Syrie - Les raids de l’armée se poursuivent sur le camp palestinien Yarmouk

Des rebelles célébraient mardi la prise par l’opposition d’un poste de contrôle à Halfaya, dans la province de Hama.
Photo: Agence France-Presse (photo) Des rebelles célébraient mardi la prise par l’opposition d’un poste de contrôle à Halfaya, dans la province de Hama.

L’aviation syrienne a poursuivi mardi ses raids sur le camp palestinien de Yarmouk, à Damas, où les rebelles ont pris l’avantage sur les combattants pro-régime et dont la moitié des habitants ont fui.

Reflétant la situation dramatique du pays, déchiré par une guerre civile, le Parlement syrien a adopté un budget marqué par une hausse des dépenses courantes, une chute vertigineuse des recettes et un doublement du déficit, a indiqué l’agence officielle Sana.


Alors que la couverture du conflit s’avère très périlleuse pour la presse - 28 journalistes tués en 2012, selon le Comité pour la protection des journalistes, et 17 selon Reporters sans frontières -, un reporter américain de la chaîne NBC News, Richard Engel et son équipe, enlevés il y a cinq jours, ont été libérés après un échange de tirs entre des rebelles et des miliciens pro-régime qui les détenaient.


Dans le sud de la capitale, plusieurs raids ont visé en fin d’après-midi le camp de Yarmouk abritant habituellement 150 000 Palestiniens tandis que des combats et des bombardements se déroulaient dans le quartier proche de Tadamoun, ainsi que dans d’autres secteurs pauvres du sud de la capitale, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).


Selon le porte-parole de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à Jérusalem, Sami Mhasha, « au moins 50 % des habitants ont quitté ou quittent le camp pour trouver refuge » ailleurs, notamment au Liban.


Selon la Sûreté générale et l’UNRWA, 2000 Palestiniens ont traversé la frontière libanaise dimanche et lundi, mais mardi l’affluence était encore plus grande. Des centaines de Palestiniens dans des bus et voitures se pressaient mardi au poste-frontière de Masna.


La Syrie compte 490 000 Palestiniens, en majorité venus du nord de la Palestine lors de la première guerre israélo-arabe de 1948, rejoints par d’autres au fil des conflits.


Beaucoup pensaient revenir rapidement chez eux et ont vécu d’abord dans des camps de tentes. Quand l’espoir du retour s’est évanoui, les tentes ont cédé la place à des maisons en dur, puis à des immeubles. Les « camps » sont devenus des quartiers de Damas.


Les combats faisaient rage aussi dans la banlieue de Damas, alors que l’armée s’est retirée de plusieurs positions et localités du nord de la province de Hama ces dernières 48 heures, a affirmé l’OSDH.


Selon un bilan provisoire de l’OSDH, la violence a fait mardi 82 morts, dont 36 rebelles, 23 civils et 23 soldats. Plus de 43.000 personnes ont été tuées depuis mars 2011 lorsque la révolte a éclaté contre le régime, selon l’ONG.