Les rebelles prennent un poste clé, un haut diplomate syrien claque la porte

Des rebelles syriens peu après la prise d’un poste de contrôle à Anadane
Photo: Agence France-Presse (photo) Skandar Kat Des rebelles syriens peu après la prise d’un poste de contrôle à Anadane

Les rebelles syriens ont marqué un point hier en prenant un poste de contrôle clé leur permettant d’acheminer renforts et munitions à Alep, champ de bataille entre insurgés et régime qui a subi un nouveau revers avec la défection d’un haut diplomate à Londres.


Face à l’escalade du conflit, la France, qui prend la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU en août, va demander d’ici la fin de la semaine une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de cette instance.


Alors que l’armée mène depuis samedi une offensive pour déloger les insurgés retranchés à Alep, deuxième ville et poumon économique du pays, les rebelles de l’Armée libre syrienne (ASL) ont pris un important poste de contrôle à Anadane, ce qui leur permet désormais de relier la métropole du nord à la frontière turque, 45 kilomètres plus loin.


« Le poste de contrôle d’Anadane a été pris après dix heures de combats », a affirmé sur place le général rebelle Ferzat Abdel Nasser, faisant état de six soldats et quatre rebelles tués ainsi que de 25 militaires faits prisonniers.


Un passage dégagé vers la Turquie est vital pour les rebelles qui ont installé le quartier général de l’ASL dans ce pays. Et si les opposants parviennent à s’emparer d’Alep, ils créeront de fait une zone sécurisée dans le nord syrien, d’où l’importance de cette bataille.


Après trois jours de combats à Alep, une source de sécurité à Damas a affirmé que l’armée avait repris hier une partie du quartier de Salaheddine (sud-ouest), principal bastion rebelle, mais qu’elle faisait face à une très forte résistance.


Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire rebelle d’Alep, a lui assuré que l’armée n’avait « pas avancé d’un seul mètre ».


Les rebelles ont par ailleurs attaqué l’aéroport militaire en utilisant un char pris à l’armée, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).


Après avoir tenté de conquérir Damas, les rebelles avaient ouvert le 20 juillet un nouveau front à Alep où l’armée, appuyée par des renforts, a lancé samedi une offensive. Les bombardements contre cette ville de 2,5 millions d’habitants et ses environs ont jeté en deux jours sur les routes quelque 200 000 personnes, selon l’ONU qui a demandé que les organisations humanitaires puissent accéder en sécurité à Alep.


L’ONG française Médecins du Monde (MDM) a aussi appelé les belligérants à respecter les règles de droit en période de guerre, les accusant de ne pas protéger civils et blessés, d’empêcher les médecins de travailler et de bombarder les hôpitaux.

 

Encore une défection


Le régime a par ailleurs accusé le coup d’une nouvelle défection avec celle de son chargé d’affaires à Londres, Khaled al-Ayoubi, plus haut diplomate syrien en poste au Royaume-Uni qui a voulu marquer son refus de la répression. Il s’agit de la cinquième défection d’un diplomate syrien depuis le début de la révolte qui a encore fait hier 60 morts à travers le pays, selon un bilan de l’OSDH qui affirme que plus de 20 000 personnes ont été tuées en 16 mois.


Mandaté pour surveiller une trêve qui n’a jamais eu lieu, le chef des observateurs de l’ONU, le général Babacar Gaye, a affirmé avoir constaté un pilonnage intense dans les localités de Homs et Rastane, tenues par les rebelles.


Le convoi transportant les observateurs de l’ONU, dont le général Gaye, a été la cible dimanche de tirs à l’arme légère, qui n’ont pas fait de blessé, a rapporté hier le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.


Selon l’agence officielle Sana, Damas a envoyé des lettres aux chefs de l’ONU et du Conseil de sécurité accusant des « terroristes » de commettre des crimes « avec le soutien public de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie », trois pays à la pointe du soutien aux rebelles.


L’Iran a mis en garde Ankara contre toute attaque du territoire syrien, affirmant qu’il riposterait durement, a rapporté Al-Watan, quotidien proche du pouvoir à Damas.