Syrie - Manifestations anti-régime et Ban demande l’arrêt des violences

Des manifestations ont eu lieu vendredi dans plusieurs villes de Syrie pour réclamer le départ du président Bachar al-Assad, à qui le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a demandé de ne plus utiliser d’armes lourdes face à la rébellion.


Comme chaque vendredi depuis le début de l’insurrection en mars 2011, des dizaines de milliers de Syriens sont descendus dans les rues, mais parfois en petits groupes par crainte des bombardements, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).


Les forces du régime, qui assimile les rebelles à des terroristes, avaient pourtant été largement déployées. Ainsi, les accès à Damas étaient fermés et la plupart des quartiers de la capitale parsemés de barrages des services de sécurité, selon un journaliste de l’AFP.


À Marea, localité rebelle de la province d’Alep (nord), quelques dizaines de personnes ont scandé « Bachar, dégage ! », les yeux rivés vers le ciel, à la recherche d’un avion de combat ou d’un hélicoptère qui bombardent régulièrement, selon une journaliste de l’AFP.

 

Une trentaine de morts


À travers le pays, au moins 32 personnes ont été tuées vendredi, selon un bilan provisoire de l’OSDH qui a recensé 119 morts jeudi.


À Aïn Terma, dans la province de Damas, des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées par des tirs, selon l’OSDH. L’armée a mené un raid à Aïn Terma a confirmé à l’AFP via Skype.


Dans la province d’Idleb (nord-ouest), six personnes ont été tuées dans des bombardements autour d’Abou el-Zouhour, où se trouve l’une des deux importantes bases aériennes militaires de la région, théâtre de combats pour la deuxième journée consécutive, a indiqué l’OSDH.


Selon un chef rebelle local, le régime utilise cette base « pour envoyer ses avions bombarder les maisons des civils ».


Les rebelles, qui avaient affirmé jeudi avoir abattu un avion de combat peu après son décollage de cette base, ont également tenté vendredi matin de s’emparer d’un bâtiment de la défense aérienne à Boukamal.


L’OSDH a en outre rappelé que des « centaines de familles » en étaient à leur 90e jour de siège à Homs (centre) dans plusieurs quartiers rebelles

 

« Plus personne ne pense à nous »


Les personnes bloquées témoignent d’un quotidien de peur et de désespoir.


« Nous n’avons que du riz et des grains de blé […] les blessés et les personnes âgées ont besoin de médicaments. Les enfants ont besoin de lait. Mais plus personne au monde ne pense à nous », a déclaré via Skype à l’AFP un militant se présentant sous le nom d’Abou Bilal.


Sur le front diplomatique, M. Ban a rencontré le premier ministre syrien Waël al-Halaqi à Téhéran, en marge du sommet des Non-Alignés, pour répéter ses appels à cesser la répression. Jeudi, il avait demandé au président iranien Mahmoud Ahmadinejad « d’user de l’influence » de l’Iran pour convaincre son allié syrien de mettre fin aux violences. Le Guide suprême iranien Ali Khamenei a cependant accusé les Etats-Unis et Israël d’être « les principaux responsables cachés » de la crise.


Et le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad, a accusé Ankara d’»entraîner » et de « faire passer des terroristes en Syrie ».


Le Canada a annoncé le renforcement de ses sanctions, en ajoutant 47 personnes à la liste des personnalités et organismes visés.