent


Auparavant, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait demandé à l’État hébreu de « ne pas continuer dans cette voie dangereuse qui nuit aux perspectives de reprise du dialogue » entre Palestiniens et Israéliens. « Remettons le processus de paix sur les rails avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il conclu.


L’ONU a aussi demandé au gouvernement israélien de débloquer le versement aux Palestiniens de millions de dollars de taxes et de droits de douane qu’il perçoit en leur nom.


Le représentant palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a estimé que « la balle est désormais dans le camp des Israéliens ». Il a prévenu que si ceux-ci persistaient, les Palestiniens « pourront utiliser toutes les possibilités ouvertes » par leur nouveau statut d’État observateur à l’ONU.


Selon le quotidien israélien Maariv, qui cite de hauts responsables du Likoud, le parti du premier ministre Benjamin Nétanyahou, « cette avalanche de plans de construction n’est pas seulement une sanction contre la démarche palestinienne à l’ONU et le rapprochement avec le Hamas […], mais aussi directement liée avec la campagne électorale » pour les législatives de janvier. « Avant les élections, il est nécessaire de clarifier ses positions », a expliqué au journal un ministre du Likoud, rappelant que « l’électorat du Likoud est favorable à la construction à Jérusalem et à la colonisation ».


« Le problème n’est pas seulement où on construit, mais comment on l’annonce. Ce genre de déclaration peut irriter les Américains, et finalement on les aura contre nous, sans réussir à construire », a déploré l’ex-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, chef d’un nouveau mouvement centriste d’opposition.

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