Le régime syrien bombarde un camp de civils palestiniens

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	Des combattants rebelles déplaçant le corps d’un soldat des forces gouvernementales après de violents affrontements dans la ville de Sheer Tal, en Syrie, dimanche.</div>
Photo: Agence France-Presse (photo) Manu Brabo
Des combattants rebelles déplaçant le corps d’un soldat des forces gouvernementales après de violents affrontements dans la ville de Sheer Tal, en Syrie, dimanche.

L’aviation syrienne a bombardé dimanche pour la première fois en 21 mois de conflit le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans le sud de Damas. Le régime franchit ainsi une nouvelle étape dans sa guerre pour chasser les rebelles de la capitale.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG basée à Londres, au moins huit civils ont été tués dans ce raid, alors que des militants de l’opposition ont évoqué un bilan d’au moins 25 morts. D’après des habitants, le bombardement visait une mosquée où quelque 600 déplacés avaient trouvé refuge.
 
À Yarmouk, le plus grand camp palestinien de Syrie, longtemps considéré comme une zone sûre pour les déplacés, « c’est vraiment la guerre maintenant », a observé un militant sur place joint par l’AFP via Internet.
 
Appel d’Abbas

Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé à l’arrêt immédiat des bombardements sur les camps palestiniens en Syrie. Il a aussi exhorté la communauté internationale à « prendre des mesures immédiates pour protéger notre peuple en Syrie », précisant que les Palestiniens n’étaient « pas impliqués » dans le conflit.
 
De son côté, le mouvement islamiste Hamas a qualifié de crime le raid aérien du camp de Yarmouk qui a fait de très nombreux martyrs et blessés, terrorisé des populations innocentes et déplacé beaucoup d’habitants du camp.
 
Les 500 000 Palestiniens de Syrie, restés longtemps en dehors des affrontements entre rebelles et forces pro-régime, sont entrés dans le conflit il y a douze jours malgré les appels du régime et d’organisations internationales à rester neutres.
 
L’aviation a également bombardé d’autres quartiers du sud de Damas. Sur le terrain, plus de 200 personnes auraient péri à travers le pays ce week-end, selon un bilan provisoire de l’OSDH, des chiffres non vérifiables.
 
Près de la Turquie

Le conflit continue également d’inquiéter Ankara. L’aviation gouvernementale syrienne a bombardé dimanche la ville d’Azaz, près de la frontière turque, provoquant la panique au sein d’un camp de réfugiés syriens situé en territoire turc. La plupart des bombes auraient atteint le centre de la ville, détruisant cinq maisons, selon un responsable turc.
 
Pas de victoire

Par ailleurs, le vice-président syrien Farouk el-Chareh a affirmé dimanche au quotidien libanais pro-syrien al-Akhbar qu’aucun des belligérants n’était en mesure de l’emporter après 21 mois de violences en Syrie, selon les premiers extraits d’un entretien qui doit être publié lundi.
 
Aucune rébellion ne peut mettre un terme à la bataille militairement. Tout comme les opérations des forces de sécurité et des unités de l’armée ne mettront pas un terme à la bataille non plus, a affirmé M. Chareh, interviewé à Damas il y a deux jours selon le quotidien.
 
Le vice-président sunnite, un temps évoqué pour remplacer le président Bachar al-Assad, de confession alaouite (une branche du chiisme), en cas de transition négociée, a appelé de ses vœux un accord « historique » entre les parties. M. Chareh serait en résidence surveillée à Damas selon certains opposants.
 
« Nous devons défendre l’existence de la Syrie et pas mener une bataille pour un homme ou pour un régime », a-t-il ajouté selon les premiers extraits d’un entretien mené à Damas il y a deux jours selon le quotidien.

Fin pour la France

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a jugé de son côté que « la fin se rapprochait » pour M. Assad.
 
Une série de déclarations convergentes récentes sur la chute imminente du régime, émanant des Occidentaux et, plus surprenant, d’un responsable russe, sont le signe que l’opposition se renforce, mais des experts estiment que le régime semble néanmoins tenir bon autour de M. Assad.